CLERMONT-FERRAND
Messieurs,
Les loges de Paris ont donné l'exemple de leur sympathie au nouveau gouvernement, le 14 Lourant. Cet exemple doit ou devrait être imité par toutes les loges régulières dépendant du Grand-Orient. Clermont-Ferrand, depuis longtemps, est privé d'une loge; et cependant, dans une population aussi nombreuse, il existe des francs-maçons de divers pays. Que ces francs-