‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 270 sur 295 · DES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

DES ÉLECTIONS

Les élections sont voire grande œuvre; elles doivent être le salut du pays. C'est de la composition de l'assemblée que dépendent nos destinées. Il faut qu'elle soit animée de l'esjirit révolutionnaire, sinon nous marchons à la guerre civile et à l'anarchie. A ce sujet, mettez-vous en garde contre les intrigues des hommes à double visage, qui, après avoir servi la royauté, se disent les serviteurs du peuple. Ceux-là vous trompent, et vous devez leur refuser votre appui. Sachez bien que, jîour briguer l'honneur de siégera l'Assemblée nationale, il faut élre pur des traditions du passé. Que votre mot d'ordre soit partout : des hommes nouveaux, et autant que possible sortant du peuple.

Les travailleurs, qui sont la force vive de la nation, doivent choisir parmi eux ceux que recommandent leur intelligence, leur moralité, leur dévouement : réunis <à l'élite des penseurs, ils apporteront à la discussion de toutes les grandes questions qui vont s'agiter l'autorité de leur expérience pratique. Ils continueront la révolution et la contiendront dans les limites du possible et de la raison. Sans eux, elle s'égarerait en vaines utopies, ou serait étoulfée sous l'oirorl d'une faction rétrograde.

Eclairez les électeurs, et répétez-leur sans cesse que le règne des hommes de la monarchie (^st llui.

Vous comprenez combien ici votre tâche est grande. L'éducation du pays n'est pas laite. C'est à vous de le guider. Provoquez sur tous les points de votre déparlement la réunion de comités électoraux, examinez sévèrement les titres des candidats. Arrélez-vous à ceux-là seulement qui paraissent présenter le plus de garantie à l'opinion républicaine, le ])lus de chances de succès. Pas de transactions, pas de complaisances. Que le jour de lélection soit le triom])he de la révolution.

Le membre du Gouvernement provisoire. Ministre de l'intérieur,

LEDRU-ROLLIN

Imprim. Duvcrger, ruo de Verneuii, 4.

La rédaction de ecltc eiiT\ilaire appartient .'i M. Jules Favre, représentant du peuple, et, à celte époque, secrétaire général du Ministère de t Intérieur. (jVy(e des Edileurs.)

Paris.— Imprimerie LACOURet Comp., rue Soufflot, 16.

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