DÉPARTEMENT DE L ALLIER
Citoyens,
Liberté, Égalité, Fraternité!
Telle est ma devise. Je veux dans tout ce qu'ils ont de plus absolu et de plus immédiat, la réalisation de ces principes.
Il n'y a pas eu de liberté jusqu'à ce jour ; il ne pourra \ en avoir, tant que le Peuple aura faim.
11 n'y a pas eu d'égalité jusqu'à ce jour; il n'y en aura pas, tant que le riche étalera son opulence à côté de la misère.
11 n'y a pas eu de fraternité, et il n'y en aura pas, tant que les hommes ne seront point égaux et libres... Voilà, citoyens, les principes généraux qui me servent de point de départ.
Comme moyen immédiat d'application :
1° Liberté absolue de la presse ;
2° Droit de réunion et d'association, tel qu'il existe depuis le 24 février;
3° Le suffrage universel et direct : que tout citoyen soit électeur et éligible;
li" Abolition immédiate de tous les impôts qui pèsent d'une manière si effrayante, et depuis si longtemps, sur le peuple; tels que les impôts sur le sel, les boissons, les tabacs, etc. ; diminution considérable des impôts qui pèsent sur la petite propriété;
5° Y substituer un impôt progressif, frappé sur le capital, qui jusqu'à ce jour a été si bien épargné par nos assemblées législatives.
Je veux l'organisation immédiateetdu travail des villeset du travail des eharnj s. Que le capitaliste s'unisse aux travailleurs;, que l'un apporte ses bras, que l'an Ire aj^porte son or : ils se compléteront l'un par l'autre, et les barrières qui les tiennent depuis si longtemps séparées tomberont devant leur union iVateruelle.
Que l'éducation soit nationale, iniiverselle, o])ligatoire, gratuite pour tous. Quf le Peuple entier reçoive de l'Etat le pain de l'intelligence, comme il en recevra celui du corj^s, en concourant pour sa quote-part à toutes les charges de la patrie.
Vous tous, prolétaires, ouvriers, agriculteurs, déshérités de ce monde, qui que vous soyez qui gémissez depuis si longtemps sous le poids de la tyrannie, de la misère, et de l'exploitation, levez-vous! Sortez de vos ateliers, abandonnez vos
champs, venez tous prendre part au seul acte qui jusqu'à ce jour consacre votre qualité d'homme et de citoyen!... Venez jeter dans l'urne électorale le nom de celui que vous aurez reconnu le plus digne devons représenter.
Vos délégués, à Paris, ont jugé que j'en étais digne; ils me présentent à vos suffrages. Si vous le pensez comme eux, nommez-moi, et, je vous le jure, le noble drapeau que je porte depuis dix ans au milieu d'une nation enchaînée, je saurai le porter fièrement au milieu d'un peuple lilDre!
J'ai souffert pendant six ans dans les cachots du gouvernement déchu ; ceci doit vous être un sûr garanl de la conduite que je saurai tenir, si les représentants qui seront envoyés à l'Assemblée nationale s'oubliaient au point de préférer leur intérêt personnel aux intérêts de la Patrie et de la République!
Salut et fraternité,
EuG. FOMBERTEAUX, Dessinateur.