DENIS-AUGUSTE AFFRE
par la mist-riconle divine et lu grâce du Siinl-Sié;,'e Apostolique, Arciievèi|ue de Paris;
Au Clergt^ et ;iux Fidùles de notre Diocèse, Salut et Bi^ni^diclion en notre Sf.igneoh Jésus-Curist.
Jamais, nos tri^s-chers Frênes, il ne nous fut plus nécessaire d'implorer la protection de Dieu sur !a France ; lui seul peut inspirer cet esprit de sagesse si nécessaire à un peuple qui est appelé à régler ses destinées politiques, parce que lui seul tient daiis ses »nai/t.s- les peiixées et les paroles des hommes (I)
Nos ilestinéeb ne dépendent ni du hasard ni des combinaisons les plus savantes : « Ce B qui est hasard , dit Dossuet, 0 à l'égard de nos conseils in- » certains, est un dessein con- B cerlé plus haut (-2). »
Qui de nou-;, lorsqu'il a en-
(1) la manu enim illius et nus et sormone< iioslri. Sap. vu, 16.
(2) liLSCours sur rUistoirc universelle.
tendu cet épouvantable coup de tonnerre qui, sans signe précurseur, a brisé en un instant un trône entouré de tant de puissance , n'a reconnu aussitôt le dessein mystérieux de celui qui se plaît à montrer aux Rois que tonte leur majesté est empruntée?
Uuel est le Clirétien qui, après avoir adoré , la face prosternée contre terre, une justice si prompte et si terrible , n'éprouve le besoin de lever les yeux vers le Ciel , et d'invoquer toutes ses bénédictions sur la France?
Bientôt elle va se réunir dans ses Comices pour nommer ses Représentants, qui seront appelés à leur tour i nous donner une nouvelle Constitution; n'oublions pas, N. T. C. F., qu'au-dessus de toutes les assiiinblées législatives, il est un Lér/islateur suprême qui seul fait prévaloir des lois justes (I), parce
il) Pcr mo... logum conditorcs jusia dcrern'int. l'rov. vm, 15.
que seul il peut mettre dans les consciences un désintéressement, un amour de la justici' et de la viaie liberté supérieurs à toutes les passions liumaines.
Invoquons cette sagesse qui abandonne si souvent les trônes lie la terre, mais qui, de toute éternité , est assise a côté du trône du Créateur desmondi's (I). Invoquons-la pour qu'elle inspire nos Représentants; invoqiions-la surtout pour qu'elle delénde leur œuvre, si elle est digne du grand cœur de la France , contre les intérêts méprisalilis qui e.vNaieront peut-être de la pervertir.
L'équité dans les lois, l'équité dans les magistrats ijui les interprètent ou les font exécuter, la soumission sincère dans tous les citoyens, soumission inspirée par un grand amour de l'ordre, le courage civique qui défend la
'I) S<!diiim tuarum assislricem sapieiitiam. Sap. ii, k.
société au péril de la vie, soûl des dons de Dieu, car (oui don parfait vienl de lui (1). C'est donc vers celte source inépuisable de tous les bons sentiments et de toutes les vertus que nous devons élever nos cœurs avec un tendre amour et une confiance inébranlable.
Ne nous demandez pas, N.
T. C. F., -si nous foimons d'autres désirs. Après avoir conjuré l'Esprit saint d'éclairer une nation dont les destinées nous sont m chères, nous ne formons plus qu'un vœu qui résume tous nos vœux, tous nos sentiments, un vœu qui s'échappe de notre cœur comme un cri d'amour et d'espérance. Ce vœu qui est unique, nous en prenons Dieu à témoin , est le salut de la patrie. « Le salul du peuple, » voilà la loi suprême, disait » pn (le nos prédécesseurs en » 1789 (2), voilà le premier >; principe et comme "la fin » dernière de tout gouverne-
» ment juste Comment,
» en efTft , la sagesse et la » bonté divine auraient-elles » pu sacrifier le "bonheur de ) la multitude des bommes à » la gloire d'un petit nombre » d'heureux? En donnant des » chels au peuple. Dieu à pré- » tendu lui donner des pro- » lecteurs, llavoulu, suivant » la sublime parole de Jésus- )) Christ , que les premiers » d'enlre les hommes fussent » les serviteurs de tous (ô). »
Entendez-vous, i\. T. C. F., cette élonrtr.nle parole que les /)rc»ijer.ç,c'e,'.i-à-direquetous les chels de nations, quelle que soit la lornio du gouvernement, aient la modestie, lu dévouement , la" probité de
(1) Omne iJonum perfeclum desursiiiii est, desccndens à Pâtre lurainurn. Jacob, i, 17.
