‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 69 sur 295 · FAITS DIVERS · texte numérisé non relu

FAITS DIVERS

Toute l'ariiiée aJliore ; — toutes les bastilles sont rendues; — tous les Jépaitenients proclaiiiont ou vont |iioelamoi' la Ré|iulilii|ue. Loiii>-l'liili|i|)e aura laissé moins di' partisans que Charles X lui-même.

La Bilgique a déjà pioclanic la ltt''publu|ue.

On va sans doute reuucdlir, constater et publier les l'uits \cs plus remarquables : en voici deux qui nous sont attestés par une foule de combattants :

Le mercredi 25 , toiiunle gardes municipaux et vingt ù trente soldats do la ligne, enfermés dans la maison de l'armurier Lepage , rue Bourgl'.Vbbé, n° -ii, avaient fait feu sur le Peuple, qui poiiâsait alors contre eux des cris de vengeance et de mort. Le maire et le colonel de la 6* légion faisaient depuis longtemps de vains efforts pourles déterminer à se rendre, lorsque M. Robit- /arJ, lieutenant dans la 3° légion, Communiste learien et gérant du l'opulaire, accourt avoe quelques gardes nationaux et deux ou trois cents ouvriers, eutrc seul duai la mairiou et somme la troupe de se rendre et de sortir, eu s'adressaiit au rapitaine de la garde municipale.

Le chef rcfu»mt de sortir dans la crainte d"ètre tué: o Je mo ferai plutôt tuer avec vous, lui répond Kobillurd. »

>fais ce chef s'obstinant ù rester, Rubillard saisit un soldat de la ligne, lève en l'air la crosse de sou fusil cl le (ait sortir en criant à la foule :aPas de vengeance ! prouvons que nous valons mieux que ceux ipii tirent sur nous I » El le l'eu])le reste immobile. Les trente sol • dais sortent ainsi, l'un après l'autre, lacrossecn l'air.

Puis Uobillard fait aussi sortir les soixante gardes municipaux désarmés, qui se placent au milieu de la ligne cl que le Peuple

Typograpliie FÉLIX M

épargne malgré sa juste colère.

Puis, le jeudi -21, avec trente gardes nationaux el trois cents volontaires, Hobillnrd se porte à la place du Palais-Uoyal où 40 à ^>0 mille cumbittlauts accouient de tous c'iU's pour fuici-r lecorps-de-gaido crénelé dans lequel sont retranchés 18t *jld«l-; i|ui ont fuit l'eu sur le Peujjle la veille, devant l'Hôtel des .VfTaires étrangères, qui se butent en désespérés, et qui sont tous exterminés après un combat d'une heure et demie, dans le([uol sont tirés iilus de 2011,000 coups de fusils et dans lequel tombent, frappés i\ mort, un grand nombre de gardes nationaux et de citoyens, qui préparent, en mourant, la prise unmédiate des Tuileries.

C'est alors le vendredi "23 que le Peuple, qui a vu Uobillard sauver des vaincus et combattre les meurtriers, ' le proclame commandant de bataillon, en lui donnant pour lieutenant un autre Icarien, Montagne, blessé en combattant.

l^a Démocratie pacifique du 20 dit :

« Toutes les Ecoles socialistes marchent d'accord, et l'on comprendra toute la sagesse de leurs mouvements (piaiid on aura lu la proclamation du Populaire.

a .M. Cabet, chef des Commtmistes Icariens, inscrit dans son prot;i-amme : point d'atteinte à la proiiriété.

Puis la Démocratie Pacifique insère en entier la proclamation du Populaire puidiée le 25.

L'un de ses principaux rédacteurs, .)/. Victor Uennequin, vient même, au nom de ses amis comme au sien, exprimer au directeur du Populaire ses sentiments sympathii|UL'sau sujet de celte proclamation el le désir de voir les diverses Ecoles socialistes unir leurs elforts dans l'intérêt du progrès. .M. Cabet a ré|X)ndu que c'était aussi son

dé«ir et que l'intérêt du Peuple sera toujours l'unique règle de sa conduite.

Dans la Réforme du 27 on lit:

0 Tous les partis et toutes les opinions se ralliant autour du Gouvernement provisoire. Ou annonce, notamment, .pie le Populaire, organe des Communistes, contiendra demain une proclamation pai' laquelle ils seront engagés à se réunir sous la bannière du citoyen Dupont (de l'Eure), et à soutenir les principes du Gouvernement, a La Presse du 27 dit au contraire :

« A toutes les boutonnières on ne voit plus que le ruban aux trois couleurs, emblème de la Liberté, de l'Egalité et de la Fralernité.

a Le ruban rourje, le IIUBA.N DU CO.MMUMS.ME, nese rencontre plus que pour attester sûji immense minorité.

« Aujourd'hui, le drapeau tricolore arbore à rilôlel-de- Viilo a été salué par les plus vives acclamations.

« Les trois couleurs sont devenues lesigue de ralliement de tout ce qui veut le respect de la famille et de la propriété. »

Si ce n'est pas une erreur presque incx'"usable dans de pareilles circonstances, c'est une bien odieuse calomnie.

Xon, notre Communisme Icarien n'attaque ni hpropriéti, ni la famille, dont il est au contraire le plus ardent défenseur.

Nous n'examinerons pas si nos doctrines sont en minorité ou en majorité; mais nous déclarons qu'il est faux que le drapeau rouge soit le drapeau du communisme. Du reste, le Gouvernement provisoire a d'abord adopté le drapeau rouge; et même en lui préférant ensuite le drapeau tricolore, il a adopté la losette louge attachée au drapeau national.

.\LTESTE et Ck)mp., rue des Deux-Porlcs-St-Sauveur, 18.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATEUNITÉ.

A LA GAllDE NATIONALE.

L'ennemi n'a pu nous vaincre ; il veut dc^shonorer notre victoire !

Des uiuHailcurs sèuieiil auloiu' de l'aris la dcvaslaliou et l'incendie.

Que le peuple armé se lève tout entier pour les faire disparaître.

L'union de la garde nationale et des héroïques citoyens , (|ui étaient derrière les barricades à i'oudroyer la tyrannie : que cette union écrase l'anarchie.

Que les premiers jours da notre répid^lique soient aussi jjurs que son triomphe a été glorieux.

Citoyens , du calme, de l'énergie, de la confiance dans le gouvernement pro- ^isoire. qui vient de proclamer la République française; et nous serons assez forts contre toutes les machinations des ennemis de la patrie.

La garde nationale reçoit dans ses rangs tout le peuple armé.

La jeunesse des écoles , qui a tout fait pour le triomphe, est organisée et sous les armes.

Nos héroïques et admirables jeunes gens de l'Ecole polytechnique sont à la tête de nos colonnes.

Leurs jeunes camarades de l'Ecole de Saint-Cyr cl de l'Ecole d'Etat-major sont venus se joindre à eux.

Que pourront contre le peuple entier sous les armes, guidé par le gouvernement provisoire , inspiré par le dévoucnjcnl , rinlclligcnce et le courage, de nos jeunes officiers du peuple, les ennemis de l'intérieur et de l'extérieur?

Citoyens, du calme , de l'union ; noire chère patrie a repris son rang à la fêle des peuples de l'Europe. Les lielges , les llalicns nous iniilcnl. Tous les autres peuples vont les suivre cl se lever aux cris sacrés de liberté , égalité et fraternité !

Le commandant général, :

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