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COMITE DE LA GUERRE ET DE LA POLICE

CITOYENS

Le Comité de la guerre apprend que la population roneoil des inquiétudes à raison de l'insunisante dislrihnlioii de fusils; il s'empresse d'annoncer qu'il redouble d'activité pour compléter l'armement; il invile, en conséquence, les citoyens à se tranquilliser et à compter sur le dévouement et le zèle de son Comité de la guerre.

H prie tous ceux qui sont armés de se mettre à la disi^osition du Comité, en se rendant à rilôtel-de-Villc.

Lyon, HôtcWc-Ville, le 26 février 1848.

Les membres du Comité :

LARAT, président; V. CMLI.IT.MIX: MI'.TRAT; CALLÈS; BROSSETTl; CLD1.\; CLEUMUiM; Pu. CllAAAY, secrétaire; Jh. LENTILLON, secrétaire

Imp. Mongin-Rusand, halles de la Grenelle.

Paris, le 27 février 1848.

Monsieur i.f. mimstrk.

.1 ai riionnciir de vous accuser n'-coplion de la communication que vous venez de me faire, Cii date d'aujourd'hui 27 février, et je m'empresserai de la transmeltre à notre ;-aint père le pape Pie iX.

Je ne n'sistc pas nu l>esoin de profiler de cette occasion pour vous exprimer la vive et profonde satisfaction que m'inspire le respect que le peuple de Paris a témoii,Mn'' à la religion, au milieu des grands événements «[ui viennent de s'accomplir. Je suis convaincu fpie le ccenr paternel de Pie IX en sera profondément touché, et que le père commun des fidèl«!s appellera de tous ses vœux les bénédictions de Dieu sur la France.

Agréez, etc.

R., ABCIIEVÊQUE DE NiCÉE, n. a.

RÉPIBLIQIE FRANÇAISE.

LIBERTÉ , ÉGALITÉ . FRATERNITÉ

La nation a reconquis ses droits; le gouvernement républicain est définitivement constitué.

Le commandement de la ville de Lyon est confié au général Neumayer ; il vient de prêter solennellement serment à la Républicpie, sur le balcon de l'IIôtel-de- Ville. en présence et aux acclamations unanimes du peuple.

La troupe et la garde civique vont fraterniser et être chargées concurremment du service de la place.

CITOYENS

Le sort du pays est désormais assuré.

La commission nommée par le peuple reste en permanence et veille sans relâche aux intérêts généraux de la cité et du département.

Chac(m de vous peut donc désormais se reposer des fatigues cl des inquiétudes de ces derniers jours et vaquer à ses affaires de famille.

Pour le Comité :

Le Maire provisoire,

LAFOREST

Imp. de la Préfecture."

Citoyens (lu dopa ricineiit du Uhonc!

La Rt'puMiqiie a mis sous la sauvegarde des citoyens les propriélés privées et colles de l'Klal.

Tout excès qui y porlerail atteinte serait^l'œuvre des ennemis de la lUpuMi-

que.

Drlicz-vous des tnu\ bruits, des perfides excitations; elles ont pour but de dcshouorer la cause (K'-moeraliquc.

Écoutez nos voix amies , et attendez avec calme les grandes réformes qui doivent n'aliser dans toute leur t'tendue les principes d<- liberté, d'égalité et de fraternité.

Fait à la Mairie de Lyon, le 27 février 18i8.

Pour la Coriimission ; Le Maire provisoire , LAFOREST.

CuRoiNE, imp de la Préf., placo de la Charité.

Citoyens,

L'accomplissement d'un grand acte do patriotisme doit avoir sa consécration dans le principe de la fraternité.

La Nation est une; les citoyens sont tous frères; ils ont les mêmes droits et les mèmcâ devoirs : le droit éternel l'avait dit avant les révolutions.

CITOYENS

Que. sous 11" rostuine du garde national . on nf' di rou\ re jibis que les enfants d'une même patrie; que^olre union soit la condition de \oUe force, et qu'au moment où votre dévouement aux intérêts du pays aura peut-être à subir de nouvelles épreuves , vous n'épui-ie/ pas voire puissance dans de vaines dispulcs , de vaines distinctions, qui ne peuvent plus ivislcr sous un gouvernement républicain.

Si vous comprenez la fraterniu', Frères , vous respeclere/, prol('gerez , aimerez vos frères, et, restant unis, vous assurerez à jamais le salul de la rsalion.

Lyon, Jlotel-de-ville, le 27 février 18/i8.

Le Maire provisoire, LAFOREST.

CBAN0I5C, imp. de la Prêr., place de la Charité.

Circulaire adressée par M. le luiuislre provisoire de l'Inslruclion publique cl des cultes

a M. les recteurs des académies.

Paris, 27 février 1848.

Monsieur le Recteur,

La condilioii des instituteurs primaires est un des objets principaux de ma sollicitude. Ce sont Its-mcmhres de la liiérarchie universitaire qui touchent le plu» directement à tout le peuple ; c'est à eux que sont confiées les bases de l'éducation i; ."iouale.

