VENTS PÉRIODIQUES ANNUELS, MOUSSONS
[c la mer, mais il est d'abord plus vague et moins accusé. Sa ubstitution a l'autre se fait après des hésitations plus proongées; mais, quand elle a lieu, la nappe ascendante parcourt lu large espace en un temps très-court.
L'influence de la hauteur du soleil sur les moussons est renlue visible par la comparaison des époques auxquelles elles s'éablissent en divers lieux. liC soleil arrivant plus tard au zénith le^i points situés plus au Nord, le S. 0. y commence également dus lard. A Anjongo (lalitude 8° 50' N.) sur la côte du Malalar, il souffle le 8 avril; à Bombay (latitude 19^ N.) il n'apparaît ruère avant le 15 mai.Ën Arabie la mousson s'établit un mois dus tard qu'à la côte d'Afrique, et quinze ou vingt jours plus ard à la côte de Coromandel que dans la jiartie septentrionale le l'île de Ceylan.
Les sommets des monts Himalaya s'élèvent a une telle haueur qu'ils sont couverts de neiges pcrjxîtuelles ; mais leurs grandes massif et les hauts plaleaux du Tibet sont, pendant été, à une lem|)érature supéricui*eà celle de la couche d'air siuée au même niveau à la surface de l'océan Indien. IjCs alizés lu N. E. qui tendraient à s'établira la surface de l'Asie sont d'aileurs iiîiralysés en grande partie dans leur action |mr ces hautes aillies. On comprend donc que Talizé du S. E., transformé en >. ou S. 0. aprt»s avoir franchi la ligne, puisse jV^nétror trèsivant dans les terres. H y est entraîné par sa vitesse acquise, ît par l'apjKîl de l'air glissant de bas en haut sur les jHiutes mi^ 'idionales de la chaîne ; il n'est \)i\s contre-bniancé d'autre {Kirl Kir un vent opposé comme à la surface des grands Océans ; 1 dépasse l)e5iucoup ses limites naturelles vei's le Nord.
Ia\ diilticulté avec laquelle la nappe équatoriale ascendante ransportée sur le continent d'Asie s'alimente vers le Nord, est iccusée aussi par le baromètre. Li région à pression baronié* rique minimum ne se trouve pas dans la zone à tem|)érature naxiuuim, conmie il arrive d'ordinciire h la surface di^ mers ;
^208 LES VENTS KËGULlËaS.
elle est reportée an Xord des hauts plateaux du Til)el el s'étend jusqu'à la latitude de Bamaul, dans la Russie d'Asie.
^ IV. ~ Vents étésicns.
Kn prenant le mot dans son aecepiion la plus large, on {MUil trouver des ^nmissons dans pitîsque toutes les parties du globe, [ïarœ que les variations annuelles de la température inodiiionl annuellement aussi les détails de la eirculation générale de Talmosphère. C'est ainsi que le continent d'Afrique dévie vers lui, tantôt les alizés du N. E., tantôt les alizés du S. E., suivant que le maximum de température est plus ou moins reporté vers le Nord. Les anciens cependant avaient reconnu l'existence de véritables moussons à la surface de la Méditerranée orientale et leur avaient donné le nom dei;e/îl« étésiem (de Etos saison).
On ne rencontrera plus ici la forme et la constance des moussons de TociUm Indien. Li Méditerranée se trouve déjà dans le cercle d'action des vents variables qui font l'objet du chapitre suivant ; cependant au milieu d'accidents multiples on y distingue encore l'influence du Sahara. Cet immense désert ne coiitenant que de rares oasis faiblement arrosés, se couipose presque uniquement de siible et de cailloux roulés ; sa teni- [Hirature moyeinie de l'été s'y élève à plus de 50 degrés, tandis (jue les ccites méditerranéennes et surtout la Méditeiranée s'échauffent proportioiniellement b(»aucoup moins. L'air monle au-dessus de ces déseris el produit un apj)el tout à l'enlour d'eux, particulièrement à l'Est, h l'Ouest et au Nord. A l'Est el à rOuesl l'aspiration a pour effet de dévier vers le continent le^ moussons el les alizés. Au Nord, son influence est souvent masquée par les perturbations de l'atmosphère à nos latitudes; mais oii peut constater fréquenmienl que ces perlurb«itions,
VENTS ETESIENS. aOU
dans leur marche progressive à travers l'Eumpe, sont attirées piesque invinciblement pendant l'été vers le continent d'Afri(pie par-dessus la MéditeiTanée.
