AGENAIS
Un malenlendu regrettable a fait croire à quelques Citoyens que le Comité ^o^llait agir sans le concours de la garde nalionale. C'est si bien une erreur (|ne sa première démarche a été de convoquer la rompagnu' des pompiers, qui s'est rendue avec empressement à notre appel. D'autres gardes nationaux sont venus spontanément et ont été accueillis par nous a^ec bonheur. L'ordre n'a pas été troublé, et nous garantissons qu'il ne le sera pas.
Aujourd'hui, la compagnie des pompiers, et des détachements de la garde nationale, assez nombreux pour rassurer les esprits, veilleront avec nous à la sécurité publique.
Agenais, nous n'avons qu'un pouvoir essentiellement provisoire : assurer la fondation de la République, maintenir l'ordre, voilà notre seul but. Une organisation définitive ne peut avoir lieu (|u'après que le Gouvernement régulièrement assis aura partout établi la régularité.
Les Républicains nous donnent tous leur appui. Si des Citoyens voulaient d'autres mesures, ils pourraient involontairement entraîner des désordres.
Agenais, du calme donc, un calme énergique comme l'a partout le peuple, et nous assurons le nininlien de l'ordre.
Nous comptons sur le ferme concours de tous les l)ons Citoyens.
Les commissaires présents :
Louis VIVENT^ président; LHÉRITIER. MÉRIGAULT, Hippolyte MAGEN, LAPORÏE, E. GAUTIÉ, TRICOU, G. BARSALOU, LOUBATIÈRES, BAJON , Tii. LARROCHE, CAPDEVILLE, DUCOURNEAU jeune, ])ELVECi\ , secrétaire.
Agen, imprimerie de Guillot.
REPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATERNITÉ
Il GOrVERXE^lEXT PROVISOIRE A SES COXCITOYE\S.
La République, en même temps qu'elle î3raranlit les droits de tous, est appelée à servir tous les intérêts; le premier sentiment du (iouvernemenl provisoire a été de soulager les soulPranees si vives des citoyens que la bataille avait amenés dans les rues.
Des secours sqnt accordés aux blessés; les travaux publics ont repris leur cours dans toutes les administrations; ties ateliers nationaux (bnrnissent aujourd'hui du travail à plus de dix mille ouvriers. Pendant que nous nous elForçons à rendre le présent moins pénible . la commission permanente du Gouvernement recherche les moyens de résoudre pour l'avenir les plus grands problèmes de l'industrie.
Grâce à ces premières mesures, la paix des rues s'est rétablie; mais la secousse d'une commotion aussi forte laisse encore un certain ébranlement dans les esprits comme dans les int('réls.
Le petit commerce, qui n'a qu'un accès difficile à la banque , a besoin qu'on étende jusqu'à lui le bienfait du crédit; le gouvernement provisoire s'occupe de créer très prochainement pour lui im comptoir d'escompte.
La presse, cet instrument si puissant de civilisation, de liberté, cl dont la voix doit rallier à la République tous les citoyens , la presse ne pouvait rester en dehors de la sollicitude du gouvernement provisoire : résolu comme il IN'st à maintenir tous les impôts pour acquitter les engagements et assurer le servici" de l'Etat, il ne pouvait considérer comme un simple revenu fiscal une taxe essentiellement politique*. Le timl)re des écrits périodiques ne saurait être continué à un moment ou la prochaine convocation des assemblées électorales exige l'expression libre de toutes les opinions, de tous les sentiments, de toutes les idées. La pleine liberté de discussion est mi élément indispensable fie tonte élection sincère.
Le Gouvernement provisoire , embrassant dans leur ensemble les intérêts les •plus pressants, a décrété les mesures sui^anles :
Art. 1". Le Ministre des finances est autorisé, par les considérations exposées dans son arrêté, à payer d'avance, et à dater du 0 mars, :i Paris, du 15 mars dans les départements, le semestre des rentes qui éi boit seulement le 'l'I.
Art. 2. Un comptoir d'escompte sera établi sous le titre de Dolalion du petit commerce.
Art. 3. L'impôt du timbre sur los écrits périodiques est supprimé.
Conciloycus, le gouNernemeul provisoire s'adresse à tous les contribuables avec une entière confiance dans leur patriotisme. Les diflicultés jiassiigères de la situation nelui inspirent aucune crainte; la France inlelligente , la France unie est la plus riche et la plus forte des naiions. La Républicjue. pour accomplir de grandes choses, n'aïua pas besoin de l'arf^ent rpi'absorbait la monarchie jiour en faire de misérables. Mais son action est l'action de tous; il faut que chacun serve la patrie dans la mesure de ses moyens; nous demandons aujourd'hui aux contribuables de payer d'avance l'impôt de rann(''e [)our niellre le (iouvernenienl provisoire à même de secourir toutes les souffrances, de rendre l'activité à toutes les transactions, et de répandre les bienfaits du crédit à tous ceux dont le travail augmente les richesses.
Concitoyens, vous pouvez compter sur le dévouement inflexible du Gouvernement provisoire; laissez-lui l'orgueil de croire qu'il peut aussi compter sur vous.
Les membres du Gouvernement provisoire,
DUPONT (de l'Eure), CRFJIIEUX,
LAMARTINE, LOUIS BLANC
MARIE. Ferd. flocon,