‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 287 sur 295 · OLINDE RODRIGUES · texte numérisé non relu

OLINDE RODRIGUES

Paris. — Imp. E. Brièrt», me Sainte-Anne, 85.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Citoyens,

Le club de la Société des Droits de l'Homme et du Citoyen, rue du Renard, n° 7 , a spontanément demandé ma candidature de Député à l'Assemblée Nationale, pour le Département de la Seine. Le vote unanime qui a ratifié cette proposition est une magnifique récompense qui paie bien généreusement les elForts patriotiques que j'ai faits pour le triomphe de la cause démocratique.

Je dois aux citoyens qui ont bien voulu jeter les yeux sur moi pour une mission aussi solennelle, la présentation de ma profession de foi aux clubs démocratiques, afin de soumettre ma candidature à leur appréciation.

Fils d'un palriole de S*.), jicrfOciilt .sous la rcstauradon. je suis m- ri'publicain et oniciillemont rt'oonnu coninie loi le joiu- où l'iiisunrtlJon Lyonnaise de 18.'^4 a «■■clatf , le jour où mon nom a c lé poilé devant la Cour des Pairs, avec celui des purs Drnioerales t|ul ont ollert le saerilice de leur \ie à la j)alrie.

Voici ma profession de Coi : Le. peuple a fait acte de souveraineté en proclamniit la lu'j)Ml)li(|ue. Toute autre fornie dcCiOuvernenicnt serait un crime de haute Iraliisoni iivi I s lepi uplesouvei aiii. .le dé( lare donc que je npousseiais de toutes mes forces toute tcnlalive d'inlroniscr on autre liouvernement. Je repousserais également toute tentative qui tendrait à scinder le pouvoir j)o])ulaire, poiu' le ( oncenlrer dans un oujdn>ieurs indi\idus, soit sous le nom tledonsnl. tir Président, de Triumvirat etc.., enfin sous quelque dénomination que ce soit. Je n'accepterai jamais (|u'nne AssemliU'e nationale, comme réunissant tous les jiouvoirs souverains qui lui seront confiés par le peuple. Dans le cas où la France aurait le malhetir de \oir arriver m»e dévialiou aux ])rincipes tjue le peuple rt proclamée par )a Ré"Volntirii de 18Û8, je promets de proU^ter. de résister, de rendre mon mandat et de faire un appel au penpli",

La Révolution de 18/l8 a été faite par le peuple et pour le peuple, j'eoite.uds le peuple travailleur qui nourrit la j)atrie, la fournit de tous les produits nécessaires, lait proijresser les arts et les sciences et réalise seul sa force et sa splendeur.

Je promets donc de ne m'occuper que du bitu-ètix' des travailleurs, d«' prêter tous mes ell'oits à la ré-alisation d'mie position pour eux en rapport avec les services immens"s qu'ils rendent à la patrie, dont ils sont l'âme et la forci,'.

Je m'attacherai à lendre vraie notre sublime devise: Liberté: Fgalilé: Fraternité. Liberté: en ne soullranl jamais qu'il soit louché aux droits politiques proclamés par le peuple souverain en 1848 ; c'est-à-dire le vote universel, l'aptitude de tous les citoyens aux fonctions et dii^nités de l'Etat, la liberté des cultes, la liberté illimitée de la presse et d'association, la liberlé d'enseignement.

L'Egalité : en soutenant et défendant ce principe dans sa plus large expression, c'est-à-dire en atteignant les fortunes ex;igérées, pour les ramener à ce principe autant que les besoins de la patrie le réclameront.

La Fraternité: en proposant et appuyant les mesures législatives qui peuvent seules nous la donner, c'est-à-dire ré([uilil)ralion du droit de propriété avec le droit du travail, en prenant pour devise : du tt-rrain au travailleur agriculteur,

du capital au travailleiu- induslrittl.

Je promets enfin de conserver pure et intacte notre glorieuse révolution politique et de travailler de toutes mes forces à accomplir la révolution sociale qui peut seule donner de la force à la Nation et placer la République sur des bases inébranlables.

Bressy ( d'Arpajon) Médecin, rue Saiul-Jacques, 3a8.

Imp. iérUitae, rue Sainte-Jacques, 249.

AUX ÉLECTEURS

DE

SEIIVE-ET-OISE.

CONCITOYENS

De nombreux amis m'appellent à la candidature; j'accepte, disposé à faire tout ce qui dépendra de moi pour alFermir la société en Vainclioranl et non ea la démolissant.

Une forme nouvelle de Gouvernement a surgi parmi nous ; il s'agit d'établir sur de solides et larges bases la République.

Sagement constituée, fortement organisée, elle fonctionnera régulièrement pour le bonheur de tous : ce sera la bonne République.

C'est à ce grand œuvre que tout bon citoyen doit se consacrer. J'y suis résolu; que vos sullrages m'y encouragent !

Je veux la liberté, la liberté et l'ordre, la liberté pour tous.

Je veux Tégalilé, celle qui fait tous les hommes grands.

Je veux la fraternité. Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'Evangile nous a dit : « Aime ton prochain comme toi-même. »

Je combattrai, sous quelque forme qu'elle se produise, toute idée fausse qui tendrait à compromettre les droits de la famille et de la propriété.

Soyez donc avec moi, vous tous, hommes de bien !

Mais vous surtout, travailleurs de nos campagnes, cultivateurs, maraîchers, vignerons, paysans comme moi à n'importe quel titre, vous qui ne voulez pas que le sol tremble, vous qui espérez pouvoir, ptr le travail et l'économie, laisser un patrimoine à vos enfants, soyez avec moi, je suis des vôtres. Mon humble position de fortune n'est aussi que le résultat du travail honnête et intelligent, du travail aggloméré de dix générations de laboureurs. A vous donc mes sympathies! à moi les vôtres ! je crois y avoir droit.

Salut fraternel.

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