CITOYENS DU 4' BATAILLON
J'étais au nombre des candidats pour le grade de capitaine d'état-major dont le bataillon avait à entendre hier soir la profession de foi. Mais l'assemblée ne se trouvant plus être qu'en très petit nombre au moment où je fus appelé, et vu d'ailleurs l'heure trop avancée, je n'aurais pu dire que quelques mots de ma profession de foi, que j'aurais désire être assez complète. Par ce double motif je retirai ma candidature.
Cependant, aujourd'hui, je cède aux nouvelles instances de plusieurs de mes amis de notre k' bataillon, pour vous donner un rapide exposé de mes litres, et me replacer au nombre; de vos honorables candidats pour le même grade de capitaine d'état-major.
Né dans la classe du peuple, j'ai été élevé dans la classe du peuple, à la charrue de mou père.
A quinze ans, je m'enrôlai dans le 130° i-égiment de ligne. Laissez-moi v^ous dire qu'à cet âge je sentais germer dans mon rreur les sentiments démocratiques.
Je fis en Espagne, comme sous-offîcicr, les quatre dernières campagnes de: l'Empire.
Des titres nulhentiques d'une 2">roposition ofTicielle pour la Légion-d'Honnour, faite en ma faveur, alors que j'étais encore bien jeune, restent dans mes mains.
En 18L5, lors des cent-jours, je pus sei-vir encore un moment la patrie. Une blessure grave, mal cicatrisée, ne me permettant de marcher qu'à l'appui d'un bâton, je me fis incorporer dans le premier bataillon des gardes nationales mobiles de la Charente envoyé à Bordeaux. J'avais dix-neuf ans alors. Je fus nommé capitaine de la compagnie de grenadiers de ce bataillon.
1-a Restauration vint. Mou père avait plusieurs enfants et peu de fortime. J'entrai dans l'administration des Contributions indirectes.
.le figurai dans quelques-unes des conspirations de la Restaïu'ation, j'appartcv nais au carbonarisme.
A la révolution de 1830, je me jetai sur les barricades, et en 1833, avec ma seule croix de Juillet, je me vis obligé de demandera rentrer dans l'administration que j'avais fjuittée il y avait six ans.
vSoupcoimé par l'administration d'avoir pris part à quelques-unes desinsurreelioiis, notamment à celle du 12 mai, cela m'a valu une sorte de prose iplion, une totale privation démon avancement. J'ai donc traversé celte longue période dans mon emploi de conlrôlciu' des contribïitions indirectes. Ceux de mes collègues qui appartiennent au bataillon peuvent vous dire ce que mes opinions républicaines, que je portais haut et ferme, m'ont valu de persécutions.
J'arrive à la révolution de Février.
Le mercredi malin 23, je pris mon fusil, et ma giberne garnie de cartouches. Le lendemain 2/i, à onze heures, il me restait encore trois ou quatre coups de fusil à tirer. La mousqueterie de la place de l'ex-Palais-Royal m'attira de ce côté. Jejelai à la garnison du Chàleau-d'Eau mes trois ou quatre balles, puis je me dirigeai vers la place de la Révolution pour jouir du coup d'œil d'un sauve qui peut.
Ce même jour, vers cinq heures, je me trouvais aux Tuileries ; là, j'eus occa-
sion, secoiuk- par un priit proupc de pôm'rcux citoynis. d'arrarlicr aux mains d'une liandf de malfaileiirs la torche avec laquelle elle incendiait ce palais.
I.e palais des Tuileries en ruine, au centre de Paris, citoyens, eut terni aux veux iler«'traii{;er notre lielle rt\(ilutiou de 18'i8. Tour en d«-prt cier le caractrre, ces mêmes ruines euss< nt * !«• une cm cllciiif oc( asion pour les eniMinis de l'intérieur.
Cela ne de\ait pas èlif.
.le liens à la disposition de tous ceux de mes concitoyens qui voudront en prendre eounaissunce, une copie du protès-verbal de celle lenlative d'incendie, el qui est drposée à la Commission des récompenses nationales.
