X.e Populaire
Ce ircsl pa.s la uiniliplirilc ijes journaux qui foraie le niieu.x l'opinion piiblicpio, c'est au contraire leur conCeiilralio.n et Jciir grande publicité, pour former une même opinion, un même sentiment.
Nous allons oriçaniser le Populaire pour qu'il paraisse tou."!
les juuis ou du moins tous les deux jours.
Nous appellerons la collaboration des dcrivains démocrates, socialistes, icariens.
Les articles principau.\ seront signes parleuis auteurs.
Le Populaire sera porté aux abonnds, vendu, cric, lu en commun.
IS.ous organiserons deg porteurs, des crieurs, îles lectouis.
Ccu.\ qui voudront porte)', oy ci-icr et vendre, ou lire, soyt invités à se faire inscrire.
K» 48 hv ropri..\mK.
Le numéro .18 hebdomadaire |)araUra' dimanche 5 mars; il n'a pus paru jusqu'à présent parce que les comunniicatione entre l'aris et liouen oui été interrompues par la deslruction du chenflin de fer et} plusieurs endroits.
La proclamation du Populaire du 26 février a élé répétée par beaucou[) de journaux, par la Démoeralie Pacifique, jiar le Siècle, par le Courrierfrançais, par les affiches républicaines, ])ar le journal la Républiq^te. U'aulru» l'ont annoncées.*
Rénnions.
Nous organiserons dans les déparlemcnl?, comme à Paris, le plue grand nombre possible de Rcuniotis, Icarienucs ou Dé-
• Sic.
mocrati», soit àuu des maisons particulières, soit dans des éta- Llissoments publics convenables.
Nous aurons, à Pjiris, une ou plusieurs fois par semaine, une grande Ilcunion centrale qui dirigera toutes les autres Iléunions Icariennes , et qui correspondra avec les autres Réunions , soit Démocrates , soit Socialistes.
PREMIÈRE «ÉUNIOS ICARIEKNE.
Les Icariens se sont réunis, lundi 28, dans la grande salie de la Piedoule, rue de Grenelle- Saint-llonoré, oii se sont trouvés plus de deux mille citoyens, l'n grand nombre d'autres n'ont pu pénétrer , faute de place.
Toutes les questions urgentes y ont été discutées sous la présidence du citoyen Cabet.
La discussion a été aussi calme, aussi régulière, aussi imposante qu'elle ))ourrait l'être dans des assemblées populaires qui auraient Tliabitude de discyter les aJl'.iires publiques.
Les opinions et les sentiments out élé unanimes, et l'a- .^iressc au (iouverncment pro^ visoiie publiée dans le n" 2 a été l'cxpiesiion de la pensée de la Piéunion.
D'antres questions ont clé écartées, quoique d'un grand intérêt, pour concentrer toute l'attention et tous les elforts sur l'arinenient de la Garde nationale.
DELXliiME RHI'NIOX ICARIENNE.
Une deuxième Réunion ïcarienne a eu lieu hier mercredi 1" mars, dans la grande salle Montesquieu, qui s'est trouvée pleine. Plus de trois mille citoyens s'y trouvaient rassemblés. Une lrenti^\ne d'I-
carienncs s'y trouvaient aussi.
On en avait engagé d'autres, en trèf grand nombre, à ne pas y venir.
L'assemblée a présenté un calme, un ordre, un silence, une attention, une dignité vraiment admirables, qui prouvent que les Icariens sont mûrs pour l'exercice de la Liberté.
Un Bureau a été composé, des Comminsairi's out élé nommés, au vote par mains levées, avec un ensemble et une unaiiimilé qui formaient un spectacle imposant.
La question de rorganisation démocratique et immédiate de la Garde nationale, et celles du caulionnemeiit eUlu limhrj^ pour les journaux, out élé discutées par M. (iabet et décidées unanimement dans le sens le plus populaire.
— Un Icarien ^e Reims, délégué par ses camarades, raconte à l'assemblée les événements dans celle ville :
Plusieurs centaines de malheureux égarés par la misère et cnti aillés par un grand nonibrû de forçats libérés résidant dans cette ville, voulaient briser les machines, incenilicr les manufaclurcs et [liller. Déjà une grande fabrique était la proie des flammes et la garde bourgcdise ne savait comment arrêter le désordre, quand les Icariens, guidés surtout par le correspondant du Populaire, prirent les armes, s'emparèrent de rauloiité, constituèrent une (iommission populaire et provisoire, réprimèrent les incendiaires, protégèrent les propriélés et l'existence de la bourgeoisie, et méritèrent ipie celleci les reconnûl comme les sauv#Hrs4el^cité.
