‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 129 sur 150 · ÉTAT DD CIEL · texte numérisé non relu

ÉTAT DD CIEL

irtour d'un tourbillon, du moins à partir d'une certaine lance du centre, lorsque son rayon est un peu étendu. Pour Nord et l'Ouest de la France et même de l'EuroïKî, c'est le 'd méridional qui fournit le plus d'eau; la, les vents soufnl d'entre S. et 0. viennent de la mer, ils montent vers le pd, ou du moins ne s'en éloignent pas. Les vents du N. 0. . us arrivent également delà mer, mais d'une manière moins ecte ; ils se rapprochent du midi et de régions de plus en is chaudes, ce qui les rend plus aptes à garder leur vapeur. 3endant, lorsque ces deniiers font irruption dans un air lud et humide, ainsi qu'il arrive quand un tourbillon est ïoiUx des régions Nord sur le centre de l'Europe, ils amont, au début, des pluies qui sont peu durables ; ils n'en imisscnt presque jamais sur les côtes de la Provence et du Qguedoc.

Les orages suivent la marche des pluies. 11 ne s'en forme Qais dans la région occu{)ée par U's fortes pressions banétriques, mais seulement sur le trajet du courant équaiaU

Ce courant, très-actif pendant la saison froide, nous apporte grandes quantités d'électricité ; mais comme l'air est trèsis de son point de saturation, quand il ne l'a pas dépassé, il sse au fluide un écoulement facile et continu. Les particules glace qui remplissent l'air des régions circumpolaires, surit dans les points où aborde le courant équatorial, favorisent roulement en le rendant visible ; elles produisent les splenles effets des aurores boréales. Les véritables orages sont ne rares dans cetle sîiison. Quoique plus al)ondante, l'électrié n'y peut acquérir le degré de tension nécessaire à l'appaion des grandes décharges instantanées, sinon dans des cirtistances exceptionnelles. Cependant, lorsqu'un mouvement irnant suffisamment intense aborde la France, même au mois janvier, les phénomènes électriques peuvent se manifester

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comme dans la saison chaude, ainsi que le 9 janvier 1866 nous en fournit un exemple.

g V. — Tcaipéramra.

La température est influencée très-diversement par les vcnls, suivant les saisons.

Dans la période de calme et de pression barométrique élevée qui précède généralement l'arrivée d'un tourbillon, et qui, plus fréquemment encore, se rencontre dans les i:égions situées à l'intérieur de la courbe parcourue par ces phénomènes, la chaleur est souvent acx^ablante pendant l'été, tandis qu'en hiver le froid y est rigoureux.

Le ciel est pur d'ordinaire dans ces régions. Pendant l'hiver la déperdition de chaleur par voie de rayonnement y devient trèsaclive; la courte durée des jours et l'obliquité des rayons solaires ne permettent pas au gain de compenser les pertes. Lorsque les vents équaloriaux sont peu éloignés, la vapeur qu'ils apportent et qui se déverse lentement dans cette région froide, s*y condense en épais brouillard dont Tinfluence rend le froid plus désagréable lout en relevant le thermomètre. Pendant Télé, au contraire, la longueur des jours et la hauteur à laquelle atteint le soleil rendent le gain supérieur à la perte nocturne ; le calme de l'atmosphère s'oppose au rapide mélange des couches d'air froid des régions supérieures avec Tair chaud de la surface du sol ; la température monte très-haut et devient d'autant plus pénible que l'air se renouvelant avec lenteur autour de nous, l'évaporation est moins active à la surface de notre corps. Si les courants équatoriaux hont établis à peu de distance, la vapeur qui nous en arrive augmente le malaise en ralentissant encore l'évaporation, bien que le degré thermométrique ait pu baisser.

température; 455

Un eflet invei'sc est produit sur le trajet des courants équ<itoriaux. Ces vents participent de la température des mers qu'ils ont parcourues : ils sont tièdes en hiver, frais en etc. I^a couche de nuages qu'ils charrient abrite le sol contre le refroidissement nocturne en hiver et cx)nlrc les ardeurs du soleil en été ; dans cette dernière saison, l'évaporation de l'eau des pluies est une nouvelle cause d'abaissement de la température.

En dehors de ces faits généraux, les tourbillons viennent exercer leur action spéciale. Le premier résultat de leur approche est d'accroître l'humidité de Tair ; la température s'adoucit pendant la saison froide ; elle devient plus fatigante pendant les mois chauds. Mais à mesure que la distance de leur centre diminue, le mélange des couches d'air se fait sentir sur le thermomètre ; le refroidissement s'accentue davantage encore après le passage centre. Sur le l)ord antérieur du tourbillon l'air vient, en effet, du Midi, tandis que sur le bord postérieur il vient du Nord. Chaque mouvement tournant est donc suivi d'un abaissement dans la température d'autant plus sensible que ce mouvement est plus isolé. Les gelées prinlannières les plus redoutables sont dues à des circonstances de celte nature. Dans une région occupée depuis quelque temps par les hautes pressions barométriques, les gelées blanches sont peu à craindre au printemps, non que le froid n'y puisse être vif, mais parce que la pousse des plantes est ralentie par la sécheresse et la continuité du froid. Lorsque les vents du S. 0. ont régné pendant quelque temps, la végétation a pris son essor, les jeunes pousses garnies de sucs sont devenues très-impressionnables au froid. Que survienne une liourrasque un i^eu forte au travers de la France, les vents tourneront au N. sur son bord postérieur, le ciel se découvrira, et les dernières heures d'une seule nuit suffiront à causer de grands dégâts.

Le froid qui succède au passage d'une bourrasque est gêné-

paiement peu durable, si le trajet du courant équalorial n*csl pas déplacé. Les froids prolongés débutent d'ordinaire parle Nord ou le Nord-Est de l'Europe ; ils apparaissent sur la Russie une huitaine de jours avant d'arriver jusqu'à nous. Us s'annoncent par de fortes pressions barométriques et un recul progressif du lit du courant équatorial vers le Sud-Ouest. Les bourrasques traversent l'Allemagne, puis la Franco, puis n'atteignent plus l'Europe que par les côtes d'Espagne, ou cessent même d'arriver jusqu'à elles. La région des fortes pressions suit une marche pareille; elle s'étend progressivement à l'Allemagne el à la France. Bientôt les bourrasques reparaissent dans les hautes latitudes ; elles contour nent la région centrale à baromètre haut, et se développent sur la Russie où le froid s'adoucit plusieurs jours avant qu'on ressente un pareil effet sur l'Europe centrale. Peu à peu le courant équalorial quitte les hautes latitudes |)our se rapprocher de nous ; des nuages élevés se montrent d'abord, le baromètre baisse graduellement, la température s'adoucit el les Iwiurrasqucs reparaissent sur nos côtes. Ouand la première situation domine pendant l'hiver, la saison est rigoureuse'; quand, au contraire, c'est la seconde, la saison est douce el pluvieuse.

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