11 n'importe pas seulement d'élever leur condition par une juste augmentation de leurs appointements; il faut que la dignité de leur l'onction soit reliaussée de toute manière; et, dans ce but, je veux que le principe de l'émulation et de la récompense soit introduit parmi eux.

11 faut qu'au lieu de s'en tenir à l'instruction qu'ils ont reçue dans les écoles normales primaires, ils soient constamment sollicités à l'accroître.

11 faut que les progrès qu'il leur sera possible de réaliser dans cette éducation solitaire soient constatés conmie ceux qu'ils avaient accomplis dans les écoles où ils se sont formés.

Il faut que ces progrès leur deviennent jjrofitablcs ainsi qu'à la République.

Rien n'empêche que ceux qui en seraient capal)les ne s'élèvent jusqu'aux plus hautes sommités de notre hiérarchie. Leur sort, quant à l'avancement, ne saurait être inférieur à celui des soldats; leur mérite a droit aussi de conquérir des grades.

11 suflll de quelques livres de mathématiques, de physique, d'histoire naturelle, d'agriculture, pour que ceux qui ont reçu les dons du gé'.iic jiarviennenl par leurs méditations jusque dans les rangs les plus élevés de la science. Mais, pour que tous soient animés dans une; voie d'émulation si glorieuse, il est nécessaire que des positions intermédiaires leîïir soient assurées. Elles le seront naturellement par l'extension que doit recevoir dans les écoles primaires supérieures l'enseignement des mathématiques, de la physique;, de l'histoire naturelle, de l'agriculture.

Les instituteurs primaires seront do»'' ?««vités, dans toute l'étendue de la République, à se préparer à servir aM iccrulement du personnel de ces écoles. Tel est un des compléments de l'établissement des écoles normales primaires. L'intérêt de la République est que les portes de la hiérarchie universitaire soient ouvertes aussi largement que possible devant ces magistrats populaires.

Portez dès à présent. Monsieur le recteur, à la connaissance des instituteurs primaires et de l'école normale de votre ressort ces vues du gouvernement à leur égard.

Recevez, Monsieur le recteur, l'assurance de ma considération distinguée.

Le ministre provisoire de l'inslruction publique et des cultes,

CARNOT

i'inu — linor. Lacouii ht C, rn« Suuniit. 10.

Uiiiiuurlie «7 février lAAH, rue J.-J. Konwvonu, flH.

LE POPULAIRE

TiMvaîllc^urs nos Frères,

Oiielle révolulion! C'est bien autre chose que I8Ô0! Ce ne sont pas seuli'ment un Charles X. un Polignac, un Peyionnoi, vaincus avec 10 à 12,000 soldats... C'est un Louis-Philippe, qui se disait le plus rusé et le plus Iiiliilp des inonan)ues, (pii parlait de son immuable volonté et qui (h'clar.iit vouloir se faire piler (tans ua mortier plutôt que de changer de syslèuie ; c'est un Guizot, ([ui no pariait (jue de foudroyer et d'exterminer ; c'est un Duchatcl, c'est un Hébert, (|ui voulaient tout tuer plutôt que de céder ; ce sont ces honuues de violence, disposant pour le combat d.! 80 èi 100,000 soldats appelés à Paris , d'une garde municipale doublée, aguerrie, brave, d'une armée de sergents de ville, de vingt bastilles, de centaines de casernes et de corps- de-garde fortifiés, crénelés et garnis de meurtrières ; c'est toute cette eirrayanle puissance, appuyée sur des Chambres serviles, sur une armée de fonctionnaires gorgés de faveurs et sur un brillant état-major de garde nationale, qui vient d'être balayée, en trois jours, par un Peuple trompé, trahi, désarmé, qui commence le combat sans armes et sans munitions, mais qui, dans une nuit, élève des milliers de barricades, et qui, dans un jour, bravant partout la mort dans de sanglants et héroïques combats, force ce Roi si cruel et si fier à abdi(juer, met en fuite tout ce GouverncmL-nt si impitoyable, ces Députés et ces Pairs si durs pour les travailleurs, reste seul maître du champ de bataille, et proclame la République démocratique sur les débris de la Royauté couverte de sang et de boue.

C'est prodigieux, merveilleux, miraculeux!... c'est comme de la magie, de la féerie!... c'est comràe un rêve!... On ne voudra peut-être pas le croire au loin !...

Ri rien n'y manque, ni la justice do l'insurrection, ni la difliculté vaincue, ni le danger dans le comb:it, ni l'héroïque cour.ige des combattants, ni le sang des vainqueurs, ni la modération dans la victoire!...

Kt celte victoire préparc et facilite la délivrance et le salut, non seulement de la France, mais de l'Europe entière et du monde enlii'r!...

Admiration.reconnaissance, gloire, gloire éternelle au Peuple parisien, aux Ouvriers, à la minorité populaire de la Garde nationale qui a pris les armes pour partager le péril et la victoire des travailleurs!...