(2) M. de Jiiijîni';.
(3) Qui voluerit inicr vos prinuis cssc, cril vcster scrvus. Mallli., XX, 27.
bons serviteurs? de là vient cette expression admirable de service public pour désigner les divers emplois de la magistrature, de l'armée et de î'aiimiui.stralion.
Et nous, vos Pasteurs, nous sommes plus que tous les autres vos serviteurs pour le besoin spirituel de vos âmes; noire Pasteur suprême à tous, le ï^ouverain Pontife, s'honore comme du plus beau de ses tilres d'être le Serviteur des Serviteurs de Dieu.
Remarquez, iN. T. C. F., que, hors du Christianisme, eu aucun temps ni en aucun lieu la condition du pouvoir n'a été ainsi envisagée. Parcourez toutes les pages de l'anliipiité i)aïenne, transportez-vous dans les régions dont les gouvernements ont échappé jusqu'ici à l'influence de l'Evangile, vous y chercherez eu vain l'idée si magniliquemenl réalisée par leSauveur des hommes.
Après l'Evangile, écoulons le plus grand docteur de l'Eglise : « Ceux qui commau- » dent, ditsaint Augustin, ne » doivent pas le faire par la Il passion de dominer, mais » pour servir les intérêts pu- » blics; tel est l'ordre de la » natuie ; ainsi Dieu a consli- » tué le gein'(! humain (1). »
Ri'marquez ces dernières paroles : Tel est l' ordre prescrit par In nature , telle est la consliluliun du (jcnre humain. Ce \)\'>l (loue pas une opinion contestable ; c'est le plus certain de tous les droits.
Si les gouvernements païens l'ont méconnu, c'est qu'ils ont mécoimii le fonds, l'essence môme do notre nature. Voilà ce qu'enseigne saint Augustin qui fut , au cinquième siècle,
(1) Non domin.indi ciipiditatc imppiant, sod ridicio consulendi, liaec naliiralis ordo pricsciibit; sic IJ(;us liouiincm condidit. I)t civit. Dei.
l'oracle des Conciles, le vainqueur de toures les hérésies, l'autorité la plus iniuosanto pour les théologiens (les siècles suivants; il ne fait, du reste, qu'exprimer un principe qui résulte des dogmes fondamentaux du Christianisme, de sa morale, de sa discipline, de son cnlle.
De ses dogmes d'abord :
Il vient i:ire aux liomiues ce qu'on "ne leur avait jamais dit : Vous êtes des frères, parce que vous av( z au ciel un Père commun, un Père dont vous êtes les enfants par droit de création et par droit de régénération. Un frère, s'il est investi d(! (juel(]ue autorité, ne peut dominer, il ne peut<]u'aider et servir.
Vous (levez vous aimer, a dit encore Jésus-Christ; or l'amour porte à servir, à se dévouer, à faire les plus héroïques sacrifices.
Noire culle cl notre discipline n'élanl que l'expression des dogmes et de la morale du Christianisme, ne (leuvent qu'inspirer les mêmes sentiments à lous ceux qui sont animés de son esprit.
En interrogeant l'hisloire, N. T. C. F., vous trouverez sans doute que cet esprit n'a pénétréqueleuteiuenleld'uiie manière presipie insensible dan^ la C(uisliluliou des Etals :
mais remarijuez bien (|ue la mission de l'Eglise n'était pas d'imposer par la foreo une doclrino ijui ne devait faire verser li'autre sang que celui de ses Apôtres et de ses Disciples.
