‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 50 sur 295 · REVUE DU 27 FÉVRIER · texte numérisé non relu

REVUE DU 27 FÉVRIER

Deux balaillons par légion de la gardn iialionalc de Paris, tous les baiailloas composant la garde nationale de la banlieue, la 13° légion, les élèves de l'école Polytechnique, ceux de l'école de Saint-Gyr, les élèves d(; l'école de Droit et de Médecine, ceux de !'< cole Normale et d'VKort seront passés en revue par les membres du gouvernement provisoire et par le commandant supérieur de la gard(; nationale.

La ligne sera établie sur les boulevards, la droite appuyée sur la place de la Bastilli'. Toutes les légions avec les drapeaux, sapeurs el musiqu(>, seront rendues sur le terrain à uiidi précis. Les membres du gouvernement provisoire et le général commandant supérieur, après avoir passé devant le Iront des bataillons, se reporteront de leurs personnes au pied de la colonne di; juillet.

Au retour, dès (pi'un bataillon sera démasqué, il se formera en colonne serrée en faisant par peloton à droite, l/'s oflicicrs suj)érieurs el les drapeaux se rendront sur la place de la bastille et se grouperont au pied de la colonne de .Juillet. Le gouvernement provisoire y proclamera la République. Lcsolliciers supérieurs et les drapiaux reprendront leur poste; les légions défileront autour de. la colonne de Juillet et retourneront dans leurs quartiers respectifs.

roi H AMrUATION :

Le CommnnfloiH fntprrienr, Leckefde l'étni mnjof,

DE COLRTAIS. GUINARD.

Paris. -- Paul Dupont, irT)|triiiinnr do l'Elat-Major de la (ianlo nalionulc

l'AMt- — llllpr. La (.01 M ET C, tllC Stiiilllut. It.

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COIVSTA]\T IIILBEY

AU

PEIPLE FRANÇABS.

JcsorsdcSaink'-PrlngiooùjVtaisincarcénS pour avoir (l(''ma«f[ii('"rinr:nn(;tiMÎ(rc do Lamarti.m; qiu' je trouve à la lolcdevoln; nouM^au gouvurncnKiil.Iui (iui,raulro hiver (dans son discours sur les suhsislanccs), excitait le gouvernement à reprimer le peuple (jui axait faim. Les Iraîtn-s seront traîtres éternellemenl. Si vous remette/ votre sort dans de pareilles mains, vous êtes perdus, une nouvelle révolution sera inévitable et le sang de nos frères aura coulé inutilement. Déjà la garde nationale et les écoles prennent la direction du mouvement que h* peuple seul a opéré, la bourgeoisie veut vous escamoter encore ci Ite Révolution. Au nom du ciel , restez debout, déliez-vous de la garde nationale. L'aristocratie des riches , disait Marat, est pire que; l'aristocratie des nobles. Aurez-vous versé votie sang pour ces hommes qui se sont engrais.'iés de vos sueurs et qui n'ont d'autre mérite que leurs écus?

Vive l'égalité! vive la Républi(jue ! mais à bas les faux républicains ! l'Vançais, point de petites réformes ! Vous avez entre vos mains votre boidieur et celui des générations à venir, il faut jeter par terre l'édifice entier de vos lois ; elles ont été faites par des scélérats et ne protègent que les scélérats.

Etablissez des clubs, exigez une Convention n ationau:. et que la salle soit assez vaste pour contenir au moins quatre mille spectateurs, afin (pie vous puissiez avoir toujours les yeux sur vos représentants ; ce point est le plus important, et relui par conséquent qu'on tâchera de ne vous point accorder.

Point d'amnistie ! la punition de tous les traîtres !

Février 18W.

Imprimerie Rue, rue de Sciue, 32,

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATERNITÉ

4n nom du fionvememcnt provisoire de la République française.

Vu l'arrêté en date du 23 février 1848 , créant à Paris une garde nationale mobile;

Sur la proposition du général chargé, par le gouvernement provisoire , du commandement et de l'organisation de celle garde nationale; Lesdispositions principales ci-après sont el demeurent arrêtées :

Formation. — La garde nationale mobile sera formée en 24 bataillons classés entre eux par numéros de 1 à 24, et correspondant deux par deux'à chacun des douze arrondissements de Paris.

Chaque bataillon sera de 8 compagnies.

Chaque compagnie sera formée de 151 hommes.

La force totale du bataillon sera de 1,058; savoir :

Etal-major 10

8 compagnies à 131 h. . 1,048

Total égal

Composition. — Les gardes nationaux seront pris dans les volontaires de 16 à 50 ans ;

Les tambours seront pris dans les mêmes volontaires;

Au début , les caporaux et les sergents seront pour moitié pris dans la ligne , dont ils seront moincnlanément détachés a(in d'organiser l'inslruclion ;

L'autre moitié sera prise parmi les volontaires ;

Les sergents-fourriers seront pris parmi les volontaires sachant bien écrire et calculer.

