CHAPITRE II
EPREUVE À LA PILOCARPINE
L'emploi de la pilocarpine a été institué par Eppinger et Hess. Il a subi des fortunes diverses. Cette substance, qui fut considérée comme vagotrope, présente des effets plus complexes qu’on ne l'avait cru.
TecaniQue. — On utilise le chlorhydrate ou le nitrate de pilocarpine sur un malade couché depuis une heure. Les doses sont les suivantes :
Adulte :
injection sous-cutanée, 1 centigramme;
injection intraveineuse, 7,5 milligrammes.
Enfant :
Jusqu'à 3 ans, À à 2 milligrammes; De #4 à 7 ans, 3 à 4 milligrammes; De 8 à 14 ans, 4 à 5 milligrammes.
PaysioLoGre. — L'épreuve est en général bien supportée par les sujets normaux.
Au point de vue circulatoire, la bradycardie est rare (Friedberg, Danielopolu), Au contraire, on note, dans 80 p. 100 des cas, une tachycardie d'apparition rapide (une minute) et persistant longtemps. Mais il faut une dose suffisante, 2 milligrammes n’agissant pas chez l'adulte. D'où la critique de Danielopolu sur l'emploi de cette substance. La tension artérielle êst parfois abaissée (Platz, Russetzky) et parfois élevéè (Hérniÿ).
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La sécrétion des glandes sudoripares est presque toujours augmentée. 6 à 12 minutes après l'injection sous-cutanée, le phénomène commence à la face et gagne rapidement les extrémités. L'intensité du symptôme serait en rapport avec la dose injectée.
La rougeur de la face est fréquente, s'étendant même à la poitrine. Le sujet ressent une impression de chaleur. En même temps, le dermographisme est exagéré.
L'augmentation de sécrétion des glandes salivaires est constante, mais, Contrairement à l’hypersudation, elle ne paraît pas en rapport avec la dose injectée. Les glandes lacrymales sont intéressées : il y a du larmoiement.
L’estomac est en hypertonie, s’accompagnant de nausées. Il y a du ténesme vésical, mais sans modification de la quantité des urines.
Le rythme respiratoire est accéléré dans 3/4 des cas environ, avec dyspnée asthmatiforme par hypersécrétion bronchique.
Les modifications du côté de l’œil sont variables. Myosis et mydriase s’observent avec une égale fréquence.
Puysio-PATHOLOGIE. — Chez une première catégorie de sujets, on ne note aucune réaction. Par contre, chez d’autres, les phénomènes normaux se trouvent très augmentés. La sudation, la salivation, le larmoiement, sont intenses, de même l'hypertonie gastrique, qui occasionne des vomissements. II y à de la diarrhée et du ténesme. La radiographie montre un hyperpéristaltisme considérable.
Les réactions du côté du cœur (bradycardie) et de la pupille sont inconstantes et ne permettent aucune conclusion.
INTERPRÉTATION. — Il est impossible actuellement de conclure quant aux résultats obtenus. Il est en ellet paradoxal — si l’on admet l’action parasympathicotrope de la pilocarpine — d'observer en même temps l'excitation d'organes innervés par l’ortho-sympathiqué (intestin) et d'organes qu'il inhibe (estomac).
Lages
Pour certains auteurs, la pilocarpine aurait une double action excito-motrice sur le vague au début et pour une courte période, et ensuite sur le sympathique. D'autre part, à petites doses, elle paralyserait le vague au lieu de l’exciter.
Danielopolu estime que l’action de la pilocarpine est une preuve de sa théorie de l’amphotropisme. Les petites doses sont amphotropes à prédominance parasympathique, les fortes doses à prédominance orthosympathique. Il faudrait donc utiliser la pilocarpine en injection intraveineuse et à petites doses répétées.
De toutes les façons, l’inconstance des résultats et les difficultés d'interprétation empêchent de faire donner à la pilocarpine un emploi pratique comme moyen d’exploration du système neuro-végétatif.