‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 124 sur 236 · PROTESTATION · texte numérisé non relu

PROTESTATION

Au Gouvernement provisoire de la République française AU NOM DU CLUB DE L'AVENIR.

Les soussignés ont reçu mission de soumettre aux sérieuses méditations du Gouvernement j^rovisoire les considérations suivantes :

La majorité des.chil>s s'est énergiquement prononcée contre l'introduction dans Paris d'aucune tîoiipe armée et soldée, en quoi ces assemblées n'étaient que les interprètes de l'humanité du peuple. Des représentations, à ce sujet, ont été plusieurs fois adressées au Gouvernement provisoire; les explications données en réponse à ces représentations n'ont satisfait personne.

Le club de l'Avenir déclare que lintroductiondans Paris d'une troupe armée et soldée serait considérée comme un fait des plus graves. De deux choses l'une : Ou cette troupe serait nombreuse, et sa présence deviendrait un véritable péril. Ou bien elle se composerait de peu d'hommes , et dès lors son appel fausserait un principe sans autrerésuitat que de constituer une provocation. En tout état de cause, la nécessité ne saurait justifier cet appel. La garde nationale peut amplement suffire au service de la capitale.

Mais il faut pour cela deux choses :

• 1° Que la bourgeoisie, dont elle prétend exclusivement se composer , se délivre des obsessions de la peur et de la défiance que lui inspire le peuple.

2° Qu'elle reçoive sans arrière-pensée et dédain , dans les rangs de son ancienne organisation, tous les citoyens pour lesquels la participation à la défense armée de l'ordre et de la liberté devient désormais un droit et un devoir.

Au nom de l'opinion publique, au nom du peuple, les soussignés considérant qu'en face des faits consciencieusement examinés, les conditions ci-dessus énoncées sont loin d'être remplies ; que le peuple du combat et de la gloire, le peuple du dévoùment et de la bonne volonté, n'a pu, malgré ses elforts , pénétrer dans les rangs de la garde nationale, que les recensements annoncés, comme complets, n'ont pas été même él>auchés dans certaines légions,

Déclarent que, en l'état, il ne pourrait être procédé , dans le délai fixé par le Gouvernement provisoire, aux élections de la garde nationale, qu'en frustration des droits du peuple; que dès lors il est urgent d'ajourner ces élections, dans le cas où le Gouvernement provisoire, sans tenir compte des observations prccé'dentes, croirait pouvoir passer outre. Les soussignés, au nom du Peuple , an nom du chd3 de l'Avenir, protestent avec énergie contre la légitimité et la validité de ces élections prématurées. Ils demandent formellement q'u'actc leur soit donné de leur protestation.

Les membres du bureau du club de l'Avenir , en séance, cour des Miracles, le 13 mars 1848. A. BAUDIN, Président.

Et ont signé tous les membres du club (1).

(1) V. la Voix des Clubs, du IG mars 1848.

RÉPUBLÎOUE FRANÇAISE.

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