LES ÉLECTIONS
Liberté, Egalité, Fraternité.
Respect pour la Propriété.
Le Peuple, sa Force, sa Gloire, la conduite qu'il doit tenir.
Salut et honneur à vous, ouvriers et hommes du peu|)le!...
A vous, qui faites et défaites les roie en quelques heures; votre force et votre puissance m'cblouissent et m'imposent!...
Une nouvelle ère commence pour vous...
Hommes utiles, relevez-vous à votre hauteur ; soyez justes envers vous-mêmes, et vous apprendrez celte justice aux autres. Toutes les professions ont leur dignité, quand on a la conscience de les bien remplir. Le travail des mains est aussi honorable que l'œuvre de l'imagination : La révolution de 89 a brisé les entraves qui retenaient l'industrie au-dessous du rana qu'elle doit occuper. Février 48 a détruit pour toujours le favoritisme.
Honnêtes ouvriers ! no rougissoz-done plus de vos mains calleuses, de vos traits brunis au soleil, de vos vêtements usés par vos labeurs journaliers, vous qui avez fourni à la France tant d'hommes célèbres, tant d'hommes utiles!
N'est-ce pas à vous d'ailleurs que l'humanité doit ces tiavaux de géans qui font son orgueil et qui changeront ses destinées !
C';s immenses canaux qui sillonnent la terre; ces tunnels f|ui percent les montagnes et passent sous le lit des grande fleuves: ces hardis chemins de fer qui courent à travers le monde, dévorant l'espace et confondant le nord et le midi par l'anéantissement des distances, la facilité et la promptitude des transports et des voyages.
Honneur à vous, ouvriers, trois fois honneur!... à vous qui avez vivilié les conceptions du génie en lui prêtant votre force intelli.:^ente, vos bras et votre courage. Tous cesmonumentssontvosœuvres; levez la lète, regardez-'es, et, en les voyant, dites : C*ci est de nous /...
Vous n'êtes pas si petits, voas qui faites
de si grandes choses! au lieu de rougir de vos !al)eurs, de vos fatigues, rendez plutôt grâce au travail. Eu vous donnant la force, en vous faisant mépriser les souffrances, il a bronzé vos nobles cœurs contre l'égoïsme et les dangers qui lui font peur; il les a ouverts à la |iitié pour les malheurs d'autrui.
N'est-ce pas à vous, en effet, qu'appartient la palme des plus beaux dévouemeiis? Que la patrie menacée appelle ses enfants ; qu'elle ait besoin d'o()poser à ses ennemis de robustes poitrines, vous accourez en foule!
S'élève-t-il un monument pour éterniser les victoires de la liberté, il a pour base les ossements de quelques milliers de vos pareils!
Un cri de détresse retentit dans la cité; des malheureux vont périr dans les eaux, dans les llammes, sous des édifices croulans! T()ujours de vos rangs s'élance un homme qui ne mesure pas le danger quand I humanité implore son secours, qui compte pour rien sa vie et la risque mille fois, trop heureux s'il parvient à rendre un (lère à ses enfants, un fils aux bras de sa mère!... El il rentre dans la foule essuyant une Inrme de sa forte main...
Hénin, Guéfer, David Lacroix, Pierre Thiane, Levasseur (1), tous ces généreux
(I) Hénin est on mirin de noulogne qui a sauvé la vie à di;s cenlaines de naufragés; Guéter, un poissonnier de Douai, qui a aussi sauvé la vie à 42 personnes qui se noyaient. Ils ont obtenu tous les deux des prix Monthyon et la décoration de la iégion-d'honneur, à cause de leurs belles actions, bavid Lacroix, surnommé le sauveur par la ville de Dieppe, a depuis qu'il existe, préserve de la mort cent-dix-sepl de ses concitoyens. Pierre Thiane, dit Cayanne, né à Moissac (Tarn-et-Garonne), s'est précipité neuf fois dans le Tarn pour arrai;h';r à une mort certaine neuf malheureux. Plus lard il retira, au prix de sa saute, des eiux glacées de la Garonne, un jeune homme qui allait périr. Lacroix et Thiane ont reçu aussi chacun un prix Monthyon à la distri-
sauveurs qui comptent Imirs anncos par le nombre ileà vicliutes qu'ils ont arracliécs à la mort; c'est en travaillant commo vous {ju'ils ont aci|uis celle vit;ucur d'IIcrculc si nol>k'iiicnt cinplovce. (Vesl so'.i> la blouse ilc l'ouvrier qu'ils portent un cœur intrépide!
