‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 285 sur 295 · AGI · texte numérisé non relu

AGI

« ce noble jeune homme le recommnndent tout parliculibrement îi I j jaslice, disons plus, à < la reconnaissance du Gouvernement. »

Après la rt-volution de juillet, je n'ai pas fait appel à la justice du Gouvernement. Quant à sa reconnaissance, des persécutions et ma ruine, qui fut son ou\rage, me l'ont lémoiijnée assez Je repris mon idée militante, et ladérnocralio trompée après sa victoire inc retrouva parmi ses défenseurs. Olfieier de l'artillerie parisienne, je fus chargé de donner le sii;nal de l'insurreetion à l'enterrement de Lamarque. V.n avril, on me retrouva sur la brèche; et après chacune de ces deux affaires, je fus ohligé de me cacher pour me soustraire à rcxccution d'un mandat de la cour des pairs.

Je ne rappellerai pas la part que j'ai prise à la fondation et à la rédaction de la Ut forme. Mais, grâce à ce litre de n'dacleur de la liéformc. >l m'est permis d»^ m'abàtenir d'une déclaration de principes. Les doctrines j)olili(iues et sociales de ce journal sont connues do tous : nul n'ignore quels germes puissants et féconds Cavaignar, l'hx on et Hil;e\ rolles ont semés ; quelle somme de sentiments g<''néreux et élevés ils ont fait entrer dans la circulation morale. Je me considère comme le moindre de leurs collaborateurs; mais, enfin, j'ai partagé leurs travaux, «>t je suis, après eux, un soldat dt; la pensée démocratique.

J ai dit .soldai, et, en ellet, je me suis jelé, en lévrier lS't8, au fort de la bataille i le 23, au milieu des barricade» ; le 24, sous le feu de la place du Palais- Royal. Pendant ces jfiurui es de gloire, j'ai i;u le bonheur, en exposant mes jours dans la rue Ijourg-l'.Vbbé, de contribuer avec d'autres citoyens à arracher à une mort iomiinenlc cinquante ou soixante gardes municipaux menacés par la colère du penj)le dont le sang avait coulé, dit-on, sons leurs balles meurtrières.

^oici quelques lignes extraites d'une lettre que m'a adressée le lieutenant Bouvier ;

« 11 est certain, incontestable, que vous avez exposé votre vie pour sauver la

« mienne. Qiinnd je disais à trics so.dais que je mourrais avec eux s'ils (levaient mourir, « cela él;iii naturel; j*; les aimais comme mes enfants ; mais lorsqur-, vous qui ne me con- « naissioz pas, vous avez eu la noblesse de me dire : t Je ne vous quitterai pas ! Si on vous « lue, on me luera ou je \ DUS sauverai Cela était.... »

Je m'arrête devant l'expression d'un sentiment trop chaleureusement exprimé,

Et maintenant, vous sa^cz ce que je suis, ce que j'ai fait; il ne me reste plus qu'.-i résumer ma profession de foi en deux paroles:

J'ai combattu toute ma vie pour la cause qui a triomphé hier.

Avant la vicloire, je n'avais reçu que de ma conscience la mission de lutter pour la l«éj)ublique ; c'est de vous aujourd'hui que je sollicite un mandat qui me permette de coucourir à sou organisaliou. ,'

Etienne ARAGO.

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i' "'"■"'" 'Paris.- Imprim. de BOULÉ, rue Coq-Héron, 3.

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