‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 159 sur 236 · DE JULES FAYRE · texte numérisé non relu

DE JULES FAYRE

Les principes qui me guidèrent sont écrits clans la sublime devise ; Liberté , Egalité, Fraternité.

« La Liberté, c'est l'exercice de toutes les facultés que nous tenons de Dieu , « gouvernées par notre raison.

« L'Egalité, c'est la participation de tous les citoyens aux avantages sociaux, « sans autre distinction que celle de la vertu et du talent.

« La Fraternité, c'est la loi d'amour unissant les hommes, et faisant de tous « les membres d'une même famille.

« De là découlent ; l'abolition de tout privilège; la répartition de l'impôt en « raison de la fortune ; un droit proportionnel et progressif sur les successions ; « une magistrature librement élue; le service militaire pesant également sur « tous ; une éducation égale et gratuite pour tous ; l'instrument du travail as- « sure à tous; la reconstitution démocratique de l'industrie et du crédit; l'asso- « dation volontaire partout substituée aux impulsions désordonnées de la con- * currence. »

Ces paroles, que j'ai pu sans plagiat emprunter à la dernière circulaire du ministre de l'intérieur, rendent exactement ma pensée. C'est à réaliser ce pro gramme que s'appliqueront tous mes efforts.

Quelques-uns de ceux auxquels je m'adresse veulent que j'aille plus loin encore, et que je m'explique nettement sur deux doctrines connues sous le nom de communisme et de fouriérisme.

Ma réponse sera simple.

Prises toutes d'une pièce , ces deux doctrines me semblent inaccessibles. Toutes deux empruntent leur force au lien commun qui rattache aujourd'hui les intelligences avancées et les cœurs généreux. C'est le dogme de la fraternité qu'elles cherchent à mettre en pratique. Leur but est donc digne d'éloge, et je ne comprends ni les sottes frayeurs qu'elles inspirent, ni les colères qu'elles sou ^ ' lèvent. Je veux pour elles une liberté complète de discussion. Je ne reculerai pas même devant des essais ([ue le gouvernement encouragerait. C'est à la fois par la lumière et l'expérience que la vérité politique s'épure. Que les hommes sensés, amis de leur patrie, se réunissent pour maudire tout appel à la violence, toute persécution ; et que chacun travaille avec une consciencieuse ardeur à découvrir les routes nouvelles qui doivent conduire l'humanité au bonheur !

JuLE8 FAVRE.

AUX ELECTEURS

DU

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