En ayant i-ecours aux moyennes pour écarter les causes perturbatrices, on reconnaît l'existence à la surface de la Méditerranée orientale de vents dominants des régions N. ou N. E. qui s'étendent jusf{u'en Italie, souvent même jusqu'au détroit de Gibraltar. Dans ces parages et dans cette saison, la traversée d'Europe en Afrique est plus prompte que le retour. Li fréquence actuelle de la navigation entre la France et l'Algérie ayant permis de mieux apprécier l'élat moyen des vents dans le bsissin occidental de la Méditerranée, on a reconnu que, là aussi, la traversée moyenne de la France à l'xVlgérie est plus courte d'un quart pour les navires à voiles, et d'un dixième pour un navire à vapeur, que la traversée de retour. Tout le versant Nord des iles Majorque et Minorque et surtout de cette dernière, est traversé par un vent dominant du Nord qui pixxluil dans ces iles un rabougrissemcnt tres-sensible de la végétation et une inclinaison de tous les arbres vei^s le Sud. Ce vent s'étend au côtes de la Provence et quelquefois à tout le bassin du Rhône. Nous verrons cependant que certaines circonstances viennent favoriser son action en ajoutant à l'aspiration du Sahara une poussée produite à la surface de la France.
Pendant l'hiver Faction du Sahara s'aiTaiblit, les sonnnets de l'Atlas et des chaînes qui en dérivent se refroidissent ; le Nord de l'Afrique devient plus froid que la mer, et la Méditerranée i*entre sous Tiniluence générale des courants équaloriaux.
210 LES VËiNTS RÉGULIERS.
^ V. — Brise» ^riodlqaea dii
Les vm'iaiions diurnes comme les variai ions annuelles du thermomètre sont pour l'atmosphère une cause de mouvemenii» continuels. Le maximum de température suit le soleil dans sa rotation quotidienne autour de la terre ; le minimum de température obéit à une loi semblable. Les dilatations et contractions successives naissant de œtte périodicité, déterminent le déplacement alternatif de masses d'air plus ou moins considérables. D'un autre côté, la diversité de propriétés des différentes parties de la surface du globe amènent des inégalités locales dans les températures de lieux voisins et par suite des inégaliti*!» de pression et des mouvements aériens.
Sur les côtes, lorsque le temps est calme et beau, on voit, a partir de huit ou neuf heures du matin, une brise de mer s'élever peu à peu, d'auUint plus sensible que la températuiv esl plus élevée. Faible d'abord et limitée à une bande étroite, elle augmente de force et d^élendue jusque vers tit)is heures, puis elle s'affaiblit graduellement. Le calme renaît au coucher du soleil ; mais bientôt s'élève une brise de terre allant à la mer et durant jusqu'au lever du jour. En l'absence de tout mouvement général de Talmosphère, la direction de ces deux brises est perpendiculaire à la direction générale de la côte ; mais si Tair est animé d'un mouvement d'ensemble^ les brises de teritî et de mer se combinent avec ce mouvement qu'elles dévient d'autant plus qu'il est plus faible et plus oblique à la côte. Imaginons, par exemple et pour grouper ensemble les divers cas, qu'un vent d'O. modéré souffle sur une île. Le vent général et la brise de mer marcheront de même sens sur la côte occiden* taie et de sens contraire sur la côte orientale. L'inverse aura
BRISES PÊRlOniQUES DIURNES. 211
lieu pour la brise de terre. Dans le jour, le veut d'O. semblera doue plus fort sur la côte occidentale que sur la cote orientale; pendant la nuit, il semblera plus faible. Sur là côte septentrionale, le vent composé inclinera graduellement vers le N. 0. sous l'inHuence croissante de la brise de mer dont la direction naturelle serait N.; puis il reviendrai TO. et dépassera cette direction vers le S. 0., sous l'action de la brise de terre. Dans les mêmes circonstances, mais sur la cote opposée, le vent d'O. inclinera d'abord vers le S. 0. jusqu'à 3 heures, puis il reviendra vers l'O. et remontera vers le N. 0.