Je passai la nuit à côté des charLons de l'incendie, en compagnie des neuf citoyens qui m'avaient si puissamment secondé. Le poste n* 2 du cliâteau. commandé par M. le capitaine Masson, élu par le peuple, sur la demande que nous lui en limes, nous jiorta sur la liste des citoyens qui coni2)Osaitnl son poste. Je lis là, pendant celle dernière nuit, deux factions, deux patrouilles.
Et, le vendredi 20, à onze heures du matin, et alors que la Répnhiique, pour laquelle j'avais (ail toute ma vie tant de vœux, était ofliciellemenl proclamée, je rentrai chez moi.
^oilà, chers concitoyens, d'où je viens, qui je suis, cl ce que j ai fait comme républicain démocrate.
Salut et fraternité.
LANÇON, Sr compagnie, rue dcl'Abbaye, 3.
Piiris. — T%7i. de Firmin Didol frères, rue Jacob, o6.
AUX ELECTEURS
Des Bouches-clu-Rliônc.
CONCITOYENS
Si trente ans de sacrifices et de souffrances pour la République peuvent être quelque chose dans la reconnaissance nationale, alors la prétention d'aspirer à la dépulation départementale ne peut pas être regardée comme une témérité de ma part. Oui. Marseillais, j'aspire ù être votre représentant. Mais, sache/.-le bien, avant d'avoir eu cette ambition . je me suis jugé et me suis dit : Si dans les circonstances actuelles il ne fallait que des législateurs profonds, des savants à haute portée et des génies éminents, ton ambition ne serait pas pardonnable; mais s'il faut de ces gens-là à l'Assemblée nationale, il lui faut aussi des hommes de cœur, de probité et d'une fermeté telle qu'ils nhésilassenl pas un instant,
s'il clait nécessaire do mourir sur son siégo plutôt que de consentir à une réaction quelconque. Eh bien ! je suis un de ces hommes , et mon passé est la garantie de ce que j'avance.
Les Marseillais ont-ils besoin d'une profession de foi de ma part? Je ne le pense pas. Cependant qu'il me soil permis de dire à mes compatriotes :
CONCITOYENS
C'est pour la troisième fois, depuis 89, que la France est devenue libre! Mais cette fois, espérons-le, ce sera la dernière que les rois et les escamoteurs de révolutions auront fait couler le sang français. Non, plus de royauté possible !... mais plus d'échafauds non plus!... La sainte devise que porte notre glorieux drapeau étant la loi de Dieu, de l'Evangile du Christ, la Terreur ne peut plus renaître. Tous les honnêtes citoyens comprennent que sous une telle bannière il ne peut y avoir que le méchant qui la repousse ; toute terreur, je le répète, est impossible.
Le jour de la vérité et de la justice est arrivé ; un soleil radieux va répandre ses bienfaits sur toutes les classes de la société. Mais cette fois , l'Egalité n'étant plus un vain mot, la classe des Travailleurs , si indignement déshéritée sous la monarchie par une caste d'ambitieux et d'inhumains, ne sera pas oubliée; elle aura sa part sur le produit de son travail , comme elle aura sa place dans toutes les administrations. C'est ainsi qu'elle deviendra l'égale du ca2)italiste et de l'homme de talent.
Plus d'aristocratie , sous quelque couleur qu'elle se présente , autrement Liberté, Egalité et Fraternité ne seraient que des mots chimériques, et ce n'est point ainsi que l'entend la nouvelle République. Là où le Peuple est réellement souverain, nul n'a le droit de se croire au-dessus de son semblable , quels que soient ses talents et sa richesse.
L'esprit de conquête étant un esprit de désordre social, de sang et de piraterie, je le repousse de toute mon âme. Et, par cette même raison , si les puissances étrangères cherchaient à mettre le pied sur notre territoire , je serais le premier à crier : Aux armes ! et à voler au combat si ma présence y était nécessaire.
Qu'on se rappelle bien que l'homme qui !a toujours eu pour devise : Dieu, le Peuple et la Liberté, ne peut devenir ni ambitieux, ni traître.