Dieu , maîlrc absolu do l'homme qu'il a lire du néant, a voulu respecter sa liberté; il fallait donc lui per.'^uader de faire un bon usage du pouvoir, de la fortune, fil do dompter ses passiiuis: quand on connaît la nature de notre cœur, on comprend que celle
(Bdvri^ devait ôlio bien longue au ^rô de nos Libles juj;eiiionls; mais Dieu est plus palietU t\i\a nous, parce qii^l fsl éternel.
N'oublions pas que dans les desseins de Dieu , riiomrae riyùm'^ié par l'Evangile devait clienlitT avant tout un royaume éternel. Mais, ciioso admirable ! en poursuivant ses immortelles destinées , rhomnie a rencontré ce qui fait la véritable prospérité ues sociétés politiques.
N'oublions pas enlln que Jésus-Christ, en déclarant que son royaume n'est pas de ce inonde, a déclaré par-là nièmé qu'il ne cuniuiandait et ne proscrivait aucune l'orme de ^uuveineiuent. Saint Paul s'est borné ;i dia* i tous ceux qui gouvernent qu'ils étaient ministres de D'eu pour le bien des peuples (I).
L'K^.i-e , liérilièrfi de cet esprit, a vécu sous l'empire romain, sous les monarchies el les républiques ilaliennes du nioyen-ige, elle vit encore sous la conlédéralion suisse et sous les gouvernements démocratiques de r.\mérique du Nord et du Midi. Il est inouï que jamais le Clergé de ces contrées ait manifesté la moindre opposition à cette forme de pouvoir, ait montré pour elle moins de dévouement que les auiros citoyens; mais partout soumis, il redit partout, après ^aint Paul, aux rois absolus comme aux présidents des ré|jub!ii|ues : Vous êtes les ministres de Dieu pour le bien des hommes.
Si sous notre ancienne monarchie nous n'avons jamais pensé à demander une constitution démocratique , c'est parce que la France n'y avait jamais songé depuis le jour "ù Clovis fonda son irOne sur »
P Dei cniin minUler est libi in boauai. /ioRi. XIII. (.
un des débris de l'Empire romain. Cependant , l'esprit de liberté inhérent au Christianisme se manifeste îi chaque instant pendant cette longue durée do quatorze siècles ; a défaut de lois politii]ues, il respire dans les mœurs de la nation et surtout dans les mœurs du Clergé ; nos anciens Etats-généraux étaient formés ;\ l'imitation de nos Conciles. Lorsque nos anciennes assemblées politiques, réunies à de longs intervalles, restent muettes, l'Eglise se fait encore entendre ; elle proteste dans le temple contre tous les genres d'oppression ; elle parle, par l'organe de ses Evéques, à des rois dont la constitution de l'Etat ne déterminait pas la puissance, mais qui étaient obligés de la modérer sous l'empire de la loi évangélique.
Personne n'ignorait rclte loi; tous, pauvres et ricTies, faibles et puissants, la vénéraient comme la première des lois.
Nous ne vous dirons pas que, depuisle seizième siècle, l'effroi causé par des innovations qui remuèrent prolondément toute l'Europe n'ait pas souvent conduit nos ancêtres ii entourer le trône de dangereuses adulations; que l'amour de la liberté n'ait pas souffert de la crainte inspirée par les périls de la religion et du pouvoir qui la proli gcait :
et cependant quelles leçons n'ont pas lait entendre au plus absolu (les monarques, et le grand Evéque de Meaux, et l'illustre Archevêque de Cambrai ! Quel langage que celui que tient MasMllo'n à Louis XV et i une cour énervée par la mollesse , pervertie par l'impiété !
