‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 266 sur 295 · AUX ÉLECTEIRS DU DÉPARTEMENT DE SEIAE-ET-OISE · texte numérisé non relu

AUX ÉLECTEIRS DU DÉPARTEMENT DE SEIAE-ET-OISE

Ciloyens, Leshomnu's de conviction, ni'avoz-vous dit, qui ont coml)atlu l'ancien régime, parce qu'ils le savaient ennemi du hien-ê'rc public et qui saluent l'ère nouvelle parce qu'ils croient le temps roui, doivent se mettre à l'œuvre ! Je réponds à votre appel, et j'accepte de défendre à la tribune nos principes de régénération, puisque, homme nouveau, je n'ai conquis ma i)osilion qu'à force de patience et de travail.

Je n'ai pas attendu la révolution de février pour croire au Ijesoiu de nouvelles institutions sociales; je l'ai proiivé^en oi^anisant dès le mois de janvier la Sécurité comniociale.

Je veux la Répiihliquc. — C'est vers l'union qu'elle dirigera la société, en réconciliant tous les partis et en augmentant le bonheur de tous, au lieu de nous conduire à Vaulat/onisme, ainsi que le faisait la monarchie, qui n'avait d'autre but que le déplacement.

Je veux lu Liberté. — La liberté pour tous, mais sans licence ni oppression ; la liberté de la presse mais non de l'injure et de la calomnie ; la liberté de la pensée, des cultes, d'association, du commerce, de l'industrie, du travail et de l'enseignement, avec des garanties de moralité, de capacité et de patriotisme.

Je veux t'Égalilc. — L'égalité des droits etdes charges; je veux que tous les ciloyens choisissent leurs représentants; quetouteslescapaciléssoienl admissiblesaux foiK'lions publiques; que la répartition desimpôtsménage le pauvre sans accabler le riche; (ju'ils atteignent le luxe sans aOaiblir l'industrie, et que tous les citoyens contribiu;nt, dans la proportion réelle de leur fortune, aux charges de l'Etat.

Je veux la Fralernilé. — La fralernitéqui révèleet fait aimer à tous les hommes leurs devoirs réciproques; qui conduit à s'estimer età se soutenir les uns lesaiitres; qui rapproche les diverses professions rivales; qui concilie les intérêts du jiroducteur et ceux du consonin)aleur ; (jui associe l'ouvrier aux bénéfices du patron; qui ne ruine pas l'un pour enrichir l'autre et qui améliore les mœurs.

Je veux l'Ordre. — L'ordre, qui seul donnera le bien-être réclamé par les travailleurs, en permettant de réformer nos institutions, et de réédifier d'une main en mèm<! temps que l'on démolira de l'autre.

Je veux le Respect des droits acquis. — Le respect du citoyen, de la famille, de la commune, de la patrie, de la religion, d(' la justice et de la propriété. t/.Je veux le Progrès. — Le progrès qui doiniera à tout enfant des soins et une instruction intelligente, à tout travailleur valide du travail, afin qu'il vive ; à tout travailleur ifon taUdfc etTndiÇ^Tït , du j)ain et un asile. Ce sont les d(îltes do l'humanité ; la sociél('-*ki'a pas le droit de dire au vieillard : Souffrez et mourez !

Voilà, Citoyens, mes principes politiques et sociaux. De même que mon grandpère, le général (Jay de V<rnon, qui comoanda l'Ecole Polytechnique, je leur

coiisacrt'rai toulcs nies lorcrs, loiilc ma \i»;. Ouuiqm- jiuiu', j "ai vu it ohscrvc, el j'ofl'ii' ma pari d'exjH'rifncf pratiqiir à la iiouvrllf ori,'anisalion socialr tl«' uoln; patrif. Si vos siiHra(,'fs luf porli-iit a l'AssemlJtie cuustituaiilc, vous me verrez romhallif sans ci'ssc pour xiii boulieur.

AniaiuJ MANCEL, »i, rue Uii-lielit'u. à l'aris, Dirpcleur j;i'iitTal do lu Sociirilé Ci)inmcrriale el membre de la sociéti^ de la Répuliliqiie ceiilrah^. Imp: Pillov fl•^res, Montmartre.

RÉPUBLIQUE I i; ANÇAISJ:.