L'as9<!nal>léc. Je son ciUé, accueillit ce ivcil par Jcs applaudi^5cments cl dos acclamations, proclamant iiiic lo* Iciriens Je Reims ont Lien mérité de tous leurs frères cl du Peuple dans toute la France.
— XXiinto, à Tours, à Limogti, à Piriijueu.v, et iirnhabiement partout, les Icariens se sont conduits comme à Reims.
— Presiiuc jMirloul les Icariens font jiartic Jes commissions municipales. — Nous Jonuerons plus tard It^i Jélails.
— .Vu sortir Je cette Réunion, le Dir.'cleur et le Gérant Ju Populaire se sont renJus, à 10 heures, parmi les représentanls des autres journaux réunis dans le bureau Ju Courrier- Français-
Tous ou presque tous élaicnl résolus à protester contre le rétalilissi'ment Ju caulionnement et Ju timbre : mais on JéciJa qu'une démarche pa(.'ifii|uc serait faite iminéjiatcmcnt auprès Ju Goiiverncaient provisoire, jMJur le presser Je révoquer son décret.
On se rcnJit Jonc à l'instant, vers onze heures et demi', tous ensemble, à l'Hùlel-Je-VilIe ; mais, quoique l'un Jes écrivains ait prévenu plusieurs membres du Gouvernement, ou n'y trouva aucun J'eux, et l'on fut obligé J'ajourner la Jémarchc au len- Jemain.
Tout cela est grave, bien grave, extrêmement grave !
THOISikuE IIËL'MON ICARIKNNE.
La troisième Réunion aura lieu vcnJreJi |)rochain 3 mars, à 8 heures précises Ju soir, Jans la salle .Montesquieu.
Personne n'enfrerft (^n'rftêc une carte Jélivrée par le Buieau Ju Populaire ou par les Con>missairi'.s.
Ixs Icviriennes seront aJmises et placées Jans la galerie Ju dessus, sur les chai^e^ qui leur seront léservcos.
Rétablissement du Caatlonnement et da Timbre.
Vuil i euliii un décret qui ré- • Sic
tablil le Caulionnement cl le Timbrt, (jui entrave la liberté
I Je la presse populaire C'est
à n'en pas croire ses yeux !...
Kt les raisons Jotmécs sont plus incroyables encore...
.Mais où v,i-t-on donc? ofi nous mène-t-on ?
Ne désespérons pas cepehdant ! Restons calmes, unis, ralliés autour Jii Gouvcrneintnt ; mais soyons vigilans Cl fermés P'tnr l'éclairer !
Lettre d'Eagène Sae.
MoNSIEUn LE RÉDACÏEtn,
.\uriez-vous la bonté de prêter la publicité de votre Journal d la proposition suivante.
Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments fraternels, EtiiiiNE SUE.
Aux Bordes (LoireO, 28 février 18*8.
Lfs Crèches, les Salles d'Asile, les Maisons de retraite pour les prolétaires incatide* sont aussi des établissements de première nécessité poin- les travailleurs Jesco'nipacîncs: la nature dos travaux agricoles tenant tonte la journée des hommes et presque lonjoiu's les femmes hors et loin dn logis, \ci enfans de tont dgc ne peuvent recevon' les soins qu'ils réclament, abandon rendu souvent pins dangereux encore par l'isolement des Inbilalions.
Nous serait-il permis d'appeler l'atlcntion de noire glorieux et fraternel (Tjuvernenieut Républicain sur cette inq)orlaulc et tirgetrte qno'slion? V.t iTcipi-i rer qu'avec son actif concoms, joint à l'assistance indubitable des municipalités, des [troprictairos et du clergé des cantons, chaque commune sera bientôt dotée de ces trois institutions capitales.
Crèche*. Salle d'Asile, Maison de retraite pour les travailleurs invalides?
Ainsi sérail assuré. 4nm les co*mpagnes, le sort des (fciix âges qui inspirent le plus de
commisération ; V Enfance et la Vieillesse.
EucixK SUE.
— On lit Jans la Reforme :
Un Je no'! cnnip:ilrioles, Jonf le nom e"it bien conini, nous aJresse la lettre suivante :
« Cliors frères Je Paris, ch'Ms frères Je France.
<( Il J a 17 ans que j'élaiH • avec vous, animé par votre courage, parta'.'oarit vos dangers.
« Que je vous trouve hetn-eux J'aVoir pn, l'ctle fois-ci, renverser et détruire la tyrannie !
« Il ne me reSIe qu'un regret on revenant an milieu Je vous, c'est de ne m'y olre (ns trouvé un peu plus tôt pour partager vo? Jnngers.
« .Néanmuins, loule la besogne n'est pas terminée ; nous avons plus que jamais besoin d'union, de concorde et de persévérance pour fonder la R'ipiiMiqne. Je reviens vous a])|iorler le concours d'un citoyen do pins, dont fa longue absence n'a pu affaiblir ses sentiments pour vous.