«Les grands, dit-il, seraient 1) inutiles sur la terre, s'il no «s'y trouvait des pauvres » ei des malLeureux; ils ne
» doivent lenrélévalion qu'aux D besoins public; el loin ipie » les peuples soient fail'^ p^ ;;r ^ eux, ils ne sont eux-mêmes ■ ce qu'ils sont que pour les » peuples... Dieu se décharge I) sur eux du soin des faibles D et des petits : c'est par h'i » qu'ils entrent dans l'ordre » uc la sagesse éternelle. Tout » ce qu'il y h de réid dans B leur granili'ur, c'est l'usage D qu'ils en doivent faire pour » ceux qui souffrent. C'est le » seul trait de distinction (pio » Dieu ail mis en eux... Ils B perdent le droit et le titre » qui les fait grands, dés qu'ils B ne veulent l'être que pour » eux-mêmes (l).»
Les autres orateurs chrétiens expriment des sentiments analogues. Quel est le magistral, le publicisle, le philosophe qui eût tenu ;1 celle époque un langage aussi favorable à la liberté du peuple, aussi respectueux pour l'éminente diijnilé du pauvre (iVi
Lorsque le petit -fils de Louis XV convoqua, soixantedix ans plus tard, les Etats- Généraux el r.\ssemblée nationale, aliii de consacrer nos libertin par uneCoiistitulion, le C'crgé leur fut au moins aussi favorable que les autres classes do la .société.
C'est ici, N. T. C. F., que nous vous demandons, non plus seulement d'être attentifs, mais de méditer sérieusement, de discerner en l'absence de tout préjugé, et avec la rare inlelligente qui vous caractérise, l'histoire vérilabjc de celte -époque , que des récits intéressés et mensongers ont si souvent obscurcie.
Si vous la consultez avec cette parfaite impartialité que ne manquera pas de vous inspi-
(I) l'clit a-iréme de Massillon, VI» Diiiiaiicli'!.
(2; TUre d'un SLMinrjii ilc |tf.<siiet.
nx la droiture de vos âmes, voi;s demeurerez convaincus que de belles, de grandes lilierléseussent alors triomphé, si pour leur malheur elles n'eussent tunivé de redoutables ennemis dans ceux qui aspiraient à la proscription de notre culte et de notie loi.
Notre première République succomba par l'excès de sa tyrannie, et elle fut tyrannique, parce qu'elle ne bit pas chrétienne. Le Christianisme lui aurait fait respecter la liberté individuelle, l'autorité paternelle, l'unilé conjugale, les biens, l'honneur et la vie des citoyens; l'engouement pour des systèmes impies lui lit méconnaître ces bases Ibndamentales de lout ordre social, plus que ne le lit jamais la royauté la plus despoticpie.
Nous ne voulons pas vous flatter, N. T. C. l'., mais nous ne pouvons nous empêcher de vous bénir, vous (pii, sur les débris encore bimants du pouvoir qui vient de" tomber, avez montré un respect si profond pour les droits de ce RIaitre souverain qui apprend aux rois d'une manière si digne de lui, qu'ils doivent user de leur puissance, comme il le fait lui-même, pour le bien du monde (I).
Sous l'Empire qui porta si loin la terreur do nos armes et la gloire du nom trançais, la liberté eut beaucoup à soullrir, parce que, malgré le rétablissemi.'ut des autels, l'un des actes les plus glorieux de cette époque, la politique générale de Napoléon lut moins inspirée par un sentiment chrétien que par un intérêt personnel. Le même égoïsine changea les partisans ardents de la démocratie en des instruments dociles d'un règne tout à. la fois si grand
(1) Bossuet.
et si despotique. Qui osa donc lui résister? un faible vieillard assis sur la chaire de saint Pierre , et l'Episcopat français, qui protesta en faveur de la liberté et des droits du chel de l'Eglise.
Vous connaissez le sort de nos libertés sous le gouvernement constitutionnel qui nous régissait depuis trentequatre ans ; mais peut-être n'avez-vous point assez lemarcpié les motifs de l'isolement du Clergé, que beaucoup de personnes ont confondu avec une hostilité qui n'a jamais existé.
