‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 140 sur 150 · SERVICE AGRICOLE · texte numérisé non relu

SERVICE AGRICOLE

Les récoltes ne redoutent guère les tourmentes de Thiver ; mais les allures du grand courant équatorial peuvent exercer sur elles une assez fâcheuse influence. Si le courant se rapproche trop près de nos côtes sur l'Atlantique, s'il se prolonge trop avant dans l'Est et avec une persistance trop durable, Thiver est doux et pluvieux; s'il remonte trop haut dans le Nord, l'hiver est sec et froid; s'il reste dans une position intermédiaire et que des bourrasques descendues du Nord traversent l'Europe moyenne, la terre se couvre de neige, le sol s'imprègne d'eau peu à peu, les sources s'avivent, les animaux nuisibles sont réduits dans leur nombre.

IjC printemps est une saison critique, particulièrement dans les preq^iers jours de mai, oii quelques heures sufiisent pour anéantir les plus belles espérances de récoltes.

Un été trop sec est défavorable à la généralité des produits du sol ; un été trop pluvieux est encore plus fûcheux. Dans cette saison comme dans l'hiver, le courant équatorial ne doit être ni trop près ni trop loin de nous, car c'est lui qui dispense les pluies sur son parcours.

Tant qu'une récolte est pendante, le cultivateur subit le temps d'une manière passive, à de rares exceptions près ; mais à l'époque des labours et des semailles, et particulièrement loi*sque les fruits de la terre sont prêts à être recueillis, l'avis des changements du temps, de l'arrivée des beaux jours ou des pluies, et surtout de l'approche des orages, peut être pour lui d'une incontestable utilité.

Mais ces avis, pour être efficaces, doivent pénétrer jusque dans les moindres hameaux ; ils doivent être assez clairs et assez simples, non pour indiquerau cultivateur ce qu'il doit faire, mais pour aider à son expérience des signes du temps, et pour mieux asseoir son jugement en en élargissant la base; ils doivent eniin gagner assez d'avance sur le temps réel, pour parvenir utilement aux intéressés, soit qu'ils aient à se mettre en garde contre

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une perturbation violente, soit qu'ils aient à choisir l'époque la plus favorable pour entreprendre des travaux de quelque durée.

Il s'agit, comme on voit, d'un vaste ensemble d'études à poursuivre et de mesures à prendre. Nulle autre époque ne peut être plus favorable à une entreprise de cette nature.

Il existe en France toute une corporation d'hommes d'un grand savoir et d'un grand dévouement aux intérêts de l'agricultifre : ce sont les ingénieurs chargés du service hydraulique dans les départements. Li nature de leurs fonctions les met en rapports continuels avec les cultivateurs et, dans un grand nombre de départements, ils se sont mis à la tête des commissions chargées de Tétudé des orages en France. Réunis à des propriétaires intelligents, amis des sciences et de leurs applications à la prospérité de leur pays, ils peuvent devenir la base de l'organisation que nous rêvons depuis l'origine de nos travaux en météorologie.

Deux ingénieurs, M. deMardigny, ingénieur en chef du déparlement de la Meuse et M. Poincaré, ingénieur ordinaire du service des inondations dans le même déparlement, ont, les premiers, tenté d'entrer dans celte voie.

Depuis un assez grand nombre d'années, une étude suivie du régime de nos principaux cours d'eau a permis de prévoir leurs crues et d'avertir à l'avance les riverains menacés par l'inondation. La commission hydrométrique du Rhône et de la Saône, présidée par M. Fournet, de Lyon, est arrivée sur cette question d'un grand intérêt à des résultats remarquables; nous avons cité, d'autre part, les travaux de M. Belgi'and sur les cours d'eau du Nord et du Nord-Ouest de la France. Des études semblables ont été faites par M. Poinc^ré sur la Meuse et ses affluents.

En janvier 1863, un système de signaux avait été organisé dans les départements de la Meuse et des Vosges. I/C désir de pouvoir annoncer le plus longtemps possible h l'avance les

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