«50 lévrier 1848.
« BERtllER-FOyTVINE. »
La Réforme ajoute les réflexions suivantes :
Le concoirrs Jn citoyen Berricr-I'"on(ainc entre tous nous est cher : nous avons connu Berrier avant qna l'exil ne l'eût pris, dam fontCS le.'* ha-^ tailles livrées par le |)aiti républicain. Aujourd'hui , nous pouvons lui ouvrir cette France libre pour lai|uellc il a si rudement combattu dans les jours Je la léaction monarchique.
Mais quoique le combat soit fini, quoique les barricades se soient, une fois encore, élevées plus haut que le tronc, comme nous avons à fonder l'égalité, c'est-à-dire les institutions républicaines, Berrier- Fontaine sera loujoms accueilli comme un frère dans la phalange des Démocrates.
Lettre <t'A. Constant.
CrrovEN C^BEr,
Dans un moment où tous les
hommes ik'vom's doivent s'unir, je crois de mon devoir de venir au-devant de vous, parce que, dans les discussions que nous avons eues ensemble, je me suis cru !e plus blessé.
Nous avons eu tous deuï le tort et le malheur de nous adresser des rccriminulioiis et des injures. Vous avez même cru devoir me llélrir, d'après des renseignements dont je vous prouveiai, quand vous voudrez, toute la fausseté. Maintenant c'est moi qui viens vous juier d'oublier ces personnalités mi ■ séiables et qm rétracte le premier les [)aroles de mépris ou d'injure que je n'aurais jamais dû vous adresser.
J'espère que vous voudrez bien donnei' une petite place dans votre journal à la lettie suivante, que j'adresse en même temps à plusieurs journaux :
Citoyen Rédacteur,
Le temps est venu de la vérité et de la justice pour tous, et la réputation d'aucun citoyen dévoué n'est indifférente au pays.
Les réquisitoires du gouvernement déchu, plus encore que l'énergie exagérée de mes premiers écrits, m'ont fait une réputation sanglante contre laquelle je dois protester.
I.c Communisme aggressif et violent n'a jamais été pour moi (|u'une sombre menace et un terrible paradoxe ([u'il était bon d'opposer à l'égoïsme paradoxal des exploiteurs du pauvre.
J'ai menacé les voleurs en habit noirdes voleurs en blouse, sans ju.'-tifier ))our cela les uns plus que les auties. Le Communisme est l'oppose du vol.
Ix's bourgeois viennent de rendre au Peuple ce qu'il avait fait pour eux, en l'aidant à l'aire sa Révolution. Ce sont donc maintenant nos frères.
Du reste, je suis marié, père de famille, et je travaille pour vivre. C'est dire assez quelles sont mes opinions sur les principales questions sociales.
Lors de la manifestation qui a été laite dernièrement à l'ilôtel-de-Ville, j'ai suivi avec attendrissement les bannières de la famille et de l'éducation maternelle. Je ne veux pas (juc mon nom serve jamais de drapeau à l'anarchie et au vandalisme, et je suis le |iremier à déclarer infâmes ceux (jui voudiaient troubler ou déshonorer la né|iiib!ique renaissante.
Le Peuple a des ennemis ; qu'il soit calme, qu'il les surveille et qu'il prête son appui aux hommes dévoués pour éta-
blir un vi'ai Couvernement populaire.
A. Constant, dit l'Abbé Constant.
Mardi, 29 février 1848.
— Le mardi à deux heures, M. Alc.ris Diime.inil, publiciste respectable ]>:ir soixante ans d'une vie droite et pure consacrée au pouple, se trouvait sur la place de la Révolution au moment où les municipaux à pied et à cheval chaigeaient la foule à coups de sabre et de baïonnettes Les soldats profitaient de la panique (]u'ils jetaient presque partout pour poursuivre les fuyards. Seul, M. Duiucsnil résiste au torrent; il se trouve seul au milieu des gardes nnmicipaux qui vont le brutaliser ; mais lui, sans perdre sa fermeté, découvre ses cheveux blancs, les interpelle, et les somme, au nom de l'humanité, de mettre un terme à ces scènes cruelles qui attestent leur lâcheté. A ces mots, les 'municipaux hésitent, s'arrêtent et vont sur un autre point continuer leurs tristes exécutions.
CABET
Directeur du Populaire.
ROBILLARD, Gérant,
Ty(Kigr;iphii' K<^lix Malleste et Cie. nu.' des Doux-Poni'S-Saim-.Sauvciu-, 18.
— i>37 — RÉPL'nLlOllE FRA\ÇAISE.
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, SOLIDARITl':.
C0M311SSI0N INSTITUÉE