Des phénomènes du même genre se pimluiront sur les continents dans le voisinage des montagnes. M. Fouraet a étudié avec soin ces brises de jour et de nuit qui acquièrent fréquemment une grande énergie dans certaines vallées des hautes chaînes de montagnes, particulièi*ement celles qui sont inclinées vers le midi. Nous résumons ci-dessous le travail de M. Fouruet'.
Les grandes saillies du sol déterminent journellement un ilux et un l'eilux atmosphérique accusés par des brises alternativement ascendantes et descendantes connues de tem|)s immémorial, dans ceilaines localités, sous les noms de Thniwind^ Pontia$^ Vésine^ Solore^ Vauderau^ Rebas^ vent du MotU-Blanc, À loup du vetU.
Ces courants d'air se développent au plus haut degré dans les concavités des vallées, mais sans leur être exclusivement propres; ils se produisent le long de toutes les rampes.
Le passage du Hux au reflux, et réciproquement, est rapide dans les gorges étroites et aboutissant après un long trajet à de hautes sommités ; il est plus tardif dans les bassins généraux où le flux n'est en général franchement établi qu'à 10 heures du matin et où le reflux ne commence à être régulier que vers 0 heures du soir. L'intervalle entre les brises montantes et
* Founiet» Annales de physique et de chimie^ t. LXXIV, p» 357, 18<40.
descendantes est rempli par des oscillations ou l'edondances allernatives. L'heui^e de ce phénomène critique varie avec les saisons et avec quelques circonstances météorologiques accidentelles.
Les brises des montagnes sont l'égulières dans kts vallées régulières, mais présentent des accidents vers leurs embranchements. Ces variations peuvent se manifester, suivant le mode d'emboîtement des vallées, soit dans la période diurne, soit dans la période nocturne. I^a configuration des sommets exerce aussi une grande influence sur les mouvements de l'air suivant les heures et les saisons. Ils sont tantôt plus prononcés le jour que la nuit (vallée de Maurienne), tantôt plus forts la nuit que le jour [Pontias^ Aloup de veiU de Chessy); quelquefois c'est l'hiver avec ses neiges qui est le plus favorable aux brises nocturnes, d'autres fois c'est Tété pour les vents du jour. Dans la vallée de Joux, par exemple, les alternatives de froid et de chaud sont si brusques que l'on y éprouve quelquefois des variations de 20 degrés en quelques heures, et que l'on a vu les faucheurs couper de la glace le matin avec leurs faux, tandis que dans le milieu du jour le thermomètre marquait 38 degrés au soleil. Il est impossible que de pamiles différences ne produisent pas des courants extraordinaires.
Ces espèces de marées locales sont en général plus prononcées dans les vallées larges ; elles s'affaiblissent dans les i*amilications latérales; mais, quand le bassin s'étale en une véritable plaine capable de subvenir a une très-grande dépense, ou d'absorber une masse d'air considérable, la vitesse de l'air, diminue. Ainsi, rarement le Pontias atteint le cours du Rhône; autour de Genève, les brises de la vallée de l'Arve paraissent assez affaiblies pour n'avoir pas excité l'attention des habiles observateur de cette ville.
Les vents généraux modifient ou compliquent les brises des hautes montagnes, mais ne sont pas toujoui^ assez énergiques
BRISES PÉRIODIQUES DIURNES. SiS
pour les détruiiip enlièromcnl. liCiir action dépend, du reste, de leur direction par rapport à Torientation des vallées. Pour qu'ils agissent avec efficacité, il faut qu'ils soufflent dans le sens de la vallée montante; dans ce cas, ils favorisent la brise de jour et ne contrarient que la brise de nuit. Dans une direction opposée, leur influence est amoindrie par les sommités de la chaîne; dans une direction transversale, les vallées sont encore abritées par les saillies latérales.
