VARIATIONS ANNUELLES DE TEMPÉRATURE
L'inégale amplitude des variations de la température dans les diverses régions du globe, pendant le cours de chaque année, doit amener des modiûcations profondes dans le tracé des isothermes. La planche m (page 84) représente seulement un état moyen autour duquel oscillent les divers étals successifs. L'examen des courbes mensuelles peut déjà donner un aperçu de ces oscillations d'un mois ou d'une saison à l'autre. Les planches IV et V permettront d'envisager les faits dans leur en^mble. Nous y avons tracé, d'après Berghaus, Humboldt, Dove, etc., les lignes isothères ou d'égale température moyenne de l'été, et les lignes ùochimènes ou d'égale température moyenne de l'hiver.
Pendant notre été, toutes les lignes isothermes se relèvent vers le nord. Ce mouvement est généralement peu étendu à la surface des océans, il prend, au contraire, beaucoup d'ampleur sur les continents, particulièrement aux latitudes élevées. Le phénomène inverse est encore plus fortement accusé pendant l'hiver. I^ comparaison entre l'Amérique et l'Europe est frappante par les oppositions qu'elle révèle.
La carte des isothermes, planche III, montre déjà que le nouveau continent est beaucoup plus froid que l'Europe ; les planches IV et V font ressortir le caractère particulier des différences qu'on y remarque. Cuba et le Mexique méridional sont traversés par risothère de 50** et Tisochimène de 20**. I^es Étals du Sud de l'Union américaine, le Texas, le Mississipi, l'Âlabama, la Géorgie, la Caroline du Sud, sont traversés par l'isothère de 25° et risochimène de 10*" : la température estivale n'a baissé que de 5*, celle de l'hiver a baissé de 10*. Les lacs Érié et On* tario et la Nouvelle-Ecosse sont traversés par l'isothère de 20" et par Tisochimène de 5* au-dessous de zéro, et, tandis que la lempérature estivale n'a diminué que de 10", la température de l'hiver a baissé de 25* depuis notre point de départ dans le golfe du Mexique. Dans la Nouvelle-Galles du Sud, les températures moyennes de l'été et de l'hiver oscillent entre -f- 5*" et — 50"}
aux mêmes laliludes du nord de TÉcosse ou du sud de la Norwégc,les moyennes températures oscillent entre i^ ou 14* etO\
On se tromi)erait toutefois beaucoup si Ton étendait à toute l'Amérique du Nord cette âpreté du climat des bords de l'Hudson. Les courbes isochimènes se relèvent fortement sur l'est et particulièrement sur l'ouest du continent dont le climat se rapproche beaucoup plus du nôtre. Il se produit d'ailleurs sur TEurope et l'Asie un mouvement des courbes thermométriques du même ordre que sur l'Amérique. Dans la province de ¥a* koutsk les moyennes températures de l'été et de l'hiver varient de 12* ou lo* à — 35*. L'oscillation y est encore plus grande que sur l'Amérique, parce que Tancien continent est encore plus étendu que le nouveau autour du pôle nord.
Nous avons réuni dans la figure 21 les trois systèmes de courbes thermomélriques, en nous limitant à l'Europe afin de leur donner plus d'espace.
L'isotherme correspondant à la température moyenne annuelle de 10 degrés par exemple, longe le sud de l'Irlande, travei'sc l'Angleterre, la Hollande, la Prusse, descend au nord des Carpathes, de la Crimée, du Caucase, coupe le noixi de la mer Caspienne...
La même ligne, dans l'été, se trouve reportée vers le nord d'une dizaine de degrés en latitude; son déplacement est toutefois beaucoup plus considérable dans l'intérieur du continent que sur les côtes ouest. L'isotherme de l'été passe en effet audessous de l'Islande ; de là elle remonte enLaponie et passe au nord d'Arkhangel. Un effet inverse a lieu pendant l'hiver et l'isotherme de cette saison traverse le centre de l'Espagne dans la direction du nord-ouest au sud-est, passe au sud des îles fiakuires et de la Sardaigne, traverse les Calabi^es, la Grèce et l'Asie Mineure. De l'été à l'hiver, risotherme de 10 degrés thermométriques parcourt donc en latitude une vhigtaine de d^rés
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VARIATIUHS DIURHES DE TEMPËltATURË. 97
seulement à la surfaos de l'AlIantique, et près de Ireiile degrés à la surface de l'Europe.
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liCstempéi-atures moyennes de l'été et de l'Iiiver varient»; vii-on' :
De 25" à 15- dans le rojamiif Ac Kei : De 30* à 6' sur les côtes ouetl de Kniice ;
9g LES TEMPÉRATURES DU GLOBE.
De 15** à 5** sur les côtes Est de Tlrlandc; De 15* à 0" sur les côtes Sud de la Norwôge; De iO** à 0" sur les côtes Sud de Tlslande ; De 20° à 0" sur les centres Est de rAllemague; De 20« à — 05* dans la Wolhmic ; De 15" à — lO" à Saiot-Pétersbourg.
Pendant Thivcr, les difTérenccs entre les tempémlures moyennes de Téquateur et des régions polaires de l'Amérique et de TAsie, atteignent 60 ou 70 degrés.
1^ VI. — Varlatloiia dlumeii de ieiii|iér«Uire«
La période diurne, beaucoup moins prolongée que la période annuelle, donne cependant lieu à dés variations analogues dans les températures successives.
L'observation continue du thermomètre, pendant la nuit comme pendant le jour, serait évidemment impraticable si on ne faisait i)as usage d'appareils d'enregistrement automatiques. Ces appareils donnent, avec une approximation généralement suffisante, la marche quotidienne du thermomètre; mais il serait diflicile d'accorder une entière confiance à leui's indications absolues. Ils ne dispensent donc pas de Tobservation directe d'un thcrniomèlre ordinaire, ils dispensent seulement d'observations trop rapprochées. Plusieurs météorologistes, isolés ou réunis, se sont cependant astreints h lire le thermomètre à chaque heure du jour et pendant une période de temps plus ou moins longiie; tels sont Ciniinello dePadoue, les officiers d'artillerie du fort de Leith près d'Kdimbourg, GattereràGôttingue, Kiimtz à Halle, etc. Leui*s observations montrent une grande concordance dans la inarchiî générale de la tem[)érature, en sorte qu'il sulKit d'un petit nombre d'observations quotidiennes faites en un lieu, pour que Ton puisse en déduire la série dt>s