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CHAPITRE VIII

lf:s tempêtes tropicai.es

OrnAGANS, TYPHONS, CYCLONES

IjCS perturbations atmosphoriquos sont peu frcquenles et pîu (liiral)les dans les régions interiropicales occupées par les alizés; mais, quand elles s'y produisent, elles y acquièrent une incomparable violence. Nous ne voulons [)oint parler ici des oi-ages qui se renouvellent presque chaque jour, pendant la saison des pluies, dans la zone comprise entre .les alizés, et y atteignent des proportions généralement incx)nnues dans nos climats. En dehors de ces accidents habituels des climats chauds ou tempérés, les tempêtes tropicales offrent des caractères tranchés dont nous allons faire l'examen. Aux Indes Orientales, où elles ont été l'objet de longues et consciencieuses études de la part de Piddington, elles portent le nom de typhon. Piddington les désigne i>«ïr le mot cyclone (du grecn/c/os, cercle), pour exprimer ainsi la loi la plus remarquable de leur dévoloppement. Dans les Antilles, on les appelle ouragans; ce sont également des cyclones. F.es journaux ont plusieurs fois mentionne les épouvantables désastres occasionnés [ku' ces météores lians les An-

KATIÎKE ET MARCHE DKS CYCLONES. 217

tilles, à la Réunion, à Tilc Maurice, ou sur les côles de la Chine. CapperS Rexlfield% Ueid% Piddin^ton*, Bridet % Kel^ 1er*, Andrau^, etc., ont successivement étudié ces tempêtes et en ont fait Tobjet de plusieurs écrits qui nous guideront dans nos descriptions. Deux ofliciers de la marine impériale de France, MM. Zurcher et MagoUé, consacrant en commun les loisirs de leur retraite à la vulgarisation des principaux phénomènes de l'atmosphère ont également donné d'intéressants Avtails sur les cyclones '.

g I*'. — IV«t«re et marche des eycIcMies*

Le cyclone est constitué par une masse d'air considérable animée d'un mouvement de rotation rapide autour d'un axe à j>eu près vertical. La rotation a constamment lieu, dans Thémisphère Nord, de l'Ouest à TEst en passant par le Sud, c'est-àdire en sens inverse du mouvement des aiguilles d'une montre. Dans l'hémisphère Sud au contraire, elle s'effectue de l'Ouest à l'Est en passant par le Nord, ou dans le sens du mouvement

« On Prevailing Slorms of Aclanlic Coast of^urth America. (Observations on Winds and Monsoons. London, 1801.)

* Summary Slalemenla ofsome of the Leading Fach in Mcleorology. Boston, 1854.

' À Stalement of the Progress made towards deuelopping the Law of Storms. London, 1838.

* Guide du marin sur la loi des tempêtes, par Henri Piddington, président de la cour de marine à Calcutta, traduit par F. J. T. Chardonneau, lieutenant de de vaisseau; 2' édition.

' Étude sur les ouragans de Vhémisphère austral, par H. Bridct, lieutenant de vaisseau, capitaine de port h Vile de la Réunion. — Saint-Denis, 1861.

« Des ouragans, tornades, typhons et Umpétes, par Tingénieur hydrographe Keller, Annales maritimes, 1847.

* De Wet der stormen..., par Andrau. — Utrerht, 1862. » Us Tempêtes, par Zurcher et Margelle.

LES TKMPËTËS TROPICALES.

des aiguilles d'une montre (fig. 59). Pendant quç l'air tourbillonne ainsi sur lui-même, Tensemblc du phénomène est entraîné d'un mouvement plus ou moins rapide à la surface du globe,

et décrit une vaste courbe dont la convexité est dirigée vers rOuest.

LfCs cyclones prennent naissance entre Téquateur et les tropiques, à une latitude sensible-

ment égale à celle du soleil,

pendant le trouble apporté dans les alizés par le transport de la nappe équatoriale ascendante ou lors du changement de mousson. Une fois formé, il va presque toujours en s'éloignant de réquateur. Dans notre hémisphère, il marche d'abord vers rOucst en se relevant un peu vers le Nord, jusqu'à ce qu'il ait atteint la latitude de 30^ environ ou la limite septentrionale des alizés du N. E, Arrivée en ce point, sa trajectoire est dirigée du Sud au Nord ; elle s'infléchit ensuite vers l'Est en continuant à remonter vers le pôle. Nous avons reproduit, dans la planche X, la marche d'un cyclone à la surface de l'Atlantique Nord déterminée par le lieutenant Porter de la marine des États-Unis, d'après les journaux de bord conservés à robser\'atoire de Washington. La route suivie par cet ourangan en août 1848 est à peu près la même pour tous ces météores à la surface de l'Atlantique Nord. On voit qu'ils y franchissent les limites des régions tropicales et pénètrent jusque sur l'Europe. Nous reviendrons sur ce point dans le chap. ix consacré aux tempêtes de nos climats.

Dans riiémisphère Austral la marche des ouragans est la même

Fig. 39.

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