LYONNAISE
Citoyens du départeiiient du Rhône,
Le Icmps des fictions politiques, gouvcrnemenlalcs , monarchiques, conslilutionnelles , voire n.ènic républicaines, csl irrivocablement el h jamais passé. Les pa\és de Paris les ont enterrées. Le temps des vérités «'public aines est venu. Il faut les soutenir, il faut les faire triompher. Il faut d'abord l'unité parmi nous. C'est la luisupién:e , la loi d'hainionic du cor[is social que nous voulons fonder sur des bases inaltérables, impérissables.
Mais pour que la vérité en toute chose se fasse jour pour le bien de tous, il faut le concours de tous; il faut que chacun a[iporle à l'œuvre sa part individuelle de la grande souveraineté du peuple, dont il est el doit être membre actif el pensant.
Donc, citoyens du département du Rhcnc : Vous tous! ouvriers des corps d'étal! des industries ! des arts ! du commerce ! de l'agriculture ! Vous ! hommes de lettres ! hommes de science I poètes ! philosophes ! ouvriers de la (lensée humaine ! Venez vous associer à nos travaux ! Venez apporter à notre œuvre sainte le concours de vos forces, de votre intelligence, de votre génie !
Tous ! nous voulons vivre en iravaillaut ! Donc ! plus d'oisifs parmi nous! Car l'oisiveté est la mère de tous les vices. C'est l'oisiveté (jui engendre l'égoïsme , qui engendre à son tour le plus funeste de tous leslléaux! Le poison le plus corrosif, la corruption morale, qui, à son tour, engendre tous les autres fléaux de l'humanité!
Les oisifs oni tué les monarchies, ils voiidraiinl aussi tuer notre République; mais ils n'y parviendront pas, si nous ne souffrons aucun oisif dans le sein de la eociété ré|iublicaino. Travaillons ; voilà notre premier devoir ; nous le remplirons avec zèle. Nous vouions aussi tous mourir en combattant ceu.\ qui voudraient opprimer le Peuple, cl maintenir les privilégias de queUjue nature qu'ils soient. Noui les coinballrons juscpi'à ce que nous les aycms vaincus el forces de vivre avec nous en /)f»fs ; jusqu'à ce (]u enliii nous ayons for.dé li^ui.s toute sa vérité, sa plénitude, sa pureté, le règne de la liberté, de légalité, de la fraicrniié.
Voilà notre foi, notre religion. Voilà l'espérance qui soutiendra notre courage. Voilà le saint amour qui nous anime.
Ce devoir nous le remplirons avec dévouement et persévérance. Nous atteindrons le but et la récompense de nos travaux : Le bien-ôlrc général, le bonheur do l'humanité. Dieu est avec nuus. Dieu nous bénira. Nous triompherons.
Car nous voulons le droit éternel, d'où découlent tous les droits civils , politiques cl sociaux. Citoyens! nous serons lidèles à notre immortelle devise : vivre en travaillant, mourir en combuilant !
VIVE LA REPUBLIQUE! DESAVENIHRE, président,
Un avis très prochain indiquera le lieu, le jour et S", rue de Provence.
l'heure de la réunion. On s'inscrit chez le prési- LYON I.E.M.VT, sccrélaire.
deni, de onze à une heure.
Imprini cemrale îles Clieiiiiiis de Ker de Napoléon Chah cl Cic. riiu Ber^'ère, 8.
Vendredi »6 février i»Afi.
LE POPULAIRE
AUX C0M3IUNISTES ICARIENS.
Travailleurs nos Frères,
Nous avons toujours dit que nous étions, avant tout, Français, Patriotes. Démocrates, aussi intrépides qu'humains et modérés : vous venez de le prouver. L'horrible trahison qui a fait couler le sang des citoyens, mercredi soir 23 février , devant l'hôlel du ministère des affaires étrangères, a dû vous faire prendre les armes pour la commune défense ; et, dans l'immortelle journée du 24, vous avez partagé l'Iiéroïquc dévoùment de la brave et généreuse population de Paris.
Aujourd'hui, c'est 1' î/n»on seule, l'Ordre et la Discipline, qui peuvent assurer au Peuple le fruit de sa victoire, en garantissant ses droits et ses intérêts.
Kallions-nous donc autour du Gouvernement provisoire présidé par Dupont (lie l'Eure), remplaçant Todleux Gouvernement qui vient de se rougir du sang des citoyens.
Appuyons ce Gouvernement provisoire qui se déclare Hépublicain et Démocratique ; qui proclame la Souveraineté naliotialc et l'unité do la nation ; f,'ui adopte la Praterniic, l'Egalité et la Liberté pour principes, et le Peuple pour devise et mol d'ordre ; et qui dissout les Chambres pour convoquer VAitemhlée nationale, qui donnera à la France la Constitution qu'elle demande.
Mais sachons nous-mêmes réclamer constamment toutes les conséquences de ces principes.
