CITOYEINS DU DÉPARTEMENT DE L^AUBE
Dans les moments difficiles où nous nous trouvons; quand le spectre encore sanglant de la royauté semble menacer l'existence de notre jeune République ; quand l'avenir, toujours gros de nuages, nous présage encore de violentes tempêtes, c'est peut-être une grande témérité d'essayer de sortir de mon obscurité et de céder aux vœux de mes amis, pour m'élancer sur la route orageuse de l'Assemblée nationale, et venir, pauvre et inconnu, me présentera vos sulFrages. Cependant, malgré mon infériorité, si la volonté ferme et inébranlable de remplir religieusement les devoirs sacrés que le mandat du peuple impose à ses Représentants, suffît jK)ur mériter votre confiance, je n'Iiésite pas à en courir la chance, heureux et content, quelque soit votre jugement au jour des élections.
Économie! Paix! Ordre! Liberté! voilà la devise inscrite sur mon drapeau! Toutes les améliorations, je ferai tout pour les obtenir. Mon passé vous réj^ond de mon avenir. Élevé à l'école de l'adversité, c'est au travail seul que je dois ma modique aisance; homme du peuple, son ami, son défenseur contre l'arbitraire, j'ai passé 50 ans de ma vie au milieu de lui ; j'ai mangé son jDain ; j'ai partagé ses jeux, ses peines et ses plaisirs; ses intérêts ont été les miens, et il ne m'a jamais demandé un service en mon pouvoir, que je ne lui aie rendu. Voilà mes titres! je n'en veux pas d'autres, et si mon nom paraît aujourd'hui au milieu de vous, ce n'est point pour arriver aux places et aux honneurs; car élu par vous, je reviendrais, mes travaux terminés, dans mon humble demeure, toujours pauvre et content, recevoir vos félifilalions, si je m'en étais rendu digne, ou courber la tête sous le poids de votre bîàme, si j'avais été assez lâche pour tromper vos espérances. ,
Pour garantie de la sincérité de mes intentions, je ne puis vous offrir que la parole d'honneur d'un honnête homme : j'ai le bonheur d'être connu comme tel; c'est un titre dont je me fais gloire, et auquel je ne faillirai jamais; et si j'ose lutter contre les noms entourés de l'auréole des richesses et des grandeurs, ce n'est qu'à la sollicitation de personnes honorables qui m'ont jugé digne de leur estime, et qui connaissent. mon entier dévouement aux intérêts du peuple.
Ma profession de foi est celle d'un ami de la République et de son pays; mais le papier se laisse écrire et l'homme doit être jugé par ses œuvres.
Économie; réduction sur l'allocation aux représentants; travailler dans 1 inlérêt des classes malheureuses et ouvrières, de l'agriculture, de l'industrie, du connnerce, de l'instruction; réclamer toutes les amélioration^ utiles, etc., etc. Enfin tout pour le peuple et la France !
THIÉBLEMONT-LACOMBE,
PROPRIÉTAIRE A LKSMONT.
Arcis, Typ. FiY-monl.