LlIUiRTli , ÉGALITÉ, FRATERNiTÉ.

LE GOUVERNEMENT l'HOMSOIHE,

Convaincu «pio. df loiilcs les lihorU'-s, la liberté de conscience est la plus précieuse et la plus sainte.

Arrkie :

Les citoyens dt-tenus par suite de condamnations prononcées contre eux pour faits rolaljis au libre exercice du culte, seront immédiatement rendus àlaliberté, s'ils ne sont rcte'nns pour autre cause.

Toute poinsuili' conjmtMicée csl abolie. Remise est faite des amendes prouonoëes et non encore acquiltéi'S.

Le ministre de la justice et le ministre des finances sont chargés de l'exécution du présent décret.

Les membres du Gnuvcnteuxent provisoire.

DUPONT (tic 1 Eure). LAMAUTl.NE . t^AHMtll-PACES . .ARAGO . .M.VKIE, LEDRU- KULLI.N. CRÉMIELX. LULiS RLAiNC, MARRAST, FLOCON, ALRERT, Le Secrétaire général du Gowenieinenl provisoire, l'AG.NLUlU:.

Iinprimorio iialiocLile. Mars 18i8.

PROFESSlOrV DE FOI.

Il ne me sérail pas venu dans la p. nbéo ilc cbcrcliur à dmonir l'uii d.\s rcpréscnliinls du département de la Seine, bi trois corporations d'ouvriers, inadoiitatit Sjionlanément comme un des leurs, ne m'ctissenl fdil l'bonnfur d.- me (irésenter au Comité ceutral des délégués, siéiieant au Luxend)onr£;. Cette maripic de confiance à la'juclle je répondrai par un entier ôévouenicnt, m'impose le devoir ii<: soutenir cette candidature, et de faire tous mes flforts pour m'en monlrpr dtunc.

Je crois à la Républicfue, à la Rc'-publique démorratiq»»-; elle est .seule légitime, seule elle a droit à l'obéissance univ<'r8elle, parce que tous y participent. Je crois la République immuable ; je considère comme coupable d'attentat aux I

droits de Ihoniuie et à la volonté de Dieu quiconque voudrait la détruire ou l'altérer.

Je veux, de toute la puissance de mon âme, l'application de ce symbole de la foi républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité.

La Liberté, je la veux complète et absolue, mais je ne veux pas la licence ; je veux une liberté scrupuleuse, gardieinie des droits de tous; je veux une liberté fidèle observatrice de ce précepte de l'Évangile : « A'e faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l'on vous fit. »

L'Égalité, je la veux devant la loi, les devoirs et les charges de la société; mais je ne l'ctends pas à la propriété. Les hommes n'ont pas la même intelligence, la même force, la même adresse, le même courage, la même vertu. Ces diflérences que Dieu a mises entre eux ont pour conséquence forcée l'inégalité dans les récompenses et dans la possession. Tout j)our la vertu, rintelligence, le courage, le travail ; rien pour le vice, l'ignorance volontaire et le désordre.

La propriété doit être maintenue et respectée, puisqu'elle est la représentation j des services rendus à la société.

! La transmission de la propriété, l'hérédité, est un droit naturel et sacré. Ce-

pendant il ne faut pas oublier que la grande famille humaine a aussi des droits , de succession à exercer, au-delà d'un certain degré de parenté qui n'est plus un ! lien intime. La.donation doit être restreinte; il ne faut pas que le caprice et la caplation déshéritent le peuple des biens qui doivent justement lui revenir. I Ainsi, sans rien ôter à ceux qui possèdent, la mort naturelle se chargera graduellement d'accroître les biens nationaux, ou, par tuie division plus grande encore de la propriété, devenue accessible au plus grand nombre, elle fera disparaître le prolétariat et le paupérisme.

i L'éducation doit être gratuite, obligatoire et en conmiun. Les enfants qui,

' par leur intelligence et leur aptitude au travail, se seront fait distinguer, recevront gratuitement le second degré d'instruction; c'est-à-dire l'élude des langues mortes, des langues vivantes, des sciences naturelles, physiques et malhéma- , tiques. Enfin, des examens désigneront les adolescents qui seront admis touj jours gratuitement aux études spéciales, dans la proportion des besoins de la société.

Les enfants qui auront reçu aux frais de leurs parents l'éducation du second

degré pourront concourir à ces examens.

I Je veux Une meilleure répartition de l'impôt. Celui (|ui ne possède rien ne

I doit rien à l'État; celui qui possède beaucou]) paiera dans une proportion crois-

I santé avec le revenu, surtout s'il n'a point de fann'lle. Ici la disproportion devient

l'égalité. L'impôt doit atteindre la rente sur l'Klat et les créances hypothécaires.

Les fonctions publiques seront toutes conférées par l'élection.

La Frulcrnilé, je la voudrais comme la voulait saint Jean l'évangélisle, qui, vieux et inlirme, se contentait de dire à ses disciples : « Mes enfants, aimez-vous les uns les autres, c'est là toute la religion. » J'ajouterai : c'est là toute la politique, toute l'oiganisalion sociale; car lorsque la fralernilt' régnera sur la terre, il n'y aura plus d'ininn'tié entre les nations; plus de guerres; plus de diplomatie, qui est la science du mensonge et de l'astuce; plus de concurrence outrée, qui épuise l'ouvrier et qu'il faut distinguer de l'émulation; plus d'exploitation de l'homme

par l'homme; pins do traite des noirs ni «les l)lan(s; plus d'atteintes aux personnes et aux proprii'tes; mais la Iraternilf e>an^'tli(pie nt- pourra porter tous ses fruits tant «pie les besoins «le tous ne pourront être satisfaits, tant «pu; durera la lutte eonimereiale et industrielle.

Les efl'orts «les léj;islateurs doi\ent done tiiidre à r«^^'ulariser la |)rodu«'tion, l'admiiiistralion. la distribution, la ««jusommation d«'S ricliessis, «le manière à ce «pu' l'existence de tous soit assurte; «le nuuiière a ce «pie les inlcrtils de tous et de chacun soient assis sur des bases dVquitt; et de prt-voyance.

Pour arri\er à cette orffanisation sociale, «pionl fait nos devanciers, ei «juc devons-nous faire?

Il y a soixante ans, le priviléf[e n-gnait en maitre sur notre France, que scmbIai«Mit habiter «piatre espèces «l'homnies bien distin< l«'S : la noblesse, le derfjé, la bour{;eoisie i-t le peuple. Deux «l'entr»' «lies, lu nobi(•s^e et le clerg«j, sV-taient attribué le monopole de la terre, des fonctions pul)liques, des honneurs. La troisi«>mc avait le monopole du «ommerce. Au «piatrième était reste li' monopole de l'obfissance. du travail et de la misère. Le ilevoir de la Révolution «lait de détruire ini tel état de choses, alîn que sur remplacement du vieil édilice on pût cor)stiiiire le palais de l'organisation sociale; niallieuri-usement. c«' premier travail lut ex( cute avec trop «le précipitation; au lieu d'enliver pièce à pièce les ancii-ns matériaux, de les classer en or<lre pour reconstruire avec méthode, on a renverse par masses, qui restèrent amoncelées jièle-mele sur le sol, «mi sorte que bient<")t im architecte «[ui avait nom Bonapaite, puis Napoléon, releva plusi«'urs j)arlies des murailles encore entières de l'ancien édilic«', et à la place du mot liberté, qui un instant avait brillé au frontispice, il incrusta avec la pointe de son épée le mot (/espolistiie.

Cepen<lant les paroles du Christ d«-vaient s'accomplir : " Celui qui se sert de Cépée, avait-il dit. périra par l'épée. » L'empire succoujba sou^ les ellorts des peuples qu'il avait asservis.

Au «Iroit du plus lort qu'ils étaient iiica])abies «le continuer, les Bourbons de la branche ainée substituèrent le droit d'une prétendue légitimité, et restaurèrent tout ce qu'ils purent des vieux privilèges. Le libéralisme arrêta la marche rétrograd»- de cette ra«e incorrigible «pii . suivant l'expression d«' Napoléon, € n'avait ri«n appris et rien oublie. » et IS.'^O les renvova «luns l'exil. On crut que. libre alors de ses actions, le lil)éralisme allait s'occuper des droits du p«uple qui. confiant dans ses promesses, avait déposé les armesle lendemain de la viitoire; mais le lib( ralism«' eut j)eur de son «iiivre, it il se hàla de la restnindre dans les limites les plus étroites et les proportions les plus mesquines. In Bourbon devint roi, «-t. pendant dix-sept ans, la grande préoccupalion «lu libtrali.-me a été de savoir s'il était là comme Bourbon ou quoique Bourbon. La nation a mis un ternn; à cett«' quer«lle du quoiijuc et «In parce que en mettant le Bourl)on pn-varicateur à la porte et avec lui li' lib< ralism«' «pii n'a su opérer que des changements «le ministres; et, dans les questions d'organisation sociale, s'est borné à laisser fair«' sans pouvoir rien édilier.

Pour remplacer le libéralisme, un autre système, le socialisme, se présente; non pas le socialisme embarrassé par les malencontreuses rêveries, les exagérations et les désordres qui ont gâté ce qu'il a «le bon et fraj)pé de ridicule ou d'impuissance plusieurs doctrines qui avaient pris l'association pour base; mais un

sorialisniP pratique susccptil)k' d'un conimencement d'apjilicaliou iuu«<'diate et d'un di'vc'lopjM'nicnl prochain. Toiilelois. une chose domine lu situation actuelle «'t peut rendre le succès iu\possible, c'est la concurrence étrangère; vainement étahlira-t-on la pondération entre la production et la consommation; vainement règlera-t-on la durée du travail, la participation de l'ouvrier aux bénéfices; vainement s'eflorcera-t-on d'anéantir la concurrence illimitée, si cette concurrence illimitée continue d'être faite au pays par l'étranger. Les marchandises fabriquées en France, qui avaient peine à lutter sur les marcliés étrangers alors que la journée était de douz.e heures, ne se vendront plus lorsque la réduction du travail les aura augmentées d'un sixième au moins.

L'Angleterre, ce vautour des nations, qui ne vit que de la mort et de la ruine des autres peuples; l'Angleteri-e qui a écrit partout dans ses lois les mots liberté, philanthropie, mais qui a profondément incrusté dans ses habitudes et dans ses mœurs les mots inégalité, privilège, aristocratie, oppression et exploitation de l'homme; l'Angleterre, dont les millions de travailleurs semblent être résignés à protluire, produire toujours, et puis mourir; l'Angleterre, dis-je, sait bien que l'amélioration du sort des classes laborieuses tentée sur le continent sera proQtable à l'égoïsme de ses aristocraties nobiliaires et financières : c'est cette jnoie livrée à son insatiable production qui fait taire en ce moment les soullranees du bas peTiple; car, dans ce pays d'inégalité, il y a réellement un bas peuple {/aw peop/e) (jui accepte cette dénomination, pourvu qu'il puisse se dire anglais, (!t qu'il déverse sur les autres nations le mépris dont son aristocratie l'accable.

La faim seule peut forcer ce peuple processionneur et i)élilionneur à se mettre en révolution et à réclanier sa place au banquet de la vie si somptueusement servi pour les lords qui l'exploitent et l'oppriment.

(hie la faim donc, envoyée vers nous par l'Angleterre, repasse le détroit avec la concurrence. L'association des capitaux est le levier avec lequel l'Angleterre a ébranlé et renversé les industries des autres jîeuples : ce levier, mdle compagnie en iM-ance n'est assez forte pour en faire usage; eh liien ! qn(^ la Uéjjublicpie se fasse marchande; qu'elle acquière à prix modéré, j)ayables à échéance et sur obi içrî»! ions négociables, ces produits qu'elle reçoit aujourd'hui en dépôt des négociants ou des manufactures, et que, par un suprême ellort, elle en inonde à perte les marchés étrangers, l'Angleterre et la Belgiiiue elles-mêmes. Les travailleurs de ces pays sentiront alors, à leur tour, les funestes eifets de cette concurrence à oulrance qui se fait (\v peujile à peuple, «le villi; à ville, d'individu à individu : ils diront, au nom de la nécessité, à leurs gouvernants, ce que l'amour de l'humanité ne lenr avait pas inspiré; et si les hommes du pouvoir et de la possession fermaient roreille, alors ils feraient ce qu'a (ait deux fois la population parisienne, ce qu'ont fait Palerme, Vienne. Berlin, Messine, Milan, ce que feront toutes les grandes cités qui le voudront fermement, car il n'y a qu'à le vouloir.

Alors, dans un congrès de travailleurs et d'économistes se régleront la production et la consommation des peuples. L'exulx-rance manufacturière sera déversée sur l'agrieulture. dont on oublie trop les liesoins; mais comme, en réalité, dans notre Kurope. ])artirulièi-ement en Angleterre et même en France, l)eaucoup de terres actuellement incult(>8 ne sont laissées d«ns cet état d'abandon

que paire (|u'ellt'S sont peu prorlnrtives (mon ]>i re cii a l.nl la roùteiise expôrieiice «l.ms les landes de Bidagiie;, il «lexiemlra indispeiisai>le <[iie la roloiii.satioii, praliqu«'-e d'une manière t,'rande et nationale, répartisse sur des terres plus fertiles les Ituniines a^'glomérés sur des espaces trop limités, et qui \iv(iit d"mie vie arlili» ielU'. iut irlaine et aMiilureuse.

Mais je m'aperçois, ehers eoneiloyeus. que je no vous ai pas encore dit qui je suis. Ma vie scientifique n'est peut-être pas tout à lait ii,'norée de vous : plusieurs imeulions s'v rattachent : la lillioiritie l'sl au priinier ran^'. l'our l'exécution cle mes idées en mécanique, j'ai constamment vécu avec les ouvriers, et je puis dire que ma lii;ure est presque aussi connue dans les ateliers que dans les hôj)ilan\.

Ouanl à ma vie pcilili(pie, elle est peu éclatante, mais j'ose dire que l'on n\ trouvera aiicuiu" desialion de la lii^ni- droite. lOutes les fois «pie la lihertt- a été misi' en péril, elle m'a trouvé parmi ses ililenseurs. I>n 18"2'2, lorsipic le roi constitutionnel de France envoyait une armée m\ Kspagiu- pour renverser une constitution, je nie suis lait carbonaro en compai,'nie de (lavaij^nac . lîastide, Ciuinard, Tn lat. Dtijardin. Beaumeiz. Kvrat, avec lescpiels je suis resté depuis en conwiiunaulé d'.ifléction et de principes. En 1830, j'ai arraché l'un des premiers pavés que l'iiiflii^nation contre im roi parjure a amoncel<s en barricades. Kn IS^T. j'ai alimenté de tout mon pouvoir, connue mendire du comile central de roj)posilion, cette agitation incessante qui, commencée au Chàteau-Roupe. a été croissante jusqu'au l)anqn«'l du XII' arrondissement, première journée de la révolution de février. X ce p opes, je rappelli-iai fpie, deux jours avant, j appuvai dans une assemblée la proposition d'appeler les ouvriers au cortège et an banquet, et j'en sitrnai la demande connue présiilent. l.S'iS m'a vu, sous l'habit secourabh; du chirurgien, donner au milieu de mes conlrères di-s soins aux blessés. Lv 25 février, je fus chargé par le gouv<'rnemenl provisoire de surveiller les prisons et d'v maintenir l'orrlre; de constater les blessures reçues pendant les journées libératrices et de laire délivrer les premiers secours. Enliii. j'ai élc chargé tle l'exécution d'ini décret de la Providence, l'installation des blessés de février dans le palais des Tuileries. Je me suis acquitté de ces trois missions.

Je n'ai jamais occupé de fonctions salariées, et j'espère que l'exercice de ma profession me soustraira toujours à la nécessité d'eu accejiter. Si l'adversité ni'\ contraignait, je ne me croirais plus assez d'indépendance pour être législateur, et je résignerais mon mandat. Est-il besoin d'ajouter que, par fouclious salariées, je n'en tends pas parler de la représentation nationale, première dignité de la République?

A vous, citoyens,

SALtT ET FBATERNITÉ,

LEROY DT/nOLLES,

Présente au Comile central des délcpués fiiépcant au Liixembourç itar trois corporations d'ouvriers (Coutellerie, iusiminenls dt^ Chirurgie i.-l d Orltv.ipédie , délégué des blessés de février; ex-chirurgien-major de la légion de cavalerie.

Inip. Lacrampc et Ferliaox , nie Damietlc, î.

A chacun selon ses besoins.

Chacun pour tous.

Tous pour chacun.

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