EXTRAIT DE LA RÉFORME
Du 14 mars 1948.
Personne plus que le citoyen Eugène Sue n'avait droit à se présenter aux suffrages du peuple. Ecrivain fécond et d'une réputation européenne, il a, dans ses derniers romans, vulgarisé les idées sociales les plus avancées. Peu d'hommes ont mis autant de talent à défendre le pauvre, l'ouvrier des villes et des campagnes, à dévoiler leur noble misère et à poursuivre la recherche des moyens de la guérir.
C'est donc un devoir pour nous de publier la lettre suivante, que nous adresse le citoyen Eugène Sue. La modeste simplicité de cette profession de foi frappera tout le monde. Les hommes les plus sincèrement dévoués à rhumanilé sont toujours ceux qui craignent le pins d'être restés au-dessous du devoir.
« Plusieurs de mes concitoyens, soit en leur nom, soit au noms de leurs amis, « veulent bien m'engagcr ù me présenter puliliquement comme candidat à la re- « présentation nationale. Pénétré de mon insuflisance, je n'aurais jamais prétendu « à siéger parmi les représentants du peuple; mais si cet insigne honneur m'était « décerné, je me rendrais avec respect, avec reconnaissance au vœu de mes con- « citoyens, ayant du moins la conscience d'avoir depuis longtemps, et selon la « limite de mes forces, servi la cause sociale et populaire que la République t inaugure aujourd'hui, et de pouvoir lui ollïir mon passé comme garant de « l'avenir.
« Ma profession de foi sera simple :
« Adhésion de cœur et d'âme à la forme et à V esprit du Gouvernement républicain.
« Ferme volonté de réclamer, avec toutes ses conséquences sociales et politiques, « l'application de cet immortel principe ;
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
EuG. SUE.
Paris, imp. de Paul Dupont.
MANIFESTE
DU