DE BAR-SUR-AUBE
Dévoûtnent à la Patrie, Dévoùment à la République.
CITOYENS
La France vient de briser son dernier trône. En trois jours elle a reconquis son honneur et sa dignité nationale, perdus au dedans et au dehors par un roi oublieux de ses serments et de ses devoirs. Honneur et reconnaissance au peuple de Paris qui a régénéré et sauvé la patrie! Honneur aux ciloyens qui ont régularisé le mouvement, réprimé ses excès et él)auché au milieu du désordre les admirables institutions qui se résument en ces trois mots : Liberté, Égalité, Fra-
TERNITK
Mais ces institutions nées <le la révolution, consacrées par l'enthousiasme de la France entière, attendent leur sanction définitive de la raison, delà conscience nationale, par le suffrage universel. Ciloyens, vous éles appelés à une grande mission. Ce n'est plus, comme au temps de cetle cbupable fiction du pays légal, le bien-être de la famille, de la commune ou de l'arrondissenient qui est entre vos mains, c'est celui de la nation entière dont vous êtes partie intégrante et dont vous suivrez les vicissitudes. Pénétrez-vous donc de la sainteté du mandat qui vous est confié et n'apportez dans son exécution ni indid'érence coupable, ni les sentiments plus coupables encore d'ambition, de haine et d'intérêts personnels.
Mais en présence du sullrage universel, le vote isolé, fùt-il consciencieux, perd son importance et devient presqu'un danger. 11 faut l'association des votes, pour qu'ils soient féconds; il faut plus : d'après le mode d'élection actuel, il faut l'accord unanime des électeurs pour pouvoir espérer une nomination d'un Représentant du pavs. C'est dans ce but que le Comité élecloral de Bar-sur- Aube a été institué. Librement élu à la presque unanimité par deux cents votants réunis à l'Hôtel-de-Ville, il vient s'offrir aux populations disséminées de notre arrondissement, afin de \v\\r servir de centre d'action et de point de ralliement. N'imposant à personne ni opinion ni candidature, il appelle à ses réunions électorales publiques quiconque, pénétré comme lui de l'immense influence des élections prochaines sur les destinées de la France, veut contribuer^
dans sa sphère d'action, au salut et à la grandeur de la patrie; il entre en communication, par correspondance et par des délégués, avec toutes les communes et tous les comités électoraux d(; l'arrondissement; il accueille tous Irs renseignements et provoque dans toutes les communes la nomination de délégués pour assister aux séances publiques, où seront librement discutés les titres de tous les candidats à la dépulation. Ce n'est pas tout.
Le mode d'élection donne au centre de notre département une puissance élective qui menace d'absorber celle des arrondissements, si les arrondissements restent séparés. Mais loin de nous la pensée que nos concitoyens de Troyes interprètent ainsi ces trois grands principes, Liberté, Egalité, Fraternité! Cependant c'est à nous, qui comprenons ral)us lil)erliciflc qui pourrait résulter de ce mode d'élection, qu'est imposé le devoir d'y remédier.
Citoyens, frères du département de l'Aulie, soyons unis, entendons-nous sur le choix de nos Représentants; réunissons nos efforts pour empêcher l'éparpillement des suffrages, établissons des relations actives entre nos Comités électoraux, et, pour la première fois enfin, appliquons ces sublimes principes :
Liberté , Égalité , Fraternité 1
VIVE Lil RÉPUBLIQUE !
Les citoyens Membres du bureau du Comité électoral républicain de Barsur-Aube :
.Georges DEBAUFFRES, maître de poste, président.
ÏUROÏ, notaire, ) vice-orésidents.
GUILLAUMOT-BARSON, tanneur, } '^'"'^ pitsidents.
MOUGEOT-DëGROND, docteur-médecin, secrétaire. ^95?1^.^J-2^.ELIN, propriétaire, | .iee-secrétaires.
CHEVALLOT, instituteur,
GRAVEL fils, trésorier.
Les lettres et renseignements devront être adressés au citoyen Georges Deb auffres, Président du Comité.
Bar-8ur-Aube, 14 mars 1848.
Bar-sur-Aube. — luip. el lith. de Jardeaux-Ray.
Jouy-en-Josas, le 14 mars 1848.