SAINT-AMANT
Capitaine de la Ire légion, commandant supérieur des Tuilovios.
Palais National des Tuileries, 15 mars 1848.
Imp. Edouard PrOiiX Ol C<?, rue NeuYC-des-U<Mis-Knraiil«î. 3.
T. 1. rn
AUX HABITANTS
Dans les graves circonstances qui résultent de la dernière révolution que la corruption avait rendue inévitable, la France a besoin du concours de tous ses enfants et de toutes les opinions consciencieuses. Je regarde comme le devoir le plus impérieux de tout bon citoyen de contribuer, le plus qu'il le peut, à assurer le magnifique avenir qui nous appartient, mais que nous ne pouvons obtenir que par l'ordre, par la paix, et par la sécurité publique.
Ma devise est prorité, moralité; mon but, celui de tous les honnêtes gens; le triomphe de la religion, de la justice, de la raison et de la vraie liberté, qui ne veut exclure personne.
Le moyen par lequel je veux arriver à ces résultats, est une oi'ganisalion générale qui vienne enfin combler le vide immense au milieu duquel nous nous débattons en vain depuis soixante années.
Cette organisation doit être franchement démocratique; elle ne peut avoir pour base que l'association des intérêts semblables.
Ma profession de foi n'est j^as dictée j^ar les circonstances, elle est le résumé de tout ce quej'ai publié depuis que je m'occupe sérieusement des grandes questions sociales qu'il est plus nécessaire que jamais de résoudre.
Habitants des Hautes-Pyrénées, voyez et réfléchissez ; dites-vous bien que le sort de notre commune patrie dépend des choix qui vont être faits, et qu'il faut, avant tout, envoyer à l'Assemblée nationale des hommes à la fois sages, éclairés, énergiques et dévoués à la France.
Si vous me confiez la belle mission de vous représenter, mission que jeredoute plus que je ne la désire, vous me verrez toujours l'ennemi le plus acharné de la tyrannie, sous quelque nom qu'elle se produise.
Cultivateur depuis longtemps, je défendrai tous les intérêts qui tiennent à l'exploitation du sol, soit pour ce qui concerne les propriétaires, soit pour ce qui regarde les ouvriers des campagnes, dont le sort réclame une sollicitude que les ouvriers des villes ont déjà inspirée à juste titre. Je ne cesserai de réclamer l'ordre et l'économie dans les finances pour obtenir la diminution des impôts,
Député, je demanderai l'incompatibilité absolue entre les fonctions représentatives et les fonctions administratives, à quelque degré que ce soit.
Liberté pour tout le monde;
Egalité devant la loi ;
Fraternité comme l'Evangile la veut ;
Honneur à la grande Nation!
Vive la France!
Paul DE FRANGLIEU, Cultivateur.
Loscazères, 15 mars 1 848.
Tarbes. Imp de F. Lavigne.
Citoyens Électeurs,
L'ère nouvelle accordant aux Français des droits politiques beaucoup plus étendus, les exercer dans toute leur plénitude, c'est reconnaître qu'on les comprend et qu'on est digne de les posséder.
La nation, avec la protection de Dieu, créateur et juste, qui veut que tous les hommes soient frères, désirant que l'Assemblée constituante soit l'expression sincère des vœux du pays, fait appel à la probité, au désintéressement, à l'énergie, au dévoùment absolu de tous ses enfants, afin de rendre populaire et inviolable la nouvelle Constitution républicaine, qui sera désormais l'égide sacrée de notre belle patrie, et un gage assuré d'union, de force, de grandeur et de générosité ! Arrière la peur, arrière l'égoïsme, arrière les idées étroites et mesquines, vous n'êtes plus de notre siècle.
Simple commerçant, ayant acquis, par un travail assidu, un avoir modeste, mais suffisant pour un homme sorti des rangs du peuple et habitué à se contenter de peu, je m'adresse avec confiance, et à l'avance, aux citoyens électeurs, pour leur annoncer ma candidature à la députation de la Seine. Je dis à l'avance, pour mettre chacun à même d'exercer un contrôle sévère, avant le jour solennel des élections, sur ma vie passée.