Les sergenls-majors seront pris provisoirement ilans les sergents-majors ou fourriers de la ligne , dont ils seront momentanément détachés pour instruire administralivemcnt

les fourriers volontaires destinés à les remplacer.

Les sous-officiers et caporaux volontaires seront élus par les volontaires dans chaque compagnie. On procédera à l'élection dès que la compagnie présentera un effectif d'au moins GO hommes.

Les capitaines, les lieutenants cl les souslieutenants seront pris parmi les citoyens volontaires ; celte élection aura lieu dans chaque bataillon , par les volontaires (jui le composent, sous la présidence du maire de l'arrondissement du bataillon, confornuimcnt à la loi réglant les élections dans la garde nationale fixe.

Le capitaine adjudant-majoret le capitainemajor seront empruntés provisoirement aux lieutenants de la ligne.

Le lieutenant officier payeur sera emprunté momentanément aux sous-lieutenants de la ligne.

L'adjudant sous-of(icier, pivot du service du bataillon , sera provisoirement emprunté à la ligne.

Le sergent-vaguemestre sera élu par la eoii,i)agnie.

Les chefs de bataillon seront pris parmi les citoyens volontaires, et nommés par eux, en se conformant à la loi relative aux élections dans la garde nationale fixe.

Solde.

La solde journalière dun simple volontaire est fixée à un franc cinf]uante centimes.

Celle solde .'^era la même pour les caporaux et sous-ofliciers , vu qu'elle est une indemnité cl non le paiement d'un emploi.

A chaque volontaire non gradé ou gradé

sera allouée une indemnité ilc première mise do vingt francs , tenue en réscrveà sa masse de linge et chaussure.

Les tamlioiirs recevront, en outre, l'indemtiilé journalière affectée dans la ligne h l'entretien lie leur caisse.

La solde des officiers, tant volontaires que ceux détachés de la ligne, sera celle allouée, par les lois et ordonnances concernant l'infanlerie de ligne, au grade dont iU exerceront les fonctions dans les bataillons de la garde naiionale mobile.

Les caporaux et sous-dfliciers détachés de la ligne jouiront de la même solde que les volontaires.

Habillement, équipement, armement.

L'habillement sera celui de la garde nationale fixe.

L'armement sera celui de la ligne.

L'uniforme des officiers sera celui de la garde naiionale fixe.

Les officiers de tout grade recevront une indemnité de première mise de trois cents francs.

Les officiers et sous-officiers détachés momentanément de la ligne conserveront leur uniforme spécial.

Service.

La garde nationale mobile doit , comme l'indique son nom, pouvoir à chaijue instant être immédiatement mobilisée ; cela exige que ses bataillons soient toujours à peu près réunis. Par conséquent, les bataillons seront établis dans divers bàiiments qui leurserviront de logement. Ces bâtiments seront situés dans les divers quartiers do Paris ; ce sont soit des bâtiments appartenant à l'état ou à la ville, soit des bâtiments appartenant à des particuliers et concédés par location.

La garde nationale mobile étant l'avantgarde de la garde nationale fixf , 1 1 pouvant devenir l'avant-gardo de l'armé parisii.'nne si un'j guerre étrangère l'cxigiîail , étend son service journalier jusqu'à mille mètres audelà des forts déiachés ; elle ne pourrait être portée au-delà do celle limite que par une décision du gouvernement.

La sûreté et la confiance générales pourront exiger que la garde des forts soit confiée au patriolismede la garde nationale mobile ;

les bataillons alterneraient à tour de r(Me dans ce service, de manière à ne |)as les tenir plus d'un mois éloignés de l'inlérieur de Paris et de leur famille.

Le gouvernement, en avisant à se procurer dos locaux pour log(>r la garde nationale mobile, avisera aussi a les faire garnir de fournitures de couchage.

Il avisera aussi à y favoriser, par des fourneaux et de grandes marmites, la préparalion de la nourriture en cominun et par association, si économique pour chai|ue personne.

Vn certain nombre d'exemptions de résider dans les bâtiments communs pourra être accordé aux volontaires dont l'état des familles l'exigerait.

Discipline. — La discipline sera sauvegardée par les gardes nationaux eux-mêmes.

Il y aura dans chaque compagnie , pour toute punition excédant vingt-quatre heures de salle de police, un conseil de discipline composé de cinq membres.

Il y aura, par bataillon, un conseil de discipline composé de sepl membres.