Les brises entraînent avec elles les corps flottants dans l'air. Cesi ainsi que, suivant les ' |>ériodes du jour et de la nuit, les fumées, et surtout les vapeurs, vont se concentrer durant le jour autour des hautes cimes (vallées d'Aoste, de la Maurienne, de TOssela, d'Ansasca, de la Sésia, val d'Illiers, ool du Géant, Valais, Pilât), ou bien sont ramenées durant la nuit vers les concavités (Martigny, Chessy, Saint-Marcel, vallée du Gier). L'air, sur ces hauteurs, se dessèche la nuit et redevient plus humide pendant le jour, tandis que l'effet inverse a lieu dans les vallées.
L'air chaud des plaines, transporté par les brises diurnes, tend à échauffer les sommités des montagnes, tandis que la brise nocturne tend à refroidir leurs concavités en y i)ortant l'air des régions supérieures. De là résultent la fraîcheur subite occasionnée par l'aloup du vent, les congélations de vapeur d'eau par le pontias, les congélations printanières qui, à rayonnement égal, atteignent plus particulièrement les végétaux des vallées.
Au reste, ces phénomènes, observés avec beaucoup de soin par M. Fournet dans les Alpes, se remarquent au même degré dans toutes les grandes chaînes de montagnes, et à un degré moindre dans tous les pays accidentés, même aux hautes latitudes. T^es voyageurs ont souvent ressenti un abaissement de température très-prononcé en traversant la nuit certaines gorges situées entre des montagnes même trtVpeu élevées. àSouvent encore, en
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descendant une colline, on a pu éprouver un sentiment de fraîcheur très-marqué lorsqu'on s'approchait du fond de la vallée. Cet effet est. particulièrement marqué dans les dépressions étroites et peu profondes creusées par les eaux diluviennes au milieu des plateaux jurassiques du centre de la France.
Toutes ces brises de terre, de mer ou de montagnes ont une commune origine. Le sol prend la plus large part des rayons solaires, c'est surtout par lui et à son contact que l'air s'échauffe. Toute la couche d'air qui repose à la surface des rsimpes frappées par le soleil est à une température plus élevée que l'air situé à une même hauteur au-dessus des plaines. Cet air monte en glissant sur ces rampes comme l'eau placée dans un vase exposé au feu glisse en montant sur les parois échauffées du vase. Par contre, durant la nuit, c'est le-sol qui rayonne le plus et se refroidit le plus vite ; celte condition inverse produit dans l'air un mouvement pareillement renversé. Entre la terre et Teau c'est la terre qui s'échauffe le plus pendant le jour et se refroidit le plus pendant la nuit ; comme d'ailleurs les leri'cs présentent toujours une inclinaison plus ou moins prononcée vers la mer dans le voisinage des côtes, nous trouvons une double influence tendant h produire les deux brises alternatives.
La marche progressive du soleil dans le sens de l'équateur produit des effets d'un autn» ordre. Dès que cet astiHî se lève pour le méridien de Paris, par exemple, la température commence à monter sur tous les points situés sur ce méridien. Li première çonsi^quence est un accroissement dans la force élastique de l'air dans ses couclies inférieures et une hausse du baromètre. Peu à peu l'air des couches supérieures obéit à cet excès de pression et permet à l'air inférieur de se dilater librement; mais le mouvement ne se fait pas seulement en hauteur, il se produit également dans le sens des pôles et aussi vers les régions de l'Ouest qui commencent à peine à subir Tinfluence solaire. L'efTet se continue tant que la température
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monlc; après le maximum il est remplacé par un effet inverse. Dans un air parfaitement calme on verrait donc, dans nos régions se produire au lever du soleil un léger vent d'E. inclinant graduellement vers le S. dans le milieu du jour, et inclinant ensuite versl'O. sur le soir. Dans l'hémisphère Austral la rotation aura lieu au contraire de TE. à FO. par le N. Dans les deux cas, le vent tourne avec le soleil.
Si l'atmosphère est animée d'un mouvement général de translation peu rapide, la rotation diurne du vent y restera sensible ; il en sera de même pour les brises de terre et de mer et pour les brises de montagne. Les grands vents n'en seront pas affectés d'une manière appréciable. Ces derniers cependant sont soumis à une rotation régulière dont l'origine est tout autre et beaucoup plus complexe. Nous l'examinons dans les chapitres suivants.