‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 248 sur 295 · DICTIONNAIRE HISTORIQUE ET RAISONNÉ DES GRANDS HOMMES · texte numérisé non relu

DICTIONNAIRE HISTORIQUE ET RAISONNÉ DES GRANDS HOMMES

Par MM. AnNAULT. Joiiv, etc. (t821).

« Boudin (J.-A.) fut nommé, en septembre ITO'i , membre à la Convention nationale par le département de l'Indre. — Homnic probe et désintéressé, il n'embrassa les principes de la Révolutioir qu'avec beaucoup de modération ; cependant, par une extrême confiance dans ses idées plutôt <[ue par le désir du mal, il lit quelquefois des motions cruelles. — Dans le procès de Louis \V1, il vota la détention, le bannissement et le sursis, — S'étanl peu fait remarquer avant la clintede Robespierre, il garda même le silence jus(ju'eu novembre 1794; mais lors de la mise en accusation de Carrier, il voulut qu'on soumit à la Convention les pièces relatives au terrible comité de Nantes, et demantlii ensuite la mise en arrestation de tout prêtre qui se trouverait sur les lieux où éclateraient

— as7 —

des trDul)lfS. 1a' 7 iJéofiMl)re. il Ih siispciulrt* les décrois de luisi- horg Lu loi ; el !or>(|ii on s'occuj).! di- rt-xaincii des romiti-s révolutionnaires, il se joi^'uit à roux qui proposèrent louhli des «li-lits poiilicpies. — u Si nous U(; vous arielez. disait • M. Boudin, la Cuiiveutiou luilionale ne reulériuera ImciiIi»! plus ;pie des uc- « vueés, des accusaUuis et des iuj,'es. — .le conviens (pie des mesures ati'otes « ont été prises par les aiM'iciis eoiiiites. et je in'aecusi- haulcineut de n'avoir « pa* su luutirir pour m y opposer ; cependant. »pie ceJui <pn m' croit exeiupt « de tout ri'proilie puliti(pie se lève, et nie jette la preiiiicie pieriv. » On le vit autsi se proiioucer lort(wiient contre Uaribou-Moniaul . tpi'd ac(;usa. d'avoir fait rejaillir sur les deput<V It; saiifj des uiailieiirenx qu'on e\(''culait sur la place de la Ué>ululii>n. eu ( oinluisaut la Coineiilii)u au pieil tie reclialautl. — Léo piiii, M. r>oudin lut de nouveau élu au comité de sûreté j; •iiériile; il deaiaiida <pie les assemblées électorales fussent chargées de la réduction du tiers des umiulires de la Coiivenlion. — \ouinn''. le '.> janvier 17'.>C>, membre «lu conseil des (■.inq-Oents, il iil une motiou >ioleute contae les parents d<U)i^'rés. et peu de temps après contre les prêtres réfraolaires ; ensuite il demanda des mesui'es de rigueur jiour forcer le» réquisitioniiiures a icjoindre li-s <lrapeciu\. — Le 30 aiuit, \oiilaut s'opposi>r à l'aunnlaliou du jugement qui condamnait M, Vaublanc à mort, comme vendémiairiste, Al. Boudin s'éca-ia qu'il était bien aisé d'être indulffénl à ceux qui n'avaient pas été assic'f,'» s et canomu>s le 13 vendémiaire. — Ku t'vrier 17*J7, il donna su tlénli^siou. — Ce fut le terme de sa carrière politique. •

liiiC. l'aifl Dii|'>nt.

AUX ELECTEl ns Ul DHl'ARTKMENT DE SEI\E-ET-OISE.

CIIERS CONCITOYENS,

La Souveraineté du Peuple est en même temps un fait et un droit.

C'est un fait : car quelle force humaine peut résister à la puissance du Peuple?

C'est un droit : car la raison , le sentiment de ce qiù est vrai et de ce qui est juste, qui sont choses communes à tous, ne se conservent toujours purs que dans la masse de la nation. In individu, si {^rand qu'il soit, ime classe d'iionimcs, si éclairée qu'on la suppose , a ses prrjui,'és et ses systèmes qui lui obscurcissent la vérité, ses intérêts et ses passions qui la détournent de la justice. La Nation, prise en son entier. n"a et ne peut avoir d'autres idées que celles de la raison universelle, d'autres intérêts que ceux de tous, d'autres j)assions que la passion du bien commun. Elle est inaccessible'à l'erreur, parce qu'elle demeure étrangère aux subtilités de raisonnement; incapal>lc d'égoïsme, puisqu'elle est tout le monde.

Il suit de là que la BÉPUBLIOUE est la seule forme de gouvernement raisonnahle et légitime, parce (pie, seule, elle est l'application, dans toute son étendue, du principe, désormais sacré, de la Souveraineté pdf)uiaire. Point de dignités héréditaires, point de pouvoirs perpétuels; tout à l'élcclion, à l'élection de tous

sans cesse renouvelée ; partant , point de volontés rivales, s'élevant contre la volonté de la Nation , voilà la République.