Vive la République
CARPENTRAS AÎNÉ, Peintre
Marseille, — Imprimerie deCiiACFPARD, boulevart du Musée, 21.
C0>1ÏTE CENTRVL IIKIH liLTCVIN
m nKPAnTFMFNT i)i;s noiciii-s-DU-nnoNK.
But.
LeComitt- a pour but «lo cenlraliser toutes les forces républiraines du Département, conilvittre toutes les tendances réactionnaires, et travailler au triomphe complet des principes démocratiques.
Formation.
Nul no pourra faire partie du bureau du (loniilé central républicain, s'il se porte candidat à la Kepnsentalion nalionale.
Le Comité central n'acceptera pour adhérents que les clubs éminemment républicains.
A cet elfet. chaque société qui se présentera sera soumise à la sanction d'une comniissioii char^'te de prendre di>; informations sur leconipte des demandeurs.
Ce Comité sera composé de la réunion des délégués de tous les clubs et corporations qui adhéreront aux présents statuts dans la proportion ci-dessous ii\<'"e.
Tout club ou corporation aura droit à Tafliliation au Comité, s'il présente un état nominatif de cent membres au moins, avec indication des domiciles, pour évit«'r tout doubli^ emploi.
A ce chill're de ccnl. il aura droit à être représenté audit Comité par un délégué, dont le nombre augmenterait à raison de un par cha(|ue cent membres de plus.
Néanmoins, lorsqu'il ne manquera plus que vingt-cinq membres pour compléter une centaine au-dessus de la première, cette fraction aura droit à un délégué comme si elle était arrivée à la centaine complèle.
Les clubs «les connnunrs rurales de l'arrondissement de Marseille pourront être représentées au Comité central par un délégué quand même le nombre de leurs adhérents respectifs fut inférieur au nombre de cent (i\é par le présent article.
Le Comité ainsi constitué élira son bureau, qui sera composé : D'un Président ; Quatre Vice-Présidents ; Huit .Srcrétaires; Deux Trésoriers.
Opéralions.
Le Comité divisera ses fonctions en divisions administratives et politiques. Les premières seront décidées parles déléguas présents à la séance, les présents délibérant pour les absents.
Les secondes proxieiulroul direcltiiuiil des clubs au Comité ou du CoQiilé vers les clubs ou corporations.
Dans le promit r cas, le délégué fera connaître au Comité la décision prise dans son club ou corporation.
Celle décision sera immédialenienl soumise au vote de l'assemblée, et le résultat sera transmis par les délégués à tous les clubs ou corporations adhérents au Comité ceulral.
Dans le deuxième cas, la décision prise en assemblée par le Comité central, à la majorité des délégués présents, sera Irarismisepar lesdils délégués à leurs clubs ou corporations , et la décision desdits clubs et corporations sera reproduite au Comité par les délégués, afin que sur leurs observations il soit statué déliniti- ■venu lit en asscmblt';e générale.
Toutes décisions ainsi prises en assemblée générale par le Comité central deviendi-a, quant à son exécution, un engagement d'honneur pour tous les clubs et corporations faisant partie dudit Comilé.
Dls que le Comité central sera définitivement constitué, il se mettra immédialement en rapport avec les autres comilés du département, et il échangera régulicrenienl avec lesdils comités des rapports sur Lurs travaux respectifs.
Des délégués.
Les délégués seront accrédités auprès du Comité central par la représentation du procès-verbal qui leur confère cette fonction.
lis ne pourront être révoqués ou remplacés auprès dudit Comité que par décision de leurs clubs ou corporations, dont connaissance devra être donnée par lettre, adressée au président.
Adminislralion financière.
Les fonds nécessaires à la subvention des frais que nécessitent les opérations du Comilé, seront remis en main des trésoriers parles délégués des clubs et corporations, qui auront à verser, par mois, la somme de cinq francs par chaque cent membres dont se composent lesdils clubs ou x^orporalions.
Ln rapport sera fait en séance publique tous les trois mois par les trésoriers.
Circulaire du «iéncra! DIBOIRG, Ciindidat à l'AsseDibli^c Nulionaic.