Croyez-le bien, il y dans ce monde justice pour chacun. Jusque dans ces rangs de la société que vous considérez comme si dédaigneuse de vos services, tout ce qui a une ànie droite les appréi-ie et les honore, l) absurdes préjugés s'etracenl tous les jours; le soleil (le février, échauiïe par l'amour du peuple, a surpassé ses forces et fondu l'S glaces qui n<vis cachaicnl la lumière. Courage, hommes utiles et honnùtes, l'estimu publique ne peut vous manquer, car le travail a reconquis sa dignité!...
Ouvriers! comprenez donc votre valeur!
Sachez comment cette valeur existe et comment elle se conserve. Vous ([ui êtes arrivés dans ce monde, nus, dépouillés, sans forlune, vous ne valez que par votre volonté? Pauvres enfants-trouvés de la nation, si la République ne vient à voire secours, vous resterez abandonnés. Aidez-vous!... souvenez-vous deccs paroles du Christ prononcées il y a di\-huil siècles : Les derniers seront les premiers, les premiers seront les derniers. Que ces immortelles paroles vous servent d'encouragement; m lis ne troublez pas l'ordre, respectez les fortunes acquises. Ayez seulement la conviction de votre force, el n'oubliez pas (qu'elle est de nature à renverser toutes les autres. Nous avons vu des fils du peuiile se maintenir Mir les trùnes polili(|ucs, d'autres s'élever sur les irùn'^s du génie et y briller de toutes les splendeurs de l'intelligence; cl toutes ces grandeurs leur sont venues par la puissance de la volonté, la culture de leur esprit, leur énergie, leur courage (I).
bution He 1814. Levasseur est un fabricant de pompes de Beauvais, qui, de 181)9 à 18H, a sauvé dans les cours d'eau de la ville (0 personnes. Le ministre de l'intérieur lui a décerne en 184.? une médaille d'argent.
( U .\u nombre de ces hommes, on peut citer MM. Marrast, Ledru-Rollin, Louis Blanc, Ferdinand Flocon el Albert {rouvrifr!), etc., aujourd'hui à la tète du gouvernement proyisoire; .Moïse était berger;
Pourquoi donc, enfans du peuple, vous auiail-on désliénlé plus longleuips du lot i|ui vous upp.irtienl dans le p ii tage des droits el du pouvoir"? Tous les hommes ne sonl-ils l>as ég.iux '?
Ne valez-vous pas mieux, d'ailleurs, (]ue les Cubières, les 'feste, les Prasiiii, de sinistre mémoire!...
Mais, aujourd'liiii,il iiesulliipasquc votre droit d'égalité soit proclamé : il f.iul savoir le conserver.
Retenez bien (|u'un gouvernement, (juel qu'il soit, monarchique ou réj)ublicain, ne peut puiser les éléments de sa vie qu au milieu do la foule, eu pleine nation; t|iie, par conséquent, il dépend de vous el ne peut rien faire sans vous !...
Vous avez, honnêtes ouvriers, détrôné deux rois, reconquis vos droits méconnus, en teignant de votre sang les placi-s cl les rues de Paris. Des élections vont avoir lieu; ne vous laissez pas escamoter le béiiélice de votre victoire comme en 1 830 ; que personne n'ait de privilèges, que toutes les classes de
Noé, fermier; Confucius, charpentier; .Mahomet, dit le prophète, ànier; Méhémet-Ali, barbier; l'empereur actuel du raaroc, brocanteur; Beriia'Jotte, cx-roi deS'jc.le, était chirur;;ien dans la gariiiion de la Martinique lors dt l'invasion des Anglais; M°* Bernadotle était blanchis>cuse à Paris; Napoléon, qui descendait d'une obscure famille corse, quoiiju'en aient dit faussement quelques-uns de .ses adulateurs, n'était que mijor lorsq l'il épousa Joséphine, fille d'un niarcband de tabac, créole de la Martinique ; Eugène Beauharnais était apprenti menuisier; Joachim .Mural, roi de Niples, était fils d'un aubergiste; .\ngcreau, fiU d'une fruitière; Lannes, fils d'un giri;on d'écurie; Franklin étiit imprimeur; le préiilent Boyer, barbier inulàlrc; le président Tyler, capitaine milicien; Olivier Croinwel, brasseur; le Président l'olk, aubergiste; le beau-père d'Isabelle, reine d'Espagne, mari de Christine et beau-frère du roi de Saples, était jidis garçon de café, le général Espartero, sacri.suin ; le roi Christophe, de Haïti, esclave de Saint- Kitt ; le président actuel de Haïti , également esclave; Bolivar, droguiste; le çénéral Paoz , vacher; Vasco deGima. matelot; Colomb, matelot; Catherine , impératrice de Russie , était gri sette de régiment; le gouverneur actuel de Madère était tiilleur, et le ministre actuel des finances en Portugal était simple marchand de vins de Madère. En ce moment, l'Espagne et le Portugal comptent bon nombre de ducs, marquis, comtes, vicomtes et barons, Jadis cuisiniers, tailleurs, perruquiers, cordonniers, balayeurs, etc., etc.
