‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 284 sur 295 · AUX ELECTEURS DE LA SEINE · texte numérisé non relu

AUX ELECTEURS DE LA SEINE

LE CITOYEN Etienne ARAGO.

Ma vie polilique est une Je suis, j'ai toujours cté républicain démocrate.

Trois époques surtout ont mis on lumière ce qu'il y a en moi de conviction et d'énerfric républicain»! : 1820, 1830, 18/i8.

En 18"20, alors que la démocratie ne comptait que de rares soldats, j'allai, bien jeune encore, me présenter à elle, et enrôlé volontaire, je pris place dans ses rani,'s. Depuis ce jour, je me suis associé à ses vingl-huit ans de travaux, de luttes, de douleurs. J^a (lén)ocrdtie a été plusifuu's Ibis vaincue, et quand sa cause semblait désespérée, lorsque quelques-uns de ses plus ardents défenseurs, à bout de forces et de patience, fléchissaient sous la défaite, sous la persécution, sous la menace, sous l'injure , soui la raillerie (!t le scepticisme, j'ai gardé avec ma foi l'espoir et le courage ; et toujours debout au milieu de mes frères d'armes, j'ai continué à acconjplir ma tâche de républicain.

Au d( but de celle première période de ma vie, j'entrai dans la Charbonnerie, et j'eus le bonheur de faire partie d'une vente centrale naissante qui bientôt compta dans son sein Cavaignac, Guinard, Audiat, Thomas, Bastide, républicains persistants, qui se relrouvèient, comme moi, le fusil au poing sur les barricades de juillet. ,,; .,„jpew ^.bui ..in.,1..' -'• - . . ,

De 1820 date aussi mou entrée dans la carrière des lettres; et si je donne place ici à ce souvenir, c'est que chez moi le labeur littéraire a été inséparable du la1)eur politique; c'est qne j'ai poursuivi, par la voie delà presse, la réalisation de mes prin(;ipes, la conquête de la démocratie.

Pour moi, la plume a été une arme, et j'ai fait feu avec l'idée comme avec le fusil. ^^ .,',,■•',■..

18o0 arriva. Dès le 27, avant quei'd combat fût engagé,' Je fis fermer, malgré la présence du commissaîm de police, les portes du théâtre du Vaudeville dont j'étais directeur. Ce fut le premier établissement public qui donna le signal de la révolte ; et l'on sait cjuc fermer un théâtre c'est jeter un drapeau noir sur une ville. Ce que je fis le 28 et le 2'J, je ne le dirai pas ici; qu'il mesuffise de renvoyer àV Histoire de dix ans et au certificat suivant qui me fut donné, avec la croix de juillet, par la commission des récompenses nationales :

« La commission des récompenses nationales.... considère M. Etienne Arago comme l'un « des citoyens (jni ont fait les plus généreux sacrifices et risqué le plus leur existence dans les « journées qui oui ailruuchi la Francu. Le déyuùiueiitsaiis bprnes elles hautes qualilcs de

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