En juillet IS.'îO, j'ai eu l'honneur d'être le général des ouvriers , des élèves des grandes ('coles et des citoyens qiii voulaient cf)nquérir la Liberté.
Les ouvriers s'en souviennent encore, pui.squ'un grand nombre d'entre eux sont venus spontanément me proposer d'élre l'un de leurs candidats à l'Assemblée Nationale, proposition que j'ai acceptée avec autant d'empressement que de reconnaissance. Si j'ai été llalté de celle proposition, je n'en ai point été surpris; car depuis près de di.\-luiit ans que je suis l'ami , le confident et le conseil d'un
grand nombre d'oiivriors. j'ai étt- liiiMi dfs lois d.nis le fa« d appréfii'r la noblesse el la générosité de leurs sentiments. Je puis même apprendii- aux égoî-iles ipie celui qui l'ait un peu de bien à im homme laborieux est certain de se l'aire un ami. Les ingrats ne se trouvent que parmi \<'s fiiinéants ri ïcs amf/ilienx , que parmi rcs liommes sans rœur. qui sont indillcrenls à la gloire et au boidieur de la patrie, l-es ouvriers sont reconnaissaiils du peu de bien qu On leur fait, parce qu ils sont réellement et sincèrement patriotes; ils ne demandent pas à vivre aux dépens du budget national; leurs prétentions sont bien légitimes, puisqu'elles se bornent à demander d(>s travaux é(piital)letneiil lélribucs. .le souhaite que les riches aient loi en mes paroles; alors la peur qui les tourmente se calmera ; au lieu de l'uir et de se disperser, ils se i-éiuiiront et s'associeront pour occuper les tra\ailleurs. (>ue le travail reprenne de l'activité . aussitôt le crédit commercial renaîtra, les terreurs paniques se dissiperont. l>a Fralernilé. inscrite sur les drapeaux de la République, entrera dans nos mœurs nationales, et nous serons le peuple le plus grand, le ])lus heureux de la terre. Riches, écoute/ la voix d'un bon Citoyen . reconnaisse/ rranchenient la niai,'nanimilé du peuple! Plus vous vous approchere/ de lui. plus vons l'estimerez, l'honorerez et l'aimerez; alors, lui aussi vous aimera. Les intérêts de tontes les classes qui composent une nation sont relatifs et solidaires, ne roul)liez pas. Si le peuple est malheureux, vous le serez : si, au contraire, ce peuple qtii ne demande qu'à travailler est heureux , vous le serez aussi. Dieu v(Miille rendre vos esprits accessibles à la vérité et vous accorder la faveur de comprendre vos devoirs et vos intérêts.
l'our avoir annoncé à Louis-l'hilippe sa chute, telle qu'elle a eu lieu, j'ai souffert plus que personne pendant près de dix-huit ans. J'ai été peis<'cnté avec iino perséW'rance cruelle; ruiné et calomnié avec un acharnement inouï. Le brave gi-néral ."^ubervie lut prive du comnjandcment de Paris pour ne m'avoir pas fait arrêter sans motifs et seidement pour plaire à Louis-l'hilippe. Hh bien! aujourd'hui . je suis sans rancune. J'imite la magnanimité du peuple, et je rencontre mes persécuteurs sans qu'aucun frt'missemenl de vengeance ou de haine s'élèv*' dans mon cœur. Ils sont nombreux ceux qui ont soull'ert . cl cependant je n'entends aucune des victimes de ce règne honteux proférer des menaces de représailles : bien plus, les agents des turpitudes de Louis-Philippe osent déjà lever la léte et se vanter de leurs vertus républicaines, sans que persoruie se mette en colère. Si on a déjà pardonné aux coupables, comment se fait-il que les riches qui n'ont pris aucune part, et c'est le plus grand noml)re, aux crimes du systènii'. se montrent si ellrayés de sa chute? Oh ! riches. f[ue vous êtes aveui(les ! Ouvrez les yeux, et vous reconnaîtrez que la main de Dieu a terrassé le vice pour faire triompher la vertu du grand peuple dont vous faites partie.
