‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 68 sur 150 · CAUSES GÉNÉRALES DES VARIATIONS DU BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

CAUSES GÉNÉRALES DES VARIATIONS DU BAROMÈTRE

fréiîéraiement admise en météorologie et d'après laquelle les vents seraient toujours produiU par des différences de pression luirométriques en des points plus ou moins rapprochés. S'il en est ainsi à leur origine, il faut reconnaitn^ aussi que très-souvent les inégalités de pression sont, au contraire, Veffet des vents.

Les indications du baromètre s'étendent beaucoup au delà des lieux où elles sont fournies; elles embrassent des éléments très-divers. I^eur interprétation est complexe, beaucoup moins ce{)endant quand on les envisage à leur véritable point de vue, que lorsqu'on les fait dépendre du poids seul de Tatmosphèiv. Comme $ignes du tempst elles ont une importance capitale que nous essayerons de mettre en lumière. Pour y parvenir, nous examinerons d'abord d'une manière générale les mouvements réguliers du baromètre, afin de les dégager des pertur- }iations qu'ils subissent et de faire servir les influences normales à l'intelligence des causes perturbatrices. liCs phénomènes météorologiques étant plus uniformes sur mer que sur terre, c'est par l'Océan que nous allons commencer.

g II. — ■a«t«iir moyeMe du baroaiéire * la aarfaee des BMrs*

On a cru pendant longtemps que la hauteur moyenne du baromètre était la môme sur toute la surface des mers. Le nombre des observations n'étant pas suffisant pour résoudre la question, on invoquait des considérations théoriques : les conditions d'équilibi*e de Tocéan aérien ne permettaient pas d'admettre l'inégalité des pressions aux diverses latitudes. On oubliait que cet équilibre prétendu n'existe nulle part. Depuis les travaux de Maury les observations se sont multipliées à la surface des mers et des continents, et la pression moyenne a été déterminée en un grand nombre de lieux.

t73 LES PRESSIONS BAROMÉTRIQUES.

liCs résultats principaux auxquels on esl parvenu sont les suivants d'après Kacmtz : ce sonl encore «les moyennes, mais prises à diverses latitudes.

1° On peut admettre que la pression moyenne à la surfacr des mers considérées dans leur ensemble esl de 16i"™,55.

2° A l'cquateur elle n'csl plus que de 758 niillim. ou un peu au-dessus.

5° A partir de 10° de latitude Nord la pression augmente; et entre le SO* et le 40' degrés elle atteint son maximnm ; elle s'y élève à 762 ou 764 millimètres,

4" A partir de celle zone elle diminue, el vers le 50' degré elle n'csl plus que de 760 millim. Dans les contrées plus sep- Lcntrionales elle descend à 756 millim. environ.

Dans la figure 29, nous avons dessine, d'après les données de rinslilut météorologique d'Ulrcchl, les courbes des varia* (ions moyennes du baromètre à la surface de l'Atlantique, entre les 55' degrés de latitude Nord cl Sud, dans les deux saisons extrêmes, l'été el l'hiver. La ligne verticale marquée 0 eorrcspond h l'équateur; celles de droite el de gauche correspondcnl aux degrés de latitude croissant de 5 en 5, Les variations de ta pression à la surface de l'Atlanlique sonl beaucoup plus accentuées encore que ne t'indiquent les résultats généraux de

UâUTEUR moyenne du baromètre. 173

M. Kaemlz. I^e minimum de pression tombe en hiver sur l'équaleur; en été, il remonte vers 5 degrés Nord. Ce déplacement est conforme au mouvement des températures maxinmm et au changement de position de la nappe équatoriale ascen« dante. Li hauteur moyenne du baromètre ci-oît rapidement, surtout en été, à mesure qu'on s'éloigne de Téquateur vere le Nord ; entre les 25*" et 55* degrés de latitude, elle y atteint près de 767"", 5 ou 768 millim. L'activité de la circulation inlertropicale est, en effet, très - développée dans cette partie des Océans. Dans l'hémisphère Sud, la pression maximum moyenne varie de 765"'",8 en hiver, à 765"",4 en été. Nous ferons remarquer seulement ici que les saisons dans l'hémisphère Sud se trouvant renversées , c'est en réalité pendant l'hiver (coirespondant h notre été) que le maximum barométrique moyen y est le plus élevé.

Ix*s moyennes ont pour objet et pour effet d'écarter autant que possible toutes les causes perturbatrices pour ne laissiT apparaître que les influences générales et |)ermanentes. Les variations barométriques représentées dans la figure 29 vont, en effet, se montrer d'accord avec la circulation atmosphérique telle que nous l'avons exposée chapitre iv.

L'espèce de vide existant vers la ligne équatoriale, entre deux régions où la pression de l'air est très-grande, explique l'existence du double courant des alizés convergeant vers l'équateur. Ce vide serait promptement comblé i>ar l'apport des vents s'il n'existait une cause permanente de .son maintien; les alizés, eux-mêmes, par le fait seul de leur convergence qui tend à les refouler l'un parl'aulre, tendraient à produire un excès de pression aux points où ils se rencontrent. L'effet inverse observé montre que les alizés ne sont pas poussés vei's la ligne par une force placée en dehors d'elle, mais qu'ils sont aspii*és sur l'équateur même, ou du moins dans la région où nous avons placé la nappi^ équatoriale ascendante. Iji se Irouve, en eff(»t,

l'air le plus chaud, le plus chargé de vapeur d'eau, et, \m conséquent, le plus léger à volume égal; et ces conditions n'existent pas seulement à la surface du sol, mais encx)re à uno grande hauteur dans l'atmosphère.

L'air, en s'élevant régulièrement de la surfaci^ fortement échauffée des mers équatoriales vers les hautes régions, y entraine avec lui la chaleur qu'il a reçue directement du soleil ou qu'il a prise à l'eau; il entraine également la vapeur dont il s'est chargé pendant son long parcours à la surface de l'Océan, sous forme d'alizés, avant d'atteindre la nappe équatoriale. A mesure qu'il s'élève, il augmente de volume, parce que la pression qu'il supporte diminue. Cette dilatation Icnd à le refroidir, en donnant lieu au passage à l'état latent, d'une partie de sa chaleur disponible. Mais comme il est presque saturé, il ne peut subir un faible abaissement de température sans qu'une partie de sa vapeur ne se condense et ne restitue la chaleur qu'elle gardait en réserve. I^a nappe d'air équatorialc contient donc en elle-même un résenoir de chaleur capable de pourvoir longtemps aux causes de refroidissement qu'elle ivncontre, et, de toutes les régions du gloln;, c'est celle où la température doit décroître avec le plus de lenteur. Rien, d'ailleurs, ne vient déranger les conséquences de cette situation; la vitessi' acquise des alizés a scuilemenl pour effet de restreindix; la largeur de la zone dans laquelle ces vents superficiels se redressiMil parallèlement dans un plan vertical.

Li nappe ascendante se déplace avec les saisons. Sur l'Atlantique, ainsi que nous l'avons vu chapitre iv, elle se transi>orlc pendant l'été de l'équateur vei-s le lO*" ou le 12* degré de latitude Nord, et, pendant Thiver, elle redescend vers l'équateur. h' mininmm barométrique la suit dans ses oscillations, en sorte qu'entre l'équateur et le 10** parallèle, il existe des régions où il passe deux fois jiar an. La figure 29 se l'apporte à Tétat moyen de deux saisons extrêmes^ mais non aux deux [Xjsitions extrêmes

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