AUX ÉLECTEURS DE LA SEINE
Paris, le cœur et la tête de la Franco, doit ri''sumerdans le choix de ses représentants toutes les forces vives «lu pays.
La marine, ipii «loil jouer un si grand r«Me dans l'avenir des peuples, n'a pas fourni de candidat à l'AssemMée; cette cousidi'ralion et l'aci-ueil que j'ai reçu dans un grand nondire d'assemhlées populaires me déterminent à solliciter vos sullrages.
Mon père. ri'pul)!icain de \aples, rutjeli'-en 1790 à liord d'un ponton anglais, en violation dune capitulation conquise les armes à la main, lie lugié sur le sol de la France qu'il a habitée depuis cette «époque, il y a vécu de son talent et de son travail; j'ai donc été, ilès reufaiice. imhu des principes n'-puMIi ains.
J'ai reçu dans nos écoles une éducation libérale; et, à l'âge de qui.ize ans, j'ai commencé à servir uion pays sur la flotte; j'ai, en quinze années de navigation, parcouru toutes les mers du globe : le naidVage m'a fait connaître les privations et la misère; le retour dans mes foyers, les joies de l'amoin* de la j>atrie.
J'ai consacré mes loisirs à l'élude des philosophes et dt!S publieistes qui ont traité les grandes questions de la destiné»- du genre humain. J'ai, dans im ouvrage intitulé /(/ Marino. ténidigné- de mou dévoùnient à la sainte rause des IV'uples ; mon livre fut interdit en Autriche : c'est un certilicat du patriotisme qui y respire. Commandant une frégate à vapeur du service transatlantique, j'ai eu dans les mains des intérêts conmierciaux en même temps f|ue maritimes, et j'ai pu observer aux Flats-L'nis les heureux résultats d'un gouvernement véritablement démocratique et libéral. Quant à mes principes, les voici :
LiRKRTÉ pour tous! Je comballrai donc toute tendance rétrograde; mais je lutterai de même contre la violence avec l'énergie quej'ai cuà développer contre les tempêtes de l'Océan.
ÉcALirk! C'est-à-dire droit égal pour tous de participer au gouvernement du pavs par l'élet tion, à la richesse du pays par le travail. Je ferai inieu\ que dfl proclamer le droit au travail, j(> m'ell'orcerai de rendre le travail possible en fa vorisant l'écoulement de ses produits. J'ai, dans les diverses contrées de la terre, touché du doigt les fautes du gouvernement déchu, qin, par sa faiblesse vis-i\-vis de l'étranger, laissait fermer à noire industrie tous les marchés du monde; je surveillerai d'un œil vigilant les transactions nouvelles.
Frater.mtk! Je remplirai ce saint devoir en m'<'ll'orcant de concilier les intérêts de toutes les classes laliorieuscs, en travaillant à constituer une Uepublique sage, progressive, forte et résolue, en m'appliquant à amener le soulagement de ceux qui soulFrent par ceux qui ont le bonheur de pouvoir y contribuer.
En matière de finances, je repousse tous les procédés \iolents; je crois que par un sage emploi du crédit, la France peut reparaître tout-à-coup ce qu'elle
est, la contrée la phis réellement riche du monde. Si vos sulFragies m'envoyaient soutenir ces o])inions à la Irihnne nationale, je ne croirais ])lus m'appartenir; je consacrerais mes forces, mes éludes, ma personne, à lutter pour le triomphe de ]a véritable liberté, pour le bonheur et la gloire de la ])atrie.
E. PACINI *, Lieutenant de vaissemi, 13, rue (le la Tour-des-Dames.
Imp. Vinchon, rue J.-J. Rousseau, 8.
AUX ELECTEURS
(lu Département de la Seine.
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CITOYENS
Je viens solliciter auprès de vous le mandat de Représentant du peuple à l'Assemblée nationale.
Voici les litres dont je puis me prévaloir :
Pendant trente ans j'ai conspiré, lutté, combattu contre les deux branches des Bourbons, et pour le triomphe de la démocratie.
J'ai lutté de toutes mes forces : par la parole, par les journaux, par des livres; comme publiciste et homme d'action :
De\ant les tribunaux, où. plus d'une fois, mes amis et moi avons fait une tribune pojnilairc du banc des accusés; — du fond des cachots, qui retrempaient l'énergie de notre patriotisme au lieu de l'amollir ; — et les armes à la main, toutes les fois que l'occasion s'en est oflerte.
H s'agit aujourd'hui de raflcrmir, de consolider la glorieuse conquête du peuple, d'em])écher (\uv les mauvaises passions, étourdies du coup qui les a frappées, ne viennent la lui disputer, la lui ravir de nouveau. 11 s'agit de procéder à la réparation des loris sociaux, en d'autres termes, d'exiraire du double et fécond principe de la souveraineté du peuple et de la fraternité humaine toutes les conséquences que la justice est en droit d'en attendre; il s'agit, en \\n mot, de faire fpie la République soit une vérité vraie et complète.
Pour travailler à cette noble et immense tâche, je vous offre la ])onne volonté d'un ouvrier éprouvé, que d'autres peuvent surpasser en habileté, en science, en lumières, mais qui a la prétention de ne le céder à aucun sous le rapport de la droiture, du zèle et du dévouement.