QUELS SONT VOS POUVOIRS
Ils sont illimités. Agent d'une autorili' révolulionnairc, vous êtes révolutionnaires aussi. La victoire du peuple vous a impos(' le mandat de faire proclamer, de consolider son œuvre. Pour racconii)lissement de celle tâche, vous êtes investi de sa souveraineti', vous ne relevé/, que de votre conscience, vous devez faire ce que les circonstances exigent pour le salut public.
Grâce à nos mœurs, cette mission n'a rien de l<'rribie. Jusqu'ici vous n'avez eu à briser aucune résistance sérieuse, et vous ave/, pu demcnriT calme dans voire force; il ne faut pas cependant vous faire illusion sur l'étal du pays. I^es sentiments républicains y doivent être vivement excités, et pour cela il faut confier toutes les fonctions poiiliqnes à des hommes snrs et sympathiijiics. Parionl les préfets et sous-préfets doivent être changés; flans quebjnes localités on réclame leur maintien; c'est à vous de faire comprendre aux popidalions qu'on ne peut conserver ceux qui ont servi un pouvoir dont chaque acte était une corruption. La nomination des sous-commissaires reujplarant ces fonctionnaires vous appar-
g 2. VOS RAPPORTS AVEC LES CHEFS MILITAIRES.
Vons exorcercz les pouvoirs de l'autorité executive; In force armée est donc sous vos ordres. Aous la reqiKTO/. \ous la meltt-/ eu nlOU^(•^l('nt ; \()u> pouvez même, dans les cas ifraves, susp'iulre uu clielde corps, en m'en r«l<ranl imnic*dialement. Mais tous devez apporter de grands ménafjements dans celte partie de vos fonctions. Tout ce (|ui, de voire part, blesserait la juste snsceplibilili'; des chefs de corps ou du soldat serait une faute inexcusable, .l'ai appris (pie. dans plusieurs déparlemens, les commissaires nout pas établi sur-le-champ un lien entre eux et l'autorité militaiie; je m'en étonne et vous invite à ne pas manquer à ces recèles si simples de luinnc politicpie et de convenance. L'arnis-e a montré', dans les derniers événements, sa vive sympathie à la cause républicaine; il laut se la rattacher de plus en plus. Elle est peupli- comme nous; elle est la première barrière qui s'opposerait à une invasion. Elle va entrer ])onr la première lois en possession de droits politiques. llonore/-la donc, et conciliez-vous les bons si-nlimeuls de ceux qui la commandeiil; n'oubliez pas non plus que vos pouvoirs ne sauraient toiudier à la discipline. Ils se résument en ces d'Alix mots : Vous scrTir de la force militaire ou la contenir, et la gagner par des témoignages d'estime et de cordialité.
§ 3. VOS R \PPOR rs AVEC LA MAGI.STRATL RE.
La mat,'istrature ne relève ûc l'autorité executive que dans le cercle précis tracé par les lois. Vons exigerez des parcpu-ts un concours dévoué : jiartout ou vons ne le rencontrerez pas, vous m'en avertirez, en m'indiquanl le nom de ceux <[ue recommandent leur droiture et leur fermeté. J'en ferai immédiatement part au ministre de la justice. Ouant à la magislralun- inamovible, vous la surveillerez et si quelqu'un de ses membres se montrait publiquement hostile, vons pourriez user du droit de suspension que vous confère votre autorité souveraine,
§ (l. LA GARDE .\AT10xNALE, Vous recevrez de moi des instructions détaillées sur l'organisation de la milice
tient. Vous m'en référerez toutes les fois que vous éprouverez quelque hésitation. Choisissez de préférence des hommes appartenant au < luf-lien; vous ne les prendrez dans l'arrontlissemenl incnie «pic iurs(pie \oiis lessauit-z di-gagis d'es[)ril de coterie; n'écartez pas les jeunes gens. L'arJeur et la générosité sont le privilège de cet àg«', et la République a besoin «le ces belles (pialilés. ,
Vous pour>oirez aussi au remplaci-nunl «les mains «t «Us adjoints. Vous les j désignerez provisoireujent, en les investissant du pouvoir ordinaire. Si les con- ' seils municipaux sont hostiles, vous les dissoudrez, et, de concert avec les maires vous con>lilncr«v. une nuinicipaliti- provisoire; mais vous n'aurez n'cours à celte mesure que dans un cas «le rigoureuse nécessité. Je crois que la grantlc majorité i des conseils nuuii< ipaux peut être conserv(';e, en metlaut à leur léle des chefs : nouveaux, i
civique. J'ai lârhô d'y prévoir et d'y résoudre toutes les diflirultés que vous pouvez rencontrer. Celles qui naîtront d'obstacles imprévus et locaux seront levées par votre palriolisme. Kn laisant procéder aux élections, vous vous conformerez aux décrets du gouvernement, c'cst-à-dirc que, par dérogation à la loi de 1831, vous ferez nonnner tous les olliciers sans exception par les gardes nationaux, en commençant ])ar les grades supérieurs. Yous surveillerez soigneusement l'actiou des sous-commissaires et des municipalités, et vous les obligerez à vous rendre un compte exact de leurs opérations.