‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 123 sur 236 · AUX CITOYENS ÉLECXURS DU CANTON DE CHEVREUSE · texte numérisé non relu

AUX CITOYENS ÉLECXURS DU CANTON DE CHEVREUSE

Citoyens,

Un ouragan populaire vient d'abattre un trône ruiné par le mépris et souillé d'excès; le peuple victorieux, donnant un sutlime démenti à ses détracteurs, s'est arrêté sur les barricades pour rétablir l'ordre et ramener l'union entre tous les enfants de la France : que le riche ait confiance, le premier cri des vainqueurs n'a pas été un cri de pillage et de mort, mais un cri d'oubli et de pardon. Par cette noble attitude, le peuple de Paris a prouvé une fois de plus que la royauté était impossible en France. Tout n'est cependant pas encore fini, citoyens électeurs : il faut maintenant couronner l'œuvre glorieuse de nos frères de Paris, en envoyant à l'Assemblée nationale des hommes dignes de représenter la grande nation. Déjà les ennemis de la République se réunissent en comité d'amis pour nous escamoter notre mémorable révolution : nous nous sommes présenté au sein de celle réunion, afin de connaître les projets de ces républicains d'hier soir ; notre conviction était que toute réunion ayant pour but les élections générales devait être publique ; "nous nous étions trompé : à Chevreuse, les meneurs se mettent derrière le rideau, afin que des regards profanes ne pénètrent pas leurs projets contre-révolutionnaires; aussi a'Vons-nous été mia à la porte dès notre arrivée. Nous savions déjà quels étaient les candidats de ces républicains de fraîche date ; nous vous les ferons connaître à notre première réunion, et nous vous dirons en même temps les motifs qui nous les font repousser.

11 est de la plus grande urgence, citoyens électeurs, que nous ayons des réunions populaires, afin de nous concerter sur le choix de nos représentants et de déjouer les projets des ennemis de la République.

Nous faisons donc un appel à tous les citoyens, et nous les prions de ne pas être indiflerents aux grandes élections qui vont avoir lieu ; des représentants qui vont en sortir dépend l'avenir de la République.

Le club populaire aura lieu dimanche, 10 mars 1848, dans la salle de

à Chevreuse. '

Salut et fraternité,

LACHÈZE,

MAitRE CARRIER.

Chevreuse, mars 18/t8.

Paris. — Inip. de Fain et Tbunol, Î8, roe Racine, près de l'Odéon.

-TiM-

PC

Département de la Seîne.

CITOYENS

Je sollicite l'honneur de vous représenter à l'Assemblée nationale.

En 1839, et depuis, j'ai combattu la monarchie sur les barricades, dam la presse, à la barre des tribunaux et de la cour des pairs.

Je voulais alors et je veux encore aujourd'hui la République, que je crois U seule forme de gouvernement capable de maintenir l'unité et la grandeur de la France ;

La République démocratique, sage et progressive, sans despotisme et sans anarchie ;

Le règne absolu de la loi; le gouvernement des majoritéf ; un pouvoir fraternel et fort, sortant du peuple par le suffrage universel, et puisant dans son origine l'autorité nécessaire pour être juste et respecté, pour maintenir l'ordre en assurant la liberté ;

La prospérité publique par le développement graduel des institutions démocratiques, dans les limites que comporte le respect de la' famille et d« la propriété.

J'ai passé ma jeunesse dans l'élude et la pratique des sciences. Placé plus tard, pendant dix ans, à la tête d'une grande exploitation industrielle, j'ai pu suivre, dans tous leurs détails, les graves questions de production et do consommation, dont l'examen et la solution imposent en ce moment des devoirs si sérieux à vos représentants.

Je serais heureux et fier de pouvoir consacrer le fruit de mes études et de mon expérience à l'accomplissement du mandat que je sollicite ; je prends envers vous l'engagement de mettre à le remplir la volonté, la persévérance et le dévoùment dont j ai fait preuve dans les luttes politiques,

GERVAIS(diîCaen).

Imp. centrale de Napoléon Cliaix et C«.

Aux citoyens électeurs du département du Donlis.

Citoyens électeuus.

En vous demandanl vos suffrages, je vous dois ma loyale profession de foi :

Petit-fîls d'agriculteurs et d'ouvriers, fils d'un soldat de la République, mort sur le champ de bataille, je n'ai dû qu'au concours mes fonctions de professeur à l'École de droit de Paris.

Ainsi tous les souvenirs comme tous les efforts de ma vie m'ont aj^pris la sainteté du travail : il est ma seule forluneelma seule ambition.

Né dans le département du Doubs , où demeure toute ma famille , mon plus cher désir a toujours été de vous offrir mon dévouement :

Homme nouveau , je n'ai pu me présentera vous qu'aujourd'hui : jusqu'alors je n'étais ni éligible, ni électeur.

Voici mes convictions :

Tout retour au passé est impossible : le salut de la France est dans la ferme union de tous, sous le gouvernement républicain.

Ce gouvernement est celui de la souveraineté du peuple ;

Ses conséquences politiques sont : la liberté de la pensée, des cultes, de la presse, de l'association : et le principe électif, confiant tous les emplois aux plus dignes.

Ses conséquences sociales sont :

L'instruction gratuite assurée à tous ;

L'organisation du travail, surtout par son association avec le capital ;

La répartition des impôts , proportionnée aux fortunes ;

Un large système d'assurances mutuelles entre les Français, pour garantira tous le travail , et réparer tous les accidents qui l'empêchent sans la faute des travailleurs ;

Le développement de toutes les institutions qui concourront à ce double but : notamment des crèches, des salles d'asile, des patronages, des indemnités aux malades, des pensions de retraite aux vieillards ;

En un mot tout ce qu'exigent le principe d'égalité , et le sentiment de fraternité, pour donner aux agriculteurs, aux ouvriers, à tous ceux dont le travail est l'unique revenu, la condition meilleure qui leur est due, au nom de la justice et de la religion bien comprises :

Sans toutefois porter atteinte à la famille, à la propriété acquise elle-même par le travail, et sans fiirc violence à la liberté, ce premier besoin de l'homme qu'on ne peut réclamer pour soi, qu'à la condition de le respecter dans tous.

Si vos convictions sont semblables aux miennes , citoyens électeurs , j'accepterai le soin de les défendre comme le devoir le plus sacré de ma vie. — Vingt ans d'études des lois (dont mon enseignement a toujours posé l'unique base dans l'égalité) m'ont donné la mesure delà grave responsabilité de ce mandat;

C'est à la voix publique à vous dire si j'ai, pour le mériter, le premier de tous les titres, celui d'honnête homme.

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