Au temps de Louis-Philippe, les candidats à la (l<pulation avaient l'habitude, après s'être vantés outre mesure, de l'aire les plus magniliques promesses à leurs électeurs; puis . aussitôt qu'ils étaient élus, la majorité de c^es incorruptibles trahissait les inté-rets du pays et vendait sa conscience à ini pouvoir ennemi du peiiple. Je demande la pr-rmission aux Citoyens fjui me croiront dignes de les représenter, de ne me point vanter moi-même. Malgn- les calonniies di-s philip— pistes, j'ai de nombreuses preuv«'s qu»' les bons (^itoyervs connaissent mon dévouement aussi sincère que désintéressé à la patrie , qu'ils m'honorent de
leur ("slinie, qu'ils savent tous ce que j'ai souH'ert pour la cause de la liberté et tout ce que je puis faire encore pour celte cause si sainte.
Quant aux promesses , voici en abrégé ce <juc je ferai si j'entre à rAssenibléo Nationale : Je défendrai la République avec con\iction, et j'espère, au besoin, prouver qu'il n'y a point d'autre gouvernement possible en France. Il me paraît évident que ceux qui ont une opinion didérentc sont des ignorants ou de mauvais Citoyens; car pour renverser la Répuhiitiue. il faudrait massacrer plusieurs centaines de mille Citoyens fort résolus à la défendre jusqu'à la mort.
Je travaillerai avec ardeur à l'organisation du gouvernement républicain, et je ferai voir que les erreurs ou les fautes de 93 ne peuvent se reproduire en 1848 ; qu'enfin l'ordre public sera maintenu et fera la force du gouvernement de la République.
J'espère prouver que sur un liudget tel que celui présenté cette année , on peut faire 5 « 600 millions d'économie. J'ai étudié les questions de finances, elles me sont familières, et je suis en état de prouver que le budget du Consulat peut suffire à tous les besoins de la l'rance; mais pour cela, il faut achever de détruire les abus et arrêter la dilapidation des finances : si on ne le faisait pas, la République périrait, c'est ma conviction.
Les organisations des départements de la guerre et de la inarine sont mauvaises, vicieuses même en plusieurs points essentiels. Si l'elfcctif actuel de l'armée était jugé nécessaire, ce qui n'est pas mon opinion , on pourrait encore diminuer les dépenses et supprimer des abus monstrueux.
On doit organiser dans l'armée des cohortes spéciales de soldats travailleurs, destinés à exécuter certains travaux publics d'une grande utilité générale et qui ne peuvent être entrepris par des associations particulières. Au premier rang de ces travaux , il faut placer l'endiguement des lleuves et cours cl'eau. Entreprise considérable qui illustrerait le Gouvernement républicain, car le résultat serait de doubler la production territoriale de la France et de faire baisser le prix du pain et de la viande.
Ouanl à lorganisation de la marine, on ne vit jamais rien de plus défavorable. Sans aucune augmentation de dépense , on pourrait doubler le personnel combattant; il suflirail de supprimer le gaspillage et une foide de dépenses accessoiies qui n'ont point de but utile et qui entravent sans cesse le service. On a le droit de penser que le département maritime avait été organisé dans la pensée secrète d'empêcher la France de posséder une marine de guerre capable de se faire respecter.
Je m'occuperai encore sans relâche de fixer l'attention du Gouvernement sur l'Agrirultiue. bes agriculteurs théoriciens prétendent que notre agriculture a lait de grands progrès : lavéritéestquedepuis trente-trois ans, cette source principale de la richesse nationale a été négligée, et quand l'on compare nos soi-disant progrès en agriculture avec ceux réalisés chez nos voisins, on voit combien noiis sommes en arrière, et à queijioint nos grands intérêts nationaux ont été négligés par les deux derniers gouvernements. N'est-il pas honteux qu'il existe en France un département des Landes? N'est-ce pas une grande honte , puisqu'on peut le transformer en dcparlemcvt des Prairies.
