‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 173 sur 295 · RÉPUBLICAINS · texte numérisé non relu

RÉPUBLICAINS

L'organisation de nos sociétés secrètes date de 1815. Alors il fallait renverser un ])onvoir odicnx; nous poursuivîmes ce but sans relâche. Les persécutions, l'exil, la prison, l'échafaad, loin de nous abattre, ne firent qu'accroître notre énergie. Bf.rton, Bories, Valée, Caron, ces glorieux martyrs, payèrent de leur sang leur dévouement à la sainte cause de la Lil)erté. Notre infatigable persistance amena h; triomphe de 1830. Mais le Peuple ne sut pas profiter de la victoire. La bourgeoisie releva le trône. Nous dûmes donc nous remettre à l'œuvre ; cette fois, une double mission nous était imposée : l'établissement de la forme républicaincetla fondation d'un ordre social nouveau. Ainsi le 26 février, nous avons conquis (a Répuhtiijuc ; la question politique est résolue. Ce que nous voulons maintenant, c'est la solution d(^ la question sociale, c'est un prompt remède aux soulfraiices des Travailleurs ; c'est enfin l'application des principes contenus dans notre déclaration des Droits de l'Homme.

DECLARATIOI^ DES î>ilOïTS.

Le but de toute Société est le maintien des droits naturels et imprescriptibles de l'homme ; en d'autres termes, la réalisation de la formule républicaine :

LinKRTlî, EcAMTK, rcATK RNm':.

Le premier droit de l'homme est le droit de vivre.

Ce droit en implique un autre, celui de l'entier développement et du complet exercice des facultés physiques, morales et intellectuelles de l'homme; c'est ce droit qui conslilue la liberlé.

La Liberté est égale pour tous.

L" droit de se réunir, de s'associer, de manifester ses opinions philosophif|ues. politiques et religieuses, est la conséquence nécessairr- de la Lilx^rfé.

Le travail est une des conditions de la vie de l'honnue, la Société doil i\\\ travail à chacun de ses Membres, et des moyens d'existence à ceux qui sont hors d'étal de travailler.

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IMus (lo l'aiivri's sous la 1\< publiqui".

L'Aj;i inillim-rl l'Incliisliii', ccstU-ux glandes sources du bicn-élre des peuples, nii'riteiil loule la soiliciluilr de l'iMal.

La propriélé est le droit individuel ou eolleclif d'user de ce que l'on possède.

(le droit est subordonné à l'intérèl de la Société, et doit être réglementé par la Loi.

Le Revenu «le la propriété, ainsi (pie le l'rodiiil <lii IravalL sont soumis à l'Impôt.

L'impôt doit être progressif, c'esl-à-dirc qu'il doit croître en raison du superflu, et ne jamais atteindre le liéeissaire.

La Société doit à tous ses Membres l'i (lucation pliysitpie, morale et inlellectueile.

N«d ne peut être soustrait au bienfait de l'éducation publique.

L'Lnseigncmenl doit être gratuit pour tous.

La loi est rexjiression des rapports sociaux.

Elle ne peutael^c établie et maintenue que par la volonté du Peuple.

La Justice est la gardienne des lois, des droits et des devoirs.

La .Justice doit être accessible à tous et rendue par les élus du Peuple.

Le Peuple est seul souverain.

La Souveraineté est indivisible et inaliénal>le.

Le Gouvirnemenl n'existe et n'exerce son pouvoir qu'en vertu de la délégation du peuple.

Tout citoyen est électeur, tout citoyen est éligible.

l'out citoyen est admissible aux fonctions publiques.

L'Armée, c'est le peuple organisé pour la défense doses droits et de son territoire.

Elle se compose de tous les citoyens en état de porter les armes.

Tous les hommes sont frères.

La fralernilc est le lien moral des peuples; elle établit entre eux la solidarité, la communauté de tous les inli'réts.

Tout Gouvernement qui viole les principes éternels d'Egalité, de Liberté q\. de l'ratcrnilé, est l'ennemi des peuples. L'insurrection contre lui est le plus saint des devoirs.

A l'œuvre donc, Frères !

Le monde nous contcmpli" ! A nous d'assurer le présent et de fonder l'avenir, l nissons-nous. Serrons nos rangs pour la lutte électorale qui se prépare. N'oublions jamais (pic ceux qui ne sont pas ouvertement pour nous sont contre nous: point de transaction possible entre les soutiens du piivilége. aujourd'liui dt'guisc's en républicains, et les fervents apôtres de la démocratie. INotre tâche est immense.

la Traiiro n'est pas soiilo à nous clcmandcr son salul. Quo nos aspirations sV-tcn-

diuit au-di'là des limites de la patrie! Tous lis Peuples sont Frères, et chacun

, d'eux doit avoir sa part dans nos pensées de régénération.

Au nom de nos Frères, IS'ous, Membres des dernières sociétés secrètes:

Roussel (Prosper), Marchand,

Gahaigne, .Tourdan,

Dorgal,

Béchet,

Boivin,

Dicumcgard,

Arago (Etienne), Ledoux (Joseph),

Bernard, Palanquc,

Leroux,

Gallois,

Juin,

Rocher,

Desnioulin,

Gosnier,

Albert,

Ducoùdrav,

Montniahou,

Pilhes,

Caussidière,

FayoUe,

Baland,

Sominerat,

Flocon (Ferdinand),

Dessaigne,

(irandménil,

Desmaisons,

JV Héritier (de l'Ain), Foix,

Barhier, Détis,

Diigrosprez, Lccliallier,

Bulot, Boileau,

Voirnier (Victor),

Zarnmaretti,

Gailand, Pornin,

Laugelot, Laniolte,

Vilain,

Mandriérc,

Veinante,

Etc., etc.

Sans nom d'imprimeur. (Note fies Editeurs.)

RÉPIBLIQUE FilAKÇAISE.

LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATJiRNITÉ.

T,c secrétaire général du Gouvernemei

it provisoire, chargé de l'exéculion du

di'cret relalil aux funérailles des citoyens inoils jioiir la Réjmbliipie, ilonnc mission au citoyen Martin-Bernard, condamné politique sous le règne de Louis-Philippe, de s'entendre avec les condamnés poliliipie.s à rellet de nommer deux délégués pour les représenter dans la cérénionie ilii /i mars LS/|8, et de désigner à tous les autres la place qu'ils devront occuper dans le cortège. Paris, le 3 mars 18/i8.

PAGNERRE

Iniprimerie VlNCIION, rue J.-J. Rousscati, 8.

Pa>i« — IiDpf. LAoocn ET c rue SoafOot, **

Edilioii populaire el complète d'un livre qui a longtemps empêche Louis-Philippe

de dormir.

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