Tout le monde protestait de son amour pour la liberté ; mais', nous vous le demandons, avait on pour elle un amour sincère? l'aimait-on avec un parlait désintéressement? Ceux qui tenaient les rênes du gouvernement se plaigiKiieiit*toujours qu'elle était trop étendue, et s'efforçaient de la restreindre , tantôt par la jurisprudence, tantôt par^ de nouvelles lois. Les diverses oppositions, une fois arrivées au timon des anaires,s'empressaicut à leur tour de circonscrire dans d'étroites barrièrescetlemèmelibertéqu'ils voulaient naguère sans limites, tandis que ceux que la fortune avait précipités du haut de sa roue, invoquaient le droit qu'ils venaient de maudire , et qu'ils avaient voulu enchaîner.
L'égoisme n'a pas été moins liiiiesle aux libertés eommerciales; elles ont toujours été en guerre , les unes pour demander, les autres pour repousser des entraves au libre écliangi'. Que pouvions-nous faire de mieux que de rester étrangers à ces conflits qui ont rempli les trois derniers règnes? Quels dangers pour noire ministère si nous n'avions abandonné le Ihéàlre de
cette lutte incessante, pour nous élever dans une atmosphèrf> plus pure, plus inaccessible aux orages?
Cependant il est une liberté que nous réclamons depuis dix ans; elle est la plus naturelle, la plus vitale de nos libertés, celle qu'il nous convenait le jilus de solliciter, parce qu'elle est essentiellement morale et religieuse, et que notre ministère , noire culte, notre enseignement, les intérêts les plus élevés de la famille et de la société tienneut à cette liberté par mille liens. En réclamant la liberté d'enseignement, nous réclamions im|iliciternent lalihei'té rie conscience ; nous demandions que si le symbole chrétien , ce symbole de dix-huit siècles, cette expression abrégée de la foi de tant de grands hommes et de tant de peuples, n'était pas le symbole exclusif de nos écoles , on n'imposât pas aux pères catholiques et à leurs enfants des symboles anti-chrétiens, c'est-à-dire des systèmes philosophiques qui naissent et meurent depuis quatre mille ans. e{ qui, à peine nés, sont marqués de tous les signes de la décrépitude. Des observations aussi simples suffiront, nous n'en doutons pas, pour faire cesser le préjugé funeste, que nous sommes hostiles aux libertés politiques. Nous n'avons ()oinl aimé celles qui étaient proclamées par les oppresseurs de l'Eglise et de la patrie , celles ipie foula le pied d'un conquérant, celles enlin qui n'ont jamais été qu'un instrument d'anibition et de cupidité. Nous aimerons celles qui vont bientôt triompher, parce qu'elles auront pour but de proléger égalemept tous les droits, et de donner à tous les mcmbr'es de la grande famille, non pas un
l)orilieur cliimWque dont on nous a tant de l'ois liiTcés, maisloul le bonheur que pi'ut goùler une nation puissante, sous des lois et un gouvernement iiarlaitement justes. En forniant ce désir que nous sentons au loiid de notre cœur avec une énergie impossible à vous exprimer, nous demandons au Dieu (pii seul peut en assurer racconiplissement, île le bénn- et de l'exaucer. Demandez-lui avec nous la mè- , nie fïTilee, alin que le Peuitle français cberctie à défendre les Iraiicliises dont il est si jaloux, moins encore par l'iiscendant de son génie et la force de ses armes, que par ses vertus chrétiennes. Elles doivent élre d'autant plus grandes et plus généreuses, que notre impétuosité naturelle sera moins contenue par l'action des lois et du pouvoir.