Par la faute des derniers gouvernements les campagnes se dépeuplent , et les villes s'encombrent de malheureux que les fabriques ne peuvent employer , et
auxquels trailU'ur< « lies ne pouM-iil ciliVir <|u"uii s.ilaiic iiisnlll>;aiilj)Our la subsistance d'une famille.
l,a Trance jn-ut «Ire nianufai tiirii rc «l conuncriiale ; mais ]ioiu' cela il faut qu'elle commence par cire grand mr»/ «[/nco/c , et c'est ceque les ^ouveruauls n'ont jamais \oulu comprendre. C'est la j)opulation aj^ricoie qui tloil consommer la majeure partie tlu produit des fal)ri(iues du pays, l'exporlalidu ne vient (|u'après. Si la ii«pul)li<pie ne se [ a.-sionne pas pour raj;ricullure. je !e pioclame liautoment. son existence sera continuellemenl remise en question. Ici je ne peux pas entrer dans \<- fond de cette question, beaucoup plus politique qu'on ne semble gén<ial<'nieut le croire.
11 y a encore une question importante et liicu dij^iiede l'attention des hommes éclairés. La France i^émit sous le poids d'une niidtilude de lois absolument contraires à la liberti- et ([ui eiitra\enL tous les progrès. Il laul que Ion les les lois oppressives soient supprimées. Si j'entre à l'Assemblée National*' , je travaillerai vivt^mcnt à la destruction de cet arsenal de despotisme.
l.nliu l'union de tous les citoyens et la fusion de tous les iutérèls dans l'intérêt nnlional étant absolument nécessaire sous le rapport de notre grandeur et de notre prospérité , je m'occuperai de toutes nu-s forces à l'œuvre de cette fusion ; c'est-à-dire (|ue je défendrai viveiuenl les droits de tous. La R<publi(|ue nu besoin ni de corroni])re ni d'opprimer ]iersonne ; elle sera grande et })uissante j)ar l'équité seule.
A mes Concitoyens, salut et fraternité.
u. «iK.NERAi, DLBOLRG (josErii-rAinuK),
Présiilciil lie la Coiiiniission des décoiés de Juillet, 8, me de Marbeuf.
Belleville. — linp. de GALBAN.
REpiBLigri: fiiaxçaise.
l.IRERTÉ, ÉGALITK, FRATERNITE.
CANDI])ATlllE
AU GIIADE DE LIElTi:>A]>T-COLO>EL
DE LA XL l.LCKn.
CITOYENS
Tout candidat à vos suffrages doit proclamer devant vous ses principes et la conduite qu'il suivra. Je remplis un devoir en vous déclarant ce que j(' veux, ce que je ferai, si vous me placez comme lieutenant-colonel à la tête de votre légion.
— iU —
Je \eux le niaintiea de la République une et indivisible ;jeveux les institutions démocratiques les plus larges et le développement radical de toutes les promesses contenues dans notre sainte et immortelle devise : Liukuté, Ecalité, FiiATi.nMTii.
La liberté de la pn'sse et de tous les modes de nianilestalion de la pensée, la liberté illimitée des cidtes, la liberté complète d'association, l'égalité de tous les droits et de tous les devoirs, la réunion fraternelle de tous les citoyens dans une même famille sous le drapeau de la garde nationale : tels sont les principes que je soutiendrai.
Je défendrai la souveraineté du peuple, le respect de la propriété, l'organisation progressive du travail, la concorde et la paix dans la cité.
L'existence de la République ne p<Mit désormais être mise en question : mais il appartient aux représentants du p(!uple de déterminer librement la forme organique du gouvernement républicain. Nous devons tous défendre les décisions de l'Assemblée nationale appelée à doter la France des institutions nouvelles que réclame le triomphe de la démocratie; mais je n'hésiterais pas, quant à moi, à combattre les votes attentatoires à la souveraineté du peuple.
Je suis républicain démocrate. Je ne servirai jamais que la République. Partout et toujours je combattrai les ennemis de la démocratie.
Je serais fier de marcher à votre tète pour la cause du peuple.
VIVE LA RÉPUBLIQUE
Paris, le 23 mars 1848.
Victor M ASSON,
Lii)iaire, place de l'Ecole-de-Médeciue.
Paris. — Iniii. do L. Maitinet. nie Jaooli, 30.