BARRE
Cultivateur au Grand-Villelain , par Versailles, ancien Député, membre du Conseil-Général.
Versailles.. DUFaUHK, inniriiufurde la l'rC-leciure, lue de la l'aioissc, SI.
CAIVWDATURE.
Napoléon THEIL
Aux Electeurs du département de la Seine.
Électeurs de la Seine.,
Un seul degré de renseignement public, l'enscigncMnont supérieur, se trouve rcprésculé ;"i l'Assemblée nationale. Ni l'enseignement secondaire, ni l'enseignement jnimaire n'y ont de représentant direct; et cependant c'est l'instruction populaire qui doit surtout attirer l'attention des législateurs. C'est là que tout est à créer ou à réformer. Personnes et choses, tout le système est à remanier, ù mettre eu harmonie avec les besoins noviveaux, avec les idées nouvelles. L'éducation n'existe nulle part; nulle part, du moins, elle n'est ce qu'elle doit être. N'est-il pas étrange que, dans une Assemblée républicaine, l'élément démocratique et ibndamenlal du corps enseignant n'ait pas son expression ?
Cette considération. Citoyens, me détermine à me présenter à vos sulFragcs. Je n'ai pas la prétention de combler à moi seul celte inunense lacune; mais je serais heureux de servir, au sein de la Représentation nationale, une cause à laquelle on sait que depuis longtemps j'ai voué ma vie et consacré ma plume.
Agrégé pour les classes supérieures, officier de l'Université, professeur de seconde au lycée Corneille (collège Henri lY), je ne dois qu'au concours et à mon droit la position que j'occupe dans l'enseignement. — J'ai publié un assez grand nombre de travaux d'érudition, tous adojjtés par le Conseil de l'Université : — je suis meml)re de l'Académie des sciences, lettres et arts de Nancy : — secrétaire de l'Association républicaine pour l'enseignement national, fondée en grande partie par mes soins; — enfin le sullrage de mes camarades de la XI" Légion a fait de moi, simple grenadier et absent , un commandant en premier. Voilà pour ma personne.
Quant aux principes, les miens n'ont jamais varié.lls sont consignés dans divers écrits, notamment dans im discours prononcé, en 1841, à la distribution des prix du collège de Nancy; dans un autre discours prononcé, en IS/jG, devani le ministre de l'instruction publique, à la distribution des prix du collège Henri IV; dans diverses réponses aux attaques violentes dirigées contre moi, à l'occasion de ce discours, j)ar la presse néocatholique et par les coryphées dn parti ullramontain ; enfin, dans une brochure adressée au pays et aux chambres, il y a huit mois, et intitulé: La Vérité sui' la question d'enseignement. Dans la déplorable querelle du clergé et de l'Lniversitè, j'ai toujours été le premier sur la l)rèche : cela devait être. Enfant de rUniversilé, èlevt' gratuitement par elle, je n'ai lait en la défendant contre d'injustes attaques, que remplir un devoir de piété filiale.
Je tiens ces divers écrits à la disposition di^toiisli'S n'darfeurs do journaux, de tons les présidents de elul)S qui voudront nie lain- riionncur de diseuler ma caiulidalure . Je déclare n'avoir pas une ligne à rétracter, sous la Uépul)lii|ue, de ce que j'ai écrit sous la rnonarciiie. (JuatVi- mots, en ellél. résunn-nl loiile ma doctrine politique, so-'iale et reliijieuse; ce sont(CU\-là mêmes (pie la Uépul)li(pie est venue inscrire déliniliveinent sur le drapeau de la l'rance : l.ini:uri:, Eovi.itk, l'n.VTKUMTK, L'mti; ; sublime devise (pii. appliipiée à létal présent des esprits et des choses, doit sijjnitier pour tous : Ordre, conciliation, conjinnci', étude sérieuse et calme des pr< blêmes sociaux, réalisation (jraduelle et pacifiques des vieux de l'Iiumani'.é, et, par suite, (jucrrc impitoijable à l'esprit d'anarchie et de violence, guerre impitoijaùleà f esprit stalionnuire ou rétrograde.
Tels sont mes principes généraux. Pour ce qui est de renseignement, voici ma pensée: la Hépublique a, selon moi; le droit et le devoir de pourvoir par elle-même, le j)lus largement et le plus complètement possible, à l'inslruelion et à l'éducation de la jeunesse ; elle a également le droit et le devoir d'exiger de quiconque veut s'associer à son anivre d'instruction et d'éducation, sans se placer immédiatement sous ses auspices, les mêmes garanties de capacitc-, de moralité et de dévouement qu'elle exige de ses agents directs.
L'instruction primaire doit être universelle, obligatoire et gratuite;
Nul ne iloit cire admis à recevoir l'enseignement secondaire, même en payant, s'il n'a prouve, dans un examen sérieux, qu'il possède sullisammenl les matières de l'enseignement primaire ;
Tout éièvi- qui s'est distingué dans le cours des études primaires doit être admis gratuitement dans les écoles secondaires ; et, plus tard, s'il y a lieu, dans les écoles supérieures.
Le corps enseignant (et souscette dénomination je comprends aussi le personnel chargé plus spécialement de l'éducation) exerce un véritable sacerdoce ; c'est un clergé civil, qui doit être honoré, sous la République, à l'égal du clergé religieux et des plus hautes magistratures.
Telle est la <loclrine qu(! j'ai toujours prol'essi'c. P(>rsuad('' ([in- les actes sont plus signilicalirs que les paroles, et qu'en lait de conduite; polili<[ue, le plus sur garant de l'avenir, c'est le passé, Je vous livre mes écrits, Citoyens électeurs. Jugez-moi sur pièces.
Napoléon Tlir.lL,
Professeur de seconde au Lycée Corneille, Commandant du deuxicinc bataillon de la XJc Légion, i 4, rue d'Lnftr.
Paris. — Imp. de E. Thnnot et Comp., rue Racine, 28.
CANDIDATURE
DU CITOÏEÎV