la populaiioii, la riche comme la pauvre, soient également nEPKÉsESTÉES.
Le peuple l'ornie les liois (|uarls au moins de la [ opulalion ; qu'il ail au moins pour lui les Irois (juarls des représentants du jeuple à élire ; que ces représentants soient jiris de préférence parmi les gens d'une humble fortune : les intérêts de ceux-ci sont les mêmes que ceux du peuple, dont ils sont issus.
Nous n'avons pas fait une révolution pour voir ligurer à iaConsiiiuanteles mêmes hommes qui figuraient a la chambre. Si le suffrage universel ne devait pas avoir d'autres résultats que de nous donner un plus grand nombre de représentants serviles et égoïstes, si nous ne devions pas être mieux défendus qu'autrefois, ce n'était pas la peine de répandre notre sang pour la défense de nos droits: 11 fallait laisser faire!... Sans doute la classe riche ne doit point être exclue : elle a, comme la classe pauvre, le droit d'être représentée ; c'est justice; mais aussi qu'elle ne soit pas seule chargée de soutenir la cause de l'ouvrier; qu'elle choisisse ses représenlauts dans sa classe, et les ouvriers dans la leur; (|ue '.es représentants qu'il s'agit d'élire arrivent à la Constituante, pour chaque classe, dans un nombre proportionné à la quantité de télés qui la compose ; chacun alors sera représenté d une manière juste et aura confiance dans ses délégués. Si, au contrau-e, hoimètes ouvriers, vous admettez, pour vos mandataires, des hommes pris seulement dans la classe riche, l'égoïsme personnel, il ne faut pas en douter, plus fort (juc Tmlérêl de la patrie, nous lamènera bientôt les inconvéniens du système que nous avons renversé. C'est là une des faiblesses du cœur humain indépendante de la volonté; avec l'cnvii: de bien faire, riioinme riche ()ourra succomber à la tei>talioii desesinlérèls. L'égoïsme, chez le riche comme chez le pauvre, tue les meilleurs sentiments, et l'un n'en est pas plus exempt (]ue l'autre. Pour que les riches pussent fairi; tout le bien qu'ils désirent, nous n'eu doutons pas, il faudrait que leur intérêt fut dans un accord parfait avec leur amour de bien faire. Or, comment voulez-vous, par exemple, que des hommes qui ne paient pas de patentes soieul intéressés à vous dégrever
de cet impôt odieux et contraire à la liberté du travail!... Comment voulez-vous, honorables cultivateurs, arrosant chaque jour de votre sueur vos lourds el péiiil)les travaux, que ces hommf>s, dont les ciipilaux leur rapportent bien plus néanmoins (lue vos terres, consentent à diminuer vos impôts pour en reporter une partie sur leurs capitaux?... Comment voulez- vous r|ue ces hommes demandent le degièvemcnt des boisions et des substances alimentaires, eux pour qui l'économie de quelques sous sur le prix du vin ou do la viande n'est absolument rien!.,. Il n'y a pas d'intérêt pour eux à réclamer ces innovations. Demanderont-ils avec dévouement que l'on reporte sur eux (sur les objets de luxe, par exemple) les impôts qui pèsent trop lourdement sur le peuple; là, leur intérêt est blessé et l'amour de faire le bien peut être dominé par cet intérêt. L'homme riche n'est donc pas placé dans les conditions du désintéressement nécessaire pour ai)puyer ces mesures spontanément, sans combat intérieur, ou, au moins, dans les conditions qui puissent permettre d'avoir une coidiaiice entière dans son dévouement et sou désintéressement.