11 s'ensuit encore que la République , née des révolutions, dont on invoque contre elle les excès, est au contraire le seul gouverncnienl qui écarte à jamais les révolutions et leurs terreurs. Elle les rend impossibles , en les rendant inutiles. D'abord, dans la l\épul)lique, le Peuple n'a ])as d'ennemis; ensuite, s'il lui en naîl. il les écrase par un vote pacifique. Qui voudrait recourir aux armes, quand une boule lait l'aHaire, et verser le sang, quand im peu d'encre suflit? La niajorité est donc toujours sûre de triompher pacifiquement, comme il est juste; el la minorité, vaincue, n'est pas pouç cela opprimée ; elle possède, par la liberté sans limites que la République accorde à la parole, à la presse, aux associations, le droit de tenter et de faire des conversions, et le pouvoir, quand elle sera devenue majorité, de l'emporter pacifiquement, à son tour.

I.a République n'attente pas plus à la propriété qu'à la vie et à la liberté des citoyens; elle ne détruit que les privilèges. Or la propriété a cessé d'être un privilège, depuis qu'elle a cessé d'être la source et la mesure de la capacité électorale. En cessant dèlre un privilège, elle est restée un droit, un droit sacré, celui du travail, dont elle est très souvent le fruit, l^a justice serait qu'il en fût toujours ainsi, et que le travail, joint à l'économie, pût toujours mènera la propriété et au bien-être. La République le veut, et })our cela, non-seulement elle assure de l'ouvrage à tous les travailleurs indigents , mais elle veille à ce que les salaires soient justement répartis, et proportionnés, non plus comme autrefois, à l'éclat des titres et à la dignité des emplois, mais à la difliculté et à la dureté de la tâche. C'est ce que la République appelle organiser le travail. Dans celte organisation, elle n'oubliera pas plus le travailleur des campagnes que l'ouvrier des villes; elle allégera les charges du cultivateur, en les reportant sur le propriétaire inactif de la terre, afin que le premier puisse peu à peu déposséder le second, sans violence, et par la seule force du travail persévérant.

Voilà comme j'entends ces trois grandes et nobles paroles, LIRERTÉ , ÉGALITÉ, l'RATÉRMTÉ.

Liberté, c'est le droit pour tous, pour les minorités les plus restreintes, comme pour les majorités triomphantes, de jienser. de dire, d'enseigner el de faire loul ce qui ne porte pas atteinte aux lois éternelles de la morale.

Égalité, c'est avec des droits civiques égaux, l'égale possibilité pour tous, petits et grands, d'arriver à tous les emplois, aux fonctions les plus hautes , législatives, politiques ou administratives, à la fortune anssi et au bien-être, par le travail et h^ mérite.

Fraternité enfin, c'est cette universelle et cordiale miion, qui fait d'un peuple une famille où les forts protègent les faibles, où les riches secourent les pauvres, où le maître, au lieu d'opprimer rouvrier,.lui tend la main pour l'aider à s'élever jusqu'à lui.

La foi profonde et réfléchie que j'ai en ces principes, rinél)ranlable résolution que je sens en moi de les défendre, me donne, à défaut de litres éclatants, la hardiesse de me présenter aux suffrages d'un département avec lequel j'ai , par mes antécédents et ma fîUiiille, des liens anciens et solides Ce serait le plus grand honneur de ma vie, si j'étais appelé par vous à soutenir dans l'Assemblée

nationale les idées aujourd'hui victorieuses que, comiui' professeur, j ai toujours travaillé à inculquer à vos enfants , c|ue conune écrivain j'ai proclan)ées, avec toute la force qui était en moi. alors qu il n'était ])as sans danf,'er de les professer.

Amédke JACQUES,

Paris. — Imprimcrio de Fain rt Thunot, rue Racine, Î8, près de l'Odéon.

CITOYHNS,

Je vous demande vos suffrapes comme Candidat à rAss('ml)l(''e ?SationaIe.

Trop jeune]iour avoir des antécédents jiolilicpies, je ne j)uis vous j)arler que du présent et de mes espérances pour ravein'i-.

L'iidniuie (jui aspire à représenter ses Concito\ens doit être à la fois lui homme de princij)es et un homme d'action. Aujourd'hui encore il doit être homme du ■ jieuple; dans f|nelqn(s aiui('es. j'en suis siir. cette condition n'existera plus, car il n'y aura plus de distinction de ran{,'. de priviléj^e.

Je suis homme du peuple, je dois l'éducation que j'ai reçue aux sacrifices que mon père s'est imposés.

lloumie d'action, je crois avoir prou\é que je le suis; au 2/i et au 20 février, j'étais là partout où il y avait un danger à courir, et à côté du l)ravc Georgk, que nous a\ons nomin('' notre gém-ral an\ Tuileries, à la Basiiilc; j'ai ])ris part à la reddilion de la caserne des Minimes, de la caserne l'opincourl ; j'étais à la soumission du fort de Vinccnnes.

Quant ;i nies principes politiques, je veux :

Page 1