‹ Les Moyens Actuels d'Exploration du Système Nerveux Végétatif: Le Test Génésérine-Réflexe Oculo-CardiaqueChapitre 36 sur 66 · BRU · texte numérisé non relu

BRU

tions, renforce le tonus de l'intestin, provoque une hypersécrétion de toutes les glandes digestives. Le mode d'action est celui que nous avons déjà vu au sujet de l’ésérine, qui est un excitant du vague. Ce processus n’est pas encore complètement élucidé. Il semble y avoir une action directe sur les centres parasympathiques. Les travaux de Bozonnet, en 1936, ont apporté une nouvelle théorie. Cet auteur a montré que la présence de génésérine dans du sérum contenant déjà du perchlorate de butyrylcholine empêche l'hydrolyse de ce dernier. Expérimentant ensuite sur le chien, il a constaté que l’ésérine ou la génésérine injectées à l'animal inhibent la cholinestérase de son sérum, ce qui permet une action prolongée de l’acétylcholine libérée dans son organisme. Cette acétylcholine se trouve partout dans le corps : thyroïde, ovaire, testicule, rein, hypophyse, moelle osseuse, muqueuse gastrique et intestinale. C’est un des meilleurs excitants du parasvmpathique. Rien d'étonnant par suite à ce que la génésérine qui facilite son action agisse comme un vagotrope.

La toxicité de la génésérine est faible. Alors que l’ésérine produit des troubles pouvant être graves pour des doses de l’ordre de 1,5 milligrammes, tous les sujets, même les vagotoniques. pour lesquels elle n’est pas du tout indiquée, supportent sans manifestations d’intolérance plus de 5 milligrammes de génésérine. Cette faible toxicité est particulièrement intéressante dans le cas présent, puisque nous avons posé comme condition que l’épreuve ne soit pas dangereuse. I n'y aura pas à redouter de l’employer chez des malades antérieurement vagotoniques, l'excitation du vague produite ne risquant pas de déclencher des désordres graves.

Nous avons vu plus haut que, d’après Danielopolu et Carniol, les petites doses d’ésérine sont exclusivement Vagotropes, tandis qu'à partir de 3/4 de milligrammes l’action passe par deux phases : une première, rapide et fugace, amphotrope, à prédominance orthosympathique (hypertension et tachycardie) et une seconde à prédominance parasympathique (hypotension et ralentissement du pouls), Là encore,

EEVHgre.

la génésérine est préférable. Son faible pouvoir toxique permet d’en injecter d'emblée 2 milligrammes chez tous les sujets. La phase sympathicotrope est ainsi très brève. Il se produit bien une accélération du pouls à la suite de l'injection chez quelques sujets, mais elle n’a jamais dépassé 4 pulsations à la minute. Dans une de nos observations, et afin de savoir quelle était la part exacte du produit injecté dans cette tachycardie fugace, nous nous sommes contenté d’injecter À centimètre cube d’eau bouillie, Le pouls passa de 87 à 90. La phase sympathicotonique a donc bien peu d’importance, puisque l'injection de génésérine que nous avons pratiquée par la suite n’a fait passer le rythme cardiaque que de 89 à 91, soit moins que pour l’eau pure (obs. VIT.

Nous considérerons donc que, de la façon et aux doses où nous l’employons, la génésérine est une substance excitant électivement le vague. Remontant en quelque sorte le niveau fonctionnel de celui-ci, elle contrebalance — d’après la règle du battant de porte de Laignel-Lavastine — l’hypertonie du sympathique. Cette explication est schématique, mais elle rend compte d’une façon satisfaisante des phénomènes observés au cours de l'épreuve. C’est ce qui nous fait la conserver, au moins comme hypothèse de travail.

L'action de la génésérine ne varie pas, selon que la voie d'introduction est sous-cutanée ou intraveineuse. Tout au plus, dans ce dernier cas, est-elle plus rapide.

La génésérine est utilisée en thérapeutique dans un certain nombre de cas. Il ne nous appartient pas de tracer ici toutes les indications et contre-indications de son emploi. Nous ne ferons que citer les principales, d’après R. Held :

4° Au point de vue digestif :

— atonie gastro-intestinale; — certaines hypochlorhydries; — constipation atonique;

— aérophagie.

loyer

2° Au point de vue cardiaque :

-— tachycardie vraie d’origine sinusale; — névroses cardiaques; — arythmies.

3° Au point de vue état général :

— certaines émotivités, anxiétés; — chair de poule et dermographisme exagérés; — troubles d’hyperthyroïdie.'.

En somme, la génésérine peut s'appliquer aux ecto et endosympathoses de May et Gallot et même telles que les conçoit M. le Professeur P. Mauriac, c’est-à-dire avec un cadre extrêmement élargi.

L'rs Me RME Pre PL CE an ME E noie VE SET Mr TS ne re.

Page 1