Je suis pur de tout engagement avec la dynastie déchue : je n'ai rien reçu d'elle; je ne lui ai rien demandé ; je ne lui ai rien promis.
J'ai combattu avec la garde nationale et le peuple, qui, pour moi, ne font qu'un; j'ai contribué de ma faible part au renversement de la tyrannie : c'est dire combien elle m'est odieuse, et avec quel enthousiasme j'ai salué l'avènement de la RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, une et indivisible.
Si j'étais appelé à l'honneur d'être votre représentant, tous mes eflbrts auraient pour but de doter notre belle France d'institutions vraiment démocratiques en rapport avec notre noble devise :
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
Les intérêts de l'agriculture, première source de la richesse nationale ; les droits légitimes du commerce et de l'industrie; l'amélioration du sort de l'ouvrier, si laborieux, et attendant avec tant tle résignation une existence plus en harmonie avec le progrès social, seraient l'objet constant de ma vive sollicitude.
Préoccupation incessante de l'intérêt général; économie bien conçue des deniers publics; budget régulier, dont les recettes couvrent les dépenses et permettent d'avoir un fonds de réserve pour les éventualités; l'ordre dans la liberté, respect à toutes les nationalités, afin de commander le respect à la notre; la pai\ avec l'honneur ou la guerre glorieuse comme une triste nécessité ; voici comme je comprends le devoir d'un loyal député.
Jules ALLAIN,
De la maison Allain Frékt-s. négocianls en vins. Candidat à la députation de la Seine, Paris et Bercy. En attendant les élections, je me mets à la disposition de tout (omilé ou de tout club, qui voudrait bien m'appeler à ses réunions, pour apprécier la sincérité de mon langage. '' ^ '^'
15 mars 1848. (Sans nom dimprimeur.)
REPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
Citoyens,
Les élections générales qui vont avoir lieu doivent, par leurs réstiltats, exercer une influence décisive sur le bonheur de tous et la prospérité de notre patrie.
Le décret du gouvernement provisoire, qui admet à voter tout Français âgé de 21 ans, non privé de ses droits civiques, appelle le concours d'un grand nombre de citoyens restés jusqu'à présent étrangers aux aflaires du pays. 11 importe donc d'user de tous les moyens qui sont en notre pouvoir pour les éclairer sur la gravité et les conséquences du grand acte qu'ils vont accomplir, sur les conditions que doivent réunir les représentants qu'ils ont à nommer, pour leur faire comprendre enfin tous les bienfaits dont la garantie est dans l'existence du gouvernement républicain. Des lectures quotidiennes des journaux dans les mairies, maisons d'écoles ou autres lieux à la convenance du public, me paraissent pouvoir ofl'rir ces avantages. Fixées à l'heure où les travaux de chaque jour sont terminés, je ne doute pas qu'elles ne réunissent beaucoup d'habitants. Vous aurez soin d'en informer vos concitoyens.
Dans les communes où les ressources du budget ne permettraient pas de faire cette dépense, qui sera de peu d'importance par suite de la réduction du prix d'abonnement des journaux, j'aime à croire que les maires, les conseillers municipaux et les habitants les plus aisés s'empresseront d'y subvenir au moyen de souscriptions volontaires.
Les journaux qui, par leur rédaction et la sfncérité de leurs opinions, peuvent le mieux remplir l'objet que nous devons nous proposer sont, entre autres, la Réforme (8 fr. par trimestre), le National (H fr. par trimestre], V Atelier (3 fr. par trimestre), le Populaire (3 fr. par trimestre).
Je recommande particulièrement l'exécution de cette mesure à votre zèle patriotique. Pour prévenir tout retard, j'ordonne à l'instant l'envoi du journal la Réforme à toutes les communes du département pour un mois, sauf à celles qui veulent s'abonner à un ou plusieurs autres journaux à les faire demander.
Salut et fraternité,