Peuple de Paris, nouveau Samson, il t'a sulii de secouer un inslant les colonnes il'un immense édilice pour en faire un monceau de ruines : souviens-toi qu'il te faut encore plus de force morale pour conserver la paix el la liberté à ton illustre cilé. Souviens-toi que ton incomparalile courage, que nu' peuple n'aégalé, ne saurait te sauver sans le secours de Dieu (t). Invoquons-le donc ce Dieu qui a fait à la France une si hère part dans le monde. Qu'elle interroge ses annales, elle y apprendra (juece qu'elle a été par son induiuptable valeur,
(1) Nisi Uominus custodicrit civitalcm, (rusira vigilat qui castodit eam. J't. Iî6, 1.
par sa généreuse assistance à tous les peuples opprimés, par les beaux génies qui élevèrent si haut sa ^Moire dans les sciences, la littérature, les arts, elle le doit au Dieu des chrétiens, h ce Dieu que nous vous conjurons d'implorer aujourd'hui, alin que sa lumière nnus éclaire, que sa force nous soutienne, et que sa hénédietion, une fois descendue sur nous, demeure à jamais.
A CES CAUSES, après en avoir conféré avec nos vénérables Fières les Chanoines et Chapitre de notre Métropole, nous avons ordonné el ordonnons ce qui suit :
Article I".
Le Dimanche ipii précédera les élections générales, on chantera, avant la Grand'- Messe, dans notre Eglise métropolitaine , et dans toutes les autres Eglises et Chapelles de notre diocèse, l'hvrane Ff>ij Creator, avec le verset el l'orai.-on du Sainl-Esprit.
Le soir, nu Salut, on ajoutera aux prières ordinaires le l's. «(j, Deiis misereatur nostri, etc. ; le verset Memoreslo cotujregatiouis tuœ, etc.; et l'oiaisoii Ad cof/nnsrciidam voluntatem Dei, ii" 20 ; l'aiilieniie Sub tuum praesidium , etc. ; 11' verset Ora pro tiobis, sancta Dci rjcnitrix, etc. ; et l'oraison Proterje. Domine, fmnulos (uos subiidiis jKicis, etc.
Art. 4. -
Les mêmes prières auront lieu le Dimanche qui précédera l'ouverture de l'assemblée nationale.
Art. T>.
A commencer du jour de l'ouverture de l'Assemblée jusqu'à sa conclusion, on dira à toutes les Messes, la Collecte, la Secrète et la Postcommunion de la Messe votive duSaint-Espril.
Et sera notre présent Mandement lu au Prt^ne de la Messe paroissiale , dans les Eglises et Chapelles de notre Diocèse, le dimanche de la Quinipingèsime ; publié et aflietié partout où besoin sera.
Donné à Paris, sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre-seing du Secrétaire de n(itre Arciievèchè, lo 3 mars ls48.
9, DKMS, Archevêque de Paris.
Par .Mandement de Monseigneur l'Aichevéquc,
Pecquet, Clian. Hon. Secrél.
Nota. On continuera h chanter la priùic pour le Goiiverneinenl, tellequ'elleaéti5indi(iiiéeàMM.Ies Curies par le derniei- avis (|u'ils ont rei;ii. On ajoutera au Salut le V, Salvum fac pupulum lituiii. Domine: R. i:i benedic hœretlilali luœ.
.MM. les Ciird's auront leniarqué que ravis concernant le drapeau à placer sur les (!diliccs publics, i|ui est d'ailleurs aïKlientiiiu.-, a fulii dans sa forme (iuiMi|nc modification ; cela tient à ci; qu'il n'est pas sorti des presses de notre imprimeur, et que nous n'avons pu ie revoir avant sa publication.
Nota. Nous invitons MM. les Curés à lire à l'olIiC(! du malin ou du soir de l'un des Dimanches de Carême, le beau Mandement que .Mgr l'Evèquc d'Orléans vient de publier contre les romans Nous avons prié le Pré!at d'eu faire déposer un certain nombre d'exemplaires chez il. Le Clere, notre Imprimeur, rue Cassette, 29.
Paris. — Imp, d'Adrien Le Clere et Cornp., imprimeurs de N. S. P. le Pape ei de Mgr l'Archevêque, rue Cassette, 29, prés Saint-Sulpice.
MA1\IFESTE
DES
.SOCIÉTÉS SF.€i^fES