Mais ce n'est pas jjour de 1 argent, pour des aumônes ou pour des décorations que le Peuple a bravé la mort et semé de ses cadavres le champ de bataille et de victoire; c'est pour rentrer dans sa dignité d'hommes et de citoyens, pour reconquérir la jouissance de ses droits et la garantie de ses inti-réts, pour vivre en iravaillaiU ; et c'est môme pour quelque chose de plus large, de plus grand, de plus généreux, de plus noble, c'est pour reconquérir la dignité et les droits du Peuple en masse, de tous les Peuples et de l'Humanité tout entière.

C'est donc par des droits, par des garanties, par des institutions démocratiques ou populaires que la Patrie doit témoigner son admiration et sa reconnaissance à ses libérateurs.

Ou plutôt c'est au Peuple lui-même à garantir ses droits et ses inlérèts en s'armant et en s'enrôlant dans la Garde nationale, puis en exerçant son droit de suffrage et de vote, puis en demandant toutes les institutions nécessaires à son bien-être.

Le Gouvernement provisoire proclame la RÉVOr.UTlO.N, la RI- PUBLIQUE, la DÉ.MO- CRATIE ou la Souveraineté du Peuple : chacun

de ces mots suffit, si nous savons en tirer toutes les coitséquences.

Déjà, durs ses proclamations, le Gouvernement provisoire doclnro que tous les citoyens fout partie de la Garde nationale, et que tous doivent coticourir activcmint avec lui au lrioni|'he réguler des liborlés publiques.

Déjà il décrète des instiiutionS vraiment démocratiques et populaires : l'inscription des mots Liberté, Êyalité, Fralcrtiilé, sur le drapeau national et sur tous les édifices nationaux ; — la garantie de Vcaistence de l'ouvrier par le travail , et du travail pour tous les citoyens, avec le droit d association entre les travailleurs ; — l'élablissenient

d'ATEUERS NATIONAIX...

Ce sont déjà des pas immenses dans la carrière des améliorations sociales.

C'est la JllStRK qui, au fond, est la véritable cause de la Révolution, cette misère qui n'écrase pas seulement la masse des prolétaires et des ouvriers, mais qui commence à écraser lo petit commerce et la petite industrie ; c'est à la MISÈRE qu'il faut absolument trouver un remède pour éviter des acilations et même des révolutions nouvelles, et par conséquent, tous les amis des travailleurs et de la paix publique doivent applaudir aux premières mesures du Gouvernement pour prévenir la misère en assurant du travail et l'existence par le travail.

Rallions-nous donc de plus en plus autour de ce Gouvernement provisoire, en lui demandant toujours de tirer de plus en plus les conséquences d'une révolution populaire; appuyons-le pour lui donner la force do vaincre toutes les résistances et toutes les machinations ténébreuses d'une aristocratie qui voudniit s'accrocher à ses privilèges ; appuyons le en lui demandant d'avancer d'un pas ferme dans la voie des réformes démocratiques et des améliorations sociales.

Mais hàtons-nou9 d'entrer dans la Garde nationale; demandons son organisation, pour avoir des chefs démocrates ; demandons on uniforme simple et populaire ; demandons des armes, pour consolider pacifiquement dans Paris le triomphe de la Révolution.

N'oublions pas que le succès complet

dépend de nous, de notre conduite, de notre sagesse et de notre vigilante fermeté.

Nous avons déjà tous ensemble , nous Démocrates Icariens avec les autres Démocrates nos frères, crié : point de vemjcance, priini de violences, point d'atteintes à la projiriétè! Nous répétons : point d'excès d'aucun genre, p( ini de destructions ni d'incendies...! Détruire, briser, incendier, c'est jitrdre pour tous, tandis que la raison nous prescrit de conserver et d'utiliser! Ce ne sont pas les machines qui font du mal, c'est seulement le mauvais système indu^lriel qui les emploie : c'est ce mauvais .«yslème industriel qu'il faut changer en le remplaçant par une véritable organisation du traiail ; et alors, au lieu d'être funestes au piolétaire en le privant de travail et de pain pour enrichir quelques privilégiés , les machines seront utiles au travailleur en le soulageant dans ses travaux périlleux ou pénibles et en augmentant la production dans l'intérêt général ou commun.

Que tous ceux d'entre vous à qui ces vérités sont familières ne négligent rien pour éclairer leurs frères, car si quelquesuns s'irritent contre les machines, c'est par suite d'une ignorance qui les aveugle et dont les gouvernements passés sont bien plus coupables qu'eux : mais tous les travailleurs sont frères et tous doivent se considérer comme solidaires.

Oui, Travailleurs français, tous les Peuples ont maintenant les yeux fixés sur vous : vous avez mérité l'admiration du monde par votre irrésistible courage et par votre générosité ; achevez de la mériter tous par votre intelligence , par votre sagesse et par l'exemple de toutes les vertus.

CAD ET, BÉDACTELR. ROB ILLARD, ciiKAM.

(faits divers.)

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