‹ Les mouvements des végétauxChapitre 1 sur 3 · PAK · texte numérisé non relu

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René DUTROGHET

PARIS GAUTHIER-VILLARS ET Ci% ÉDITEURS

LIBRAIFIES DU BUREAU DES LONGITUDKS, DK L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE

Quai des Grands-Augustins, 55

aie 7-7/

AVERTISSEMEJ^Ï

Tj accroissement rapide des découvertes scientifiques, engendre fatalement V oubli des découvertes passées et de leurs auteurs — oubli encore favorisé par le fait regrettable que la plupart des mémoires et des ouvrages, où ces découvertes se trouvent exposées, sont comjjïètement épuisés et introuvables.

La collection des Maîtres de la Pensée scientifique comprendra les Tnérnoires et les ouvrages les plus importants de tous les temps et de tons les pays. Elle est destinée à rendre accessibles au^r savants et au public cultivé les travaux originaux, qui marquent les étapes successives dans la construction lente et laborieuse de V édifice scientifique. Tous les domaines de la Science y seront représentés : les rnathém^atiques , Vastronomiey lu physique, la chimie, la géologie, les sciences naturelles et biologiques, la méthodologie et la philosophie des sciences. Etant la plus complètey elle fournira les documents indispensables aux historiens de la science et de la civilisation y qui voudront étudier V évolution de V esprit humain sous sa forme la plus élevée. Elle perm.ettra aux savants de connaître plus intimement les décou-

vertes de leurs devanciers et d'y trouver nombre d'idées originales. Les philosophes y trouveront une mine inépuisable pour Vétude épistévwlogique des théories, des hypothèses et des concepts, au moyen desquels se construit la connaissance de l'univers . Elle offrira enfin à la jeunesse studieuse un moyen facile et peu coûteux de pi'endre contact à leur source même avec les méthodes expérimentales et les procédés ingénieux que les grands chercheurs ont dû inventer pour résoudre les diiRcultés — méthodes excrètes, infiniment plus suggestives et plus fécondes que ne sont les règles schématiques des Manuels.

On trouve encore dans les mémoires classiques y où la profondeur de la pensée et la justesse du raisonnement se manifestent sous une forme remarquable m,ent lucide et élégante, le secret d'exposer les découvertes scientiiiques d'une façon claire et précise, comme Vont demandé à plusieurs reprises les savants les plus illustres de notre temps.

Les mémoires et les ouvrages français seront réimprimés avec grande exactitude diaprés les textes originaux les mieux établis, et ceux des savants étrangers seront traduits intégralement et avec une rigoureuse ndélité.

Notice biographique.

René-Joachim-Henri Dutrochet naquit au château de Néon Indre) le 14 novembre 1776, et mourut à Paris le 4 février 1847. Son père ayant émigré au moment où la Révolution éclata, tous ses biens furent confisqués, et le jeune Dutrochet se trouva ainsi complètement privé de ressources et obligé de gagner son 3xistence. En 1789, il postula un poste dans la marine, mais à peine l'avait-il obtenu qu'il changea d'avis avant même de >'embarquer.

En 1802, il commença à Paris l'étude de la médecine et fut ceçu docteur en 1806. Ayant été promu médecin militaire en [SOS, il accompagna en cette qualité le roi Joseph Bonaparte 3n Espagne. A l'hôpital militaire de Burgos, dont il était le :lirecteur, il eut à combattre une épidémie typhoïde des plus meurtrières. Atteint lui-même, il guérit très lentement et fut tellement affaibli qu'il se vit obligé de se démettre de ses fonctions. Il rentra en France en 1809 et se fixa dans une maison de campagne aux environs de Châteaurenault, en rouraine, où vivait sa mère.

A partir de cette époque Dutrochet se consacra entièrement à l'étude des sciences naturelles, et plus particulièrement à :elle de l'embryogénie animale et de la physiologie végétale, où, par ses nombreuses et délicates expériences, il a fait des Jécouvertes fondamentales, qui ont eu une influence considérable sur le développement de ces branches de la biologie. Il est le premier à avoir tenté d'expliquer les mouvements de la sève à l'intérieur des plantes par les phénomènes de la Lliosmose, et à avoir étudié parallèlement l'absorption de l'oxygène par les plantes et par les animaux. Les phénomènes qu'il étudia en outre avec une prédilection marquée sont ceux de l'endosmose. Il s'est efforcé de mettre en lumière son action mécanique et l'extrême importance qu'elle présenta pour l'explication de certaines fonctions végétales. C'est cette théorie qui lui a permis de ramener à des principes de mécanique des phénomènes botaniques qu'on s'est contenté d'expliquer avant

lui par la force vitale. C'est grâce à «lie surtout qu'il est arrivé à donner une explication satisfaisante des mouvements de la sève montante et descendante.

Adversaire iiTéductible du vitalisme, il s'est donné comme tâche d'expliquer tous les mouvements et toutes les fonctions des plantes et des êtres animés par des lois purement physiques. « L'admission d'une différence essentielle et fondamentale entre les lois physiques et les lois psychologiques m'a toujours paru contraire à une saine philosophie. Les êtres vivants doivent être considérés comme des laboratoires dans lesquels la nature opère des phénomènes et confectionne des substances qui' ne peuvent avoir de durée que sous l'influence des causes particulières qui ont présidé à leur production. La vie se compose de phénomènes physiques et chimiques spéciaux qui doivent se rattacher à la physique et à la chimie générale. Il faut donc chercher à découvrir quels sont les phénomènes spéciaux de la physique et de la chimie auxquels le mouvement vital doit son existence. Je pense avoir fait le premier pas dans cette voie par la découverte de l'endosmose. » (Note inédite écrite en 1835).

Ces admirables idées sont précisément celles qui ont guidé dans leurs recherches tous les grands biologistes qui sont venus après lui, et il ne faudra jamais les perdre de vue si l'on veut réaliser des progrès réels et durables en biologie.

Dutrochet a réuni en 1837 ses travaux les plus importants dans deux volumes qui portent le titre suivant : Mémoires pour seiDlr à l'histoire analomique et physiologique des végétaux et des animaux. C'est d'après cette édition que nous reproduisons les deux mémoires figurant dans ce volume. Outre ces mémoires, ses œuvres contiennent encore des recherches remarquables sur l'embryogénie animale, sur la physiologie végétale. sur les rotifères, sur la métamorphose du canal alimentaire chez les insectes, sur la structure et la régénération des plumes, sur l'ostéogénie, etc. Son travail de tout premier ordre sur VEîidosmose sera reproduit prochainement dans cette Collectloiî.

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