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ÉLECTION AUX GRADES DE COLONEL ET DE L'-COLONEL

Mes chers camarades,

J'ai toujours été de l'opposition et dans le premier arrondissement; je l'habite depuis vingt-sept ans. Pendant les deux derniers tiers de cette période, je n'ai cessé d'y combattre, publiquement et à outrance, dans le comité local comme dans le comité central, dans les banquets comme sur la place publique, pour le triomphe des principes que vient enfin de consacrer notre immortelle révolution, principes qui ont été ceux de toute ma vie.

Au lieu de paroles, vous apportant des faits et des précédents, je puis vous dire : « Préjugez l'avenir d'après le passé. »

Jamais je n'ai rien demandé au pouvoir déchu ; je me serais trouvé heureux d'en obtenir toujours stricte justice.

Un des premiers actes du nouveau Gouvernement provisoire a été, le 24 février, de m'investir d'un Commandement important, et, par une faveur toute providentielle, c'est sous vos yeux que j'ai pu remplir cette mission périlleuse et délicate, à laquelle j'ai donné exclusivement tout ce que j'ai de force et de dévoùment à la patrie. L'approbation unanime des hommes courageux placés à la tête des affaires publiques, m'en a dignement récompensé. J'ose pourtant espérer encore la vôtre.

Comme je ne prétends imiter en rien les cumulards monarchiques, même dans des fonctions toutes gratuites, ma démission de commandant des Tuileries sortira de votre urne. Je vous demanderai simplement de partager ma vie entre les soins de notre belle légion, et le travail de ma profession commerciale qui m'assure l'existence modeste d'un vrai républicain.

Je réclame les suffrages de mes nouveaux camarades, à l'aide de ceux qui me connaissent depuis long-temps, et si votre élu ne s'élève pas ensuite jusqu'au niveau de l'éclatante mission dont vous l'investirez, comptez, du moins sur un dévouement inaltérable à la République, comme sur les sympathies aft'ectueuses de votre camarade.

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