Les membres seront désignés par le sort, et renouvelés chaque mois , par moitié , par le sort.

Les décisions seront prises à la simple majorité. Les punitions prononcées dans ces décisions seront basées sur lo code disciplinaire de la garde nationale fixe.

Le garde nationaf inculpé sera d'abord jugé par le conseil de sa compagnie. Si ce conseil prononce une punition, l'inculpé sera de nouveau soumis au conseil do discipline •lu bataillon , qui infirmera , diminuera ou confirmera.

Ces conseils se réuniront, quand besoin sera , à l'heure du rapport , et prononceront immédiatement, sans (ormalitédc procéduie, sur la plainte verbale du chef qui réclamera une punition.

Ces décisions et répressions correctionnelles ne regardent que les fautes de simple discijiline. Pour des fautes plus graves, les gardes pourront être expulsés et rayés des contrôles. Cette radiation sera p' ononcée à la sim|)le majorité, par la compagnie. Dans ce cas, la compagnie devra présenter au vote les deux tiers plus un de son effectif du jour.

Engagement, — Les volontaires, pour être

inscrits sur les contrôles de la garile nationale mobile , devront signer un engagement par lequel ils seront tenus de servir pendant un an et un jour , à dater du jour de leur signature donnée. Avant ce terme, les engagements ne pourront être annul' s que par une décision législative du gouvernement, qui diminuerait ou licencierait la garde nationale mobile. ■

La formalité de l'engagement se bornera à la signature de l'engagé , sur un registre tenu par le corps , à ce disposé , et l'engagement ne sera reçu qu'après visite préalable de l'oflicier de santé.

Ne pourra èlre reçu à s'engager tout citoyen ayant subi une condamnation affective et infamante.

Etat' major général.

L'état-major général, destiné à centraliser toutes les dipositions de service relatives aux

24 bataillons sera composé de :

1 chef d'escadron d'état-major, chef;

4 officiers d'élat-major , ou plus s'il est nécessaire.

L'état-major, devant occuper une position centrale , sera établi dans le palais ci-devant Hoyal, redevenu propriété de l'Etat. Le reste du bâtiment sera occupé par une fraction de la gai do nationale mobile.

Le général chargé de l'organisation est autorisé il prendre deux nides-de-camp.

Le gouvernement provisoire de la Républicpio, reconnaissant des services qu'auront rentlus à la patrie les ofliciers , sous-oflicicrs et caporaux détachés momentanément des régiments de ligne, pour l'instruction et l'organisation des bataillons de la garde nationale mobile, s'engage à en faire un titre puissant pour l'avancement de ces officiers et sous-officiers dans leurs régiments respectifs.

J'aris. — Imp. du Moniteur, journal ofliciel de la Répuliliquo, rue des Poitevins,

A niM, les membres du Gouvernement provisoire de la Itépublique,

La nation vient de déchirer les traités do ISIT). Le vieux soldat de Waterloo, le dernier frère de Napoléon, rentre des ce moment au sein de la grande famille.

Le temps des dynasties est j^assé pour la France !

La loi de proscription qui me frappait est tombée avec le dernier des Bourbons. Je demande que le gouvernemeiil (le la Ucpublicjue prenne un arrêté qui déclare que nia proscription était une injure à la France, et a disparu avec tout ce qui nous a été imposé par l'étranger.

Recevez, Messieurs les membres du gouvernement provisoire delà République, l'expression de mon respect et de mon dévoùmcnt.

Jérôme BONAPARTE.

Paris, ce Î6 février 1848.

{Extrait des journaux.)

Rl-PlBl.lon: FRANÇAISE

uiii:i\TK . licALlTi-: , fraturnité

1j' noiivoriumcnl provisoire cU'clarr qiir» Ir dnipcaii national est le drapoau tricolore, dont les couleurs seront réIaMies dans l'ordre qu'avait adopté' la Uépu- Micpie rran(;aise; sur ee drapeau sont éerils ees mots : luiruiaioi i; rnANCAisi:, Liberté, Lgalitc, FraUrnilc, trois mots qui expliquint le sens le plus étendu des doctrines di niocralicpies, dont ee drapeau est le symbole, en même tenqis que ses couleurs en continuent les traditions.

de ralliement, cl comme souvenir de reconnaissanci; pour le

Conmie si^Mie

dernier acte de la révolu lion [)opulaire. les nu inbres du Ciouveruenienl provisoire et les autres autorités porteront la rosette rouf^e, laquelle sera placée aussi à la liampe du drapeau.

Les memOres du Gonvernemenl provisoire, DUPONT (de l'Eure), CdlKMIEl \,

lamautim:.

ARAGO

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