‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 294 sur 295 · L. IIÉRONYILLE · texte numérisé non relu

L. IIÉRONYILLE

7, rue Ticquetonne.

Imprimerie de Cosson.

Alix ELECTEURS

(lu (loparfoinent de la Seine.

Citoyens EixcTErRs

Il y a quinze jours, j'ai été désigné au Comité du corps médical du département de la Seine avec les citoyens Ruche/ . Guyol et Récurt , comme candidat à l'Assemblée nationale. Ce témoignage de svmpathic de la part de mes confrères m'a déterminé âme présenter à vos suflrages.

Après l'immense révolution de Février et la proclarantion de la République qui en a été la suite, nulcitoyeu ne s'appartient plus, il appartient tout entier à son pays, et servir sa patrie est le premier comme le plus saint de ses devoirs : c'est pour obéir à ce sentiment que j'inscris mon nom sur la liste des candidats à la représentation nationale.

L'avènement de la nouvelle forme de {{[ouvcrnemsnt ne m'a point surpris; sans doute, il n'étaitguère possible de prédire cette grande ère pour une époque aussi prochaine; toutefois, j'étais de ceux qui attendaient la République, qui l'espéraient , et je l'ai accueillie non comme une étrangère , mais comme une amie, une CiWe du ciel.

Oui, ciloyens électeurs, si mon origine, ma naissance , faisaient en quelque sorte de moi un partisan naturel des institutions démocratiques, mes études sérieuses et mes réflexions m'avaient appris que le triomphe de ces institutions était assuré et que la question de temps était la seule qu'on pût agiter. Les destinées se sont accomplies, et la République s'est victorieusement assise sur les débris d'une monarchie fumante da corruption. J'aime donc la République, mais je n'en suis pas un ami jaloux, et je tends la main à quiconque s'oblige à la servir avec fermeté et loyauté.

Mes principes n'ont jamais varié : en science comme en politique, j'ai toujours été l'homme du progrès. Pour moi, les hommes du progrès ne sont pas les anarchistes, car l'anarchie est le désordn; et la confusion, tandis que le progrès doit tendre sans relâche à bien ordonner les éléments du monde social.

A tontes les époques , dans toutes les circonstauces , je n'ai reconnu qu'un pouvoir, la souveraineté du peupUr. En 1837, dans ma profession de foi aux électeurs de la Charente , je demandais la réforme électorale , l'adjonction des capacités, l'abaissement da cens.

Quant aux lois de septembre , je disais que cette législation liberlicide constituait un véritable anachroijisme , et qu'il importait défaire tomber dépareilles armes des mains de ceux qui nous en menaçaient. La presse périodique, envers laquelle le gouvernement de Juillet avait contracté une dette si considérable de reconnaissance, devait-elle être privée d'un droit dont la violation ne saurait être légitimée que par la suprême loi du snlut du peuple/ Est-ce donc en les bâilloiinanl qu'un gouvernement libéral devait répondre à ses adversaires?

Celui qui, en 1S37, demandait la réforme électorale , l'abolilion des lois de septembre, n'esl-il pas maintenant le défenseur naturel de la République?

Aujourd'hui que la République est proclamée, il reste à la formuler, à l'organiser, à la constituer. Voilà le grave problème qu'il s'agit de résoudre, voilà l'auguste et patriotique mission de lAssemblé-e constituante. L'élection de cette assemblée est un des actes les plus solennels qui aient encore él '■ confiés à notre glorieuse patrie. Après avoir fait surgir la République sous le coup de la foudre populaire, Dieu remet en quelque sorte ses pouvoirs à la France électorale, qii les transmettra elle-même aux représentants qu'elle aura choisis. A la seule idé-c des grandes et sublimes questions (organisation du travail, instruction gratuite pour tons, abolition du paupérisme, du cumul, etc. etc.) qui vont se débattre , à la seule pensée des événements extraordinaires qui se préparent , je

n'accepte qu'en nThniniliint et avec une extrrnie défiance de moi-même l'oraijeux et someraiii nianilat ilonl vous voudrez bien m'honorer. Vive la l'u-puLliquc !

Sahii et fitûernité,

BOLILLAII).

Doyen de la Facullé de Médecine de Paris.

Si M. Copjiens ne se fût fait républicain dans une ville où res]p"''ce manque.

Le Nord, 3 novembre 1837.

Quant il M. Coppens, par ses opinionE républicaines....

Dunkerque, W37.

CITOYENS

La R«''pul)liquo est un fait accompli.

Pour i or{,'arii<eret la cléfeiulre au besoin, il faut des liommes siirs et cprouvt;$.

Mes principes républicains sont connus.

Je n'ai rien à désavouer île mon passé.

Avant et depuis IhiîO. jai j)rouvé mon amour pour mon pays elpoiir la liberté, par mes écrits, par mes actes, alors que ces preuves étaient jugées criminelles.

Je sollicilc avec confiance vos suHVages.

Soutenir la liberté, l'égalité, la Iraternité;

Appliquer le dogme de la souveraineté du peuple et développer toutes les libertés qui en sont la conséquence;

Consacrer le sullrage universel;

Organiser le travail pour tous;

Réhabiliter l'agricullure et lui faire reconquérir im rang qm" doit toujours être le premier, parmi les travaux des hommes ;

Protéger le commerce et l'industrie ;

Réduire les coniribiitions et supprimer les impôts injustes ;

Vouloir la République digne, ferme, et assez lorle pour contenir tous ses ennemis à l'intérieur comme à l'extérieur;

^oilà comment je comprends les devoirs du représentant de notre République.

Citoyens, ces devoirs, je saurai les remplir, si vous me confiez l'honorable mission de vous représenter à l'Assemblée nationale. Vive la République!

Laurent COPPENS.

Montmartre. — Imprim. Pilloy frères et Comp., boulevart Pipale, 48

CANDIDATURE

AU GRADE DE CAPITAINE DÉTAT-MAJOR du Citoyen ALLAUD.

Mf.S r.IIERS COXCITOYKNS,

\ous lUc dt'maildcz ma profession ilc foi, je n'ai qu'à consulter, qu'à écouter mon cœur pour y trouver la véritable éloquence des sentiments patriotiques qui le font hatlre ; que ne puis-jc vous les tracer ici avec le feu qui les anime; que ne puis-je ouvrir ma poitrine povu' que chacun de vous y puisse lire et la franchise et la sincérité de mondévoùment à la cause sacrée du peuple, à la défense de nos libertés.

En 1830, déjà mes preuves étaient faites, cinq blessures reçues dans diverses attaques, sont la preuve de mon dévoûment; et si depuis, j'ai pu donner de nouvelles jifaranties à cette sainte cause, en travaillant de tous mes ('IForts à préparer la sublime et merveilleuse révolution qui vient de s'accomplir; c'est assez vous dire que j'ai eu ma large part de persécutions sous le régime honteux, déshonorant que nous avons, comme eu Juillet, broyé en trois jours sous nos pieds.

Je suis fier deces titres-là, et je n'en ai pasd'autresà vous apporter, mais vous pouvez voir que par mes précédents , par la ligne politique dont je ne me suis jamais écarté et que je suivrai toute ma vie , que je suis tout prêt à me dévouer encore pour le salut de la patrie et pour défendre et faire triompher notre belle Républifjue. Que le gouvernement s'appuie résolument sur un peuple franc et généreux; qu'il lui donne l'exemple de l'union, de l'unité, de la confiance, et de la fermeté, l'ordre sera solide comme la liberté, le commerce, le travail et l'industrie; la I\épubli(jue triomphera, fera l'honneur de la France et accomplira l'honneur de l'humanité.

(lilovens, recevez mon salut cordial et fraternel, et vive la République!

ALLARl), Rue des Gravilliers. 31.

Page 1