‹ Les Moyens Actuels d'Exploration du Système Nerveux Végétatif: Le Test Génésérine-Réflexe Oculo-CardiaqueChapitre 17 sur 66 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

EPREUVE A L’ESERINE

L'ésérine, ou physostigmine (en Angleterre et en Allemagne), est un alcaloïde de la fève de Calabar. Elle fut isolée en 1865 et d’abord utilisée en thérapeutique cardiologique et gastro-intestinale. Puis on lui trouva des applicaions dans le domaine végétatif. Nous n’insisterons pas sur l’ésérine, qui, en raison de sa toxicité assez élevée, est d’un maniement délicat, et qui ne nous intéresse que par sa parenté avec la génésérine.

TecaniQuEe. — M. le Professeur Jeanneney s’est servi d’une solution de salicylate neutre d’ésérine en injection souscutanée. L'épreuve à l’ésérine de Danielopolu introduit 1/2 ou 3/4 de milligramme par voie intraveineuse. Mougeot conseille l'emploi d’une solution huileuse de 2 milligrammes, comme mieux supportée. Dans tous les cas, le sujet est couché et l'examen dure une heure environ.

PuaysioLociE. — On classe l’ésérine dans les parasympathicomimétiques, mais en réalité ses effets sont beaucoup plus complexes et Fui ont valu les mêmes critiques qu'à la pilocar pine.

Du côté du cœur, on observe deux phases successives : d'abord, accélération du rythme et augmentation de la tension, puis rapidement une bradycardie durable.

Au niveau de l'appareil digestif, il y a ralentissement des contractions gastriques, puis augmentation. Les sécrétions salivaire, intestinale et pancréatique sont inténsiliées.

Per pe

INTERPRÉTATION. — Danielopolu considère cette épreuve

comme de valeur amphotrope, de tout le système végétatil

et non du parasympathique seul. La question des doses intervient, les petites amenant le ralentissement du rythme cardiaque, la baisse de la tension artérielle, l’exagération de la motilité digestive. Si la dose est plus forte, 11 y a accélération du cœur, augmentation de la tension et inhibition du tube digestif. Avec des doses moyennes, la phase à prédominance sympathique est plus forte chez les sympathicotoniques, le contraire se produisant chez les vagotoniques où du reste les deux phases sont exagérées.

Pour Mougeot, l’épreuve à l’ésérine n’est qu'une épreuve d'excitabilité du myocarde, sans valeur comme test sympathique.

L'épreuve à l’ésérine ne mérite pas de recevoir les mêmes critiques que celle à la pilocarpine. I se produit nettement, chez les sympathicotoniques, une amélioration des troubles qui donne une indication pour le diagnostic. Néanmoins. l’ésérine reste un produit délicat à manier, et, d’autre part, le résultat de la recherche est surtout subjectif, ce qui rend son interprétation sujette à caution.

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