Tout ceux qui brigueront vos voix vous promettront pourtant ces sacrifices ; mais n'y comptez |)as : il ne sont pas i)ersonnel- Icmcnt intéressés à les faire. L'expérience nous a jusqu'à ce jour démontré que l'intérêt personnel était trop souvent préféré à l'intérêt de la patrie.
On vous dira qu'il n'y a plus de classes; que nous sommes touséiiaux, Frrrançais ! . . . mais ne vous laissez pas tromper par ces jongleries. Défiez-vous de ces républicains de circonstance, dont tout le soin actuel est de choisir des candidats entièrement à leur dévotion, afin de conserver, s'il est possible à votre détriment, les avantages et l'inlluence que leur donne sur vous la fortune!... Repoussez-donc avec dédain ces acrobates politiques; déliez-vous de ces hommes à double visage qui ont sacrifié i tous les pouvoirs et qui vous caressent d'une main pour mieux vous tromper de l'autre.
Si vous voulez être bien représenté, choisissez donc vos défenseurs parmi vous, au
soin (lu peuple Prenez iintnut <iue possible des hommes luniveiiux, t'|>iou\és, des /lomtnes )lu jour et non du lunili-muin, des houiuics enliii iiyaiit U même intérêt que vous.
Ct'pendiuU, retenez ceii : que la ricliesse, la fortune d'un eandidiU, ue soient |>;i5 pour vous un inotilabsoUi d'e\cln^ton, si ce r.inditat est|)rol)e. hoiinùle, sincèrement dévoué à la Répul)lii|ue; car nous ne voulons faire d'arliiirane au piolit de personne : pas plus au profit ilu pauvre (pi'au prolit du riche. Nous voidons. au contraire, la paix, la fiatcrnité entre tous. C est pour y arriver (|ue nous demandons que le pauvre, comme te riche, soit auisi bien et austi utilement reprdenti l'un que l'autre à la Constituante.
Concorde, respect pour les propriétés, horreur pour le communisme, fraternité en-
K. Hersent, imp. à Clermont.
tre tous, riches on nanvres, sans distinction ; »H(ii.« auifi jxnfiiitf égalité puur la défense entière des droits et des intérêts de chacun : voilà ce (]ue nous voulons!... Bénis soient ceux qui nous soutiendront' l.a |)alrie leur sera rewinnuissiuile!!!
Salut et fraternité.
isinouK DEitim:,
Huissier à Dreleuil (Ois»),
FILS irOUVIUER,
Aiilpur iliv; Prolétaires, oiivrajiu roiiroiinA p.ir l'Acadi^mio dff MAcon eu I8i5, sur le ra|>port d'une commission dont faisait partie M. de Lniiiurtiiie,
Menibre nnn nmdanl de li Société des Antiquaires de Picardie;
Kt Membre titulaire de la Société académique d'aicliéolugie, sciences et arts du déparlcnient de l'Oise.
R E P l BLlo L E l" H AiN Ç .\ l S E.
LIBEIITÉ, ÉGALITÉ, FRATERNIli.
Hùlel-de-Ville, <0 mars iSM.
LE r.orVERNEMENT PROVISOIRE,
Considéraut que le tlroil électoral, par lequel s'exerce la souveraineté du peuple, doit être assuré ot facilité par tous les moyens,
Décrète :
ArL 1". Les extraits de naissance qui seraient nécessaires pour établir VA^c des électeurs et pour 1 exercice du droit électoral, seront déIi\Tésgrattiitem('nlàchaquc citoyen qui les réclamera.
2. Ces extraits, ne pouvant servir que pour cet objet, seront remis et resteront dépoiés à la mairie de la comntiine; ils seront njarqués d'un cachet portant ces mots: ELECTION DE L'ASSE.MliLEE NATION.VLE.
Ij;s membres du Gouvernement provisoire,
DUPONT DE l'Eure. CRÉMIEUX, LAMAIVi LM;. LOITS RLA.XC, GARMER- PAGÈS, xMAUR.AST. MWGi), FLOCO.N. MARIE, LEDRL-ROLMN, ALRERT (ouvrier).
DÉPARTEMENT DES lîOLCHES-DU-RIIONE.
RÉPUBLIQUE FRAIVÇAISE.
LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATERNITÉ
Il JBOOC I
PROCLAMATION
Au nom du Peuple !
OUVRIERS
Pendant qu'un devoir urgent m'éloignait de vous, quelques manifestations hostiles ont troublé la tranquillité publicjue. Ces désordres ont eu peu de gravité ; vous avez compris vous-même en les arrêtant combi(;n ils étaient coupables.
Cependant, en apprenant cette tentative qui, je l'espère, ne se reproduira plus, je dois vous rappeler vos devoirs. Vous êtes tous honnêtes, laborieux et pleins de confiance dans le Couvernement provisoire. Vous n'abandonneriez le bon sentier que par ignorance ou par enlraînement. C'est donc en vous éclairant (\ue nous rendrons impossible le retour de scènes affligeantes.
La République a inauguré son existence par la jiroclaniation de vos droits ; à Marseille . commet dans la capitale , vous avez des Représentants dans les Conseils de l'aduiinistralion ; des ateliers de travail sont déjà organisés ; partout des souscriptions s'ouvrent en faveur de ceux d'entre vous qui sont sans ressources; vos intérêts sont étudiés avec la plus vive sollicitude.
Est-ce par la sédition que vous voulez récompenser nos infatigables efforts? Songez-y! L'épreuve (pie vous traversez est décisive.
Aoulcz-vous, oui ou non, vous montrer dignes tie la Liberté? Voulez-vous prouver que vous êtes capables de vous asseoir dans la cité, ou donner, je ne dis pas à vos ennemis, vous n'en avez plus, mais à ceux (|ui doutent de vous, le droit de dire que vous n'êtes pas encore mûrs pour l'aHranchissement !
Vous ne demandez, dites-vous, que l'expulsion des ouvriers étrangers. Nous vous avons accordé déjà ce qui pouvait ])araître fondé dans cette réclamation, en préparant l'embarquement de tous les étrangers nomades qui encombnîul notre ville. Mais nous refusons formellement de prendre aucune mesure contre ceux
qui V sont SI riciiscniriit rl;il>lis. Vous ne pouvez |>;is, sans la plus odiouso iuliuinauitt'-. ( oudaunii r à la luort les inalliiiii eux (jui oui .uloi)!!- \otic j)a\s. Nous ne |)(iu\r/ ]Kis chassor ceux qui, hii-r rucore, vous aiilaicul à «lotrr la vilh' d'uu Canal ri diin Chcmiu do IVr. \ ous li-s aMV appelés dans 1rs joins prosj)ères par<i' (pi'ils MUis (taieul iiidispeusahles, f,'aiHie/.-tIans les jours diHiiile>. parce cpi'iis ont besoin de vous.
il ne suilil pas que le uiol FnATiaiMiil; llolle sur nos Lainiières. il liul (ju'il desei'ude en nous et (pi'il vi\e dans nos aelcs.
Nos sonllVancos sont assez cruelles, pourcpioi K-s auyuieuler par des liaiues mutuelles 1 Non. mes Frères, ce n'est jioinl ainsi que vous auiéliorere/. \olre condition ; ce n'est point ainsi c|ue vous apjx'liere/ sur vous un rejjard favorable de la l'ro\idence.
Nous \oide/ (pion vous aime, aime/ les autres. Nous voulez, alléger le lourtl fardeau qui courbe vos épaules, ne soyez pas sans pitié pour ceux qui marcbenl à côté de vous, arrosant conmie vous la terre de leurs sueurs quotidiennes.
Au nom du dévouement que je vous j)orle, faites cesser de coupables manifestations. \olre cieur vous est toujours ouvert. Nous accueillerons couiine des amis ceux qui viendront nous couder leius liouli-urs ; quand nous ne pourrons pas les soulager, nous saurons trouver les paroles qui consolent et fortifient.
Venez donc francbement vers nous. Fermez l'oreilio aux conseils j)er(îdes ; ne vous laissez pas entraîner; faites plus, signalez couune (le mauvais citoyens (piiconque voudrait troubler l'harmonie sublime de la France entière inclinée devant la Hépubiifpie.
Si (pielipics-UMs d'entre vous repoussaient mes conseils et n'écoutaient pas mes prières, je n'oublierais pas que je suis responsal)l(^ du repos d'une grande ville; uni à votre digue municipalité, je serais aussi éiu-rgique pour réprimer de mauvaises actions qu'empressé à soulager vos soulfranccs et à ilctruire vos erreurs.
Marseille, le 11 Mars 1848.
Le Commissaire du Gonvernemenl Provisoire,
IvMiii: OLLIVIKR.
Senès, imprimeur i3e la République Trançaise, rue Canebière, 13.
RÉI>ITDLIQUE FUWÇAISE.
LIBKRTE, EGALITE, FRATERNITÉ.