Demandons que tous les Français soient déclarés FREUES, égaux en devoirs et en droits sans aucune espèce de privilège, tous membres de la Garde nationale, tous électeurs et éligibles à toutes les fonctions publiques sans aucune vile condition d'argent.
Demandons le droit naturel et imprescriptible
d'association, de réunion et de discussion ; la li berté individuelle, sans arbitrairo d'aucun homme, la liberté do la pressci sans entraves, sans cautionnement ni timbre.
Demandons surtout la garantie do tous le,s droits et de tous les intérêts des travailleurs ; la reconnaissance formelle du dioil de vivre en travaillant, afin que le père de famille ne soit plus réduit ;l.ra[Ireu3G nécessité d'abandonner sa femme et ses enfants pour aller mourir en combattant.
Demandons l'organisation du travail et l'assurance du bieii-étre par le travail.
Demandons la suppression de tous les IMPOTS sur les objets du première nécessité.
Demandons l'abolition des humiliantes, vexatoires et iniques iiislitulioiii- de la Douane et de l'Octroi.
• Demandons, pour le Peuple, l'inslruetion générale, gratuite, commune, réelle et complète.
Demandons des institutions et des garanties pour le bonheur des FEMMES et des ENFANTS, pour que chacun ait la possibilité de se marier, avec la certitude de pouvoir élever sa famille et la rendre heureuse.
Fidèles à nos principes de fraternité, d'humanité et de modération, do justice et de raison, crions toujours etparloiit : Point de vengeance! Point de désordre, point de violences, point d'oppression pour iiiTsoniie ! mais fermeté, clairvoyance et prudence, aliu d'obtenir justice pour tous!
Point ifalteinteà la Propriété! mais inébran- ' lable persévérance à demander tous les moyens que peut accepter la justice pour supprimer la MISEKE : notamment en adoptant un système
dt'moiratiqiw d'in^gBlité fuccessivenioi'l décri.is>aiiie, et d'ùgalité .^uttcbiMinent croissante.
Gardons-nous dp demander l'application imniidiale de nos doctrines conununibles. Nous a\oi's idiijours dit que nous ne voulions leur irionii'lif i|ue par la discussion, |.ar la conviction, par la puis^anuede l'opiniui) |iulili(|ue, par lu «oiiseHli'iDiiil individuel, et par la voluutù nationale. Ul'^lo^i lidî-lcs i nos paroles.
Mais beaueonji d'entre nous ont conquis do leur san^' le droit d'association, de réunion et de discussion pulilique ; ayons donc aussi l'inéh.'aiilablc con.stance de n^clamer ces droits; et IVxin'rience, jointe ix la discussion, sullira [lour prrsiiadcr et pour convaincre que notre syslèn;e d'organisation sociale et politique est le seul remède ù la misère, le seul ([ui puisse assurer la bonheur et le salut de l'Humanité.
Encore un mol : le Gouvernement provisoire annonce l'armement de tous les citoyens et l'or-
ganisation générale de la Garde nationale tout en assurant l'existence du Peuple : ne déposeï donc pas les armes; ne quittiez pas vos glorieuses et ioitnortelles barricades! Laissez, au contraire tontes vos ufTaires pour vous organiser et vous enrégin-.enter! Achevez, complétez et régularisez voire armement ; demandez que lesba?lilles soienl désarmées, que luus les canons, toutes Us armes el toutes Us mnnilions soient livrées au Peuple ; el que le Peuple parisien soit lout entier sous les armes, organise, discipliné sous les chefs de son choix : c'est alors qu'on aura réflli nifnt la garantie «li- l'Ordre comme de la Liberté, et de la Libi'ité comme de l'Urdre, do mémoiiue, quand toute la Garde nationale do France sera arnue et oiganisée démocralhjuenient, c'est alois qu'on aura la garantie replie do la paix universelle, de l'indépendance des Nations et de la Fraternité des Peuples. Paris, le 25 février 18-48.
CABET
Le POriLAIRE pariillra demain el après-demain.
Typographie cl Littiographie FELIX MALTliSïE elC», rue des Dcux-Portes-Saint-Sauveur, 18.
RÉPLBLI(^)LE FRANÇAISE.
UBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATERNITÉ.^
Le Maire de Paris, averti que des citoyens ont manileslé l'inlenlion de détrniriles résidences qui ont appartenu ù la royauté déchue, afin de détruire jusqu'aux derniers vestiges de la tyrannie, leur rappelle que ces édifices apparliennenl désormais à la nation ;
(Juc d'après une résolution prise par le Gouvernement provisoire,
lis doivent être vendus , pour leur prix être aflecté au soulapement des Victimes de notre glorieuse révolution,
El aux dédommagements que réclament le commerce et le travail.
II invile donc tous les Loiis ritovens à se souvenir que les édifices nationaux sont placés sous la sauvegarde du peuple.
Le Maire de Paris, G ARMER PAGES.
Paris, 25 février 1848.
BoccQtiis, Imp. de la Préfecture de Police, rue de la Sainte-Chapelle, 8.— Paris IIWS.
35 février, six heures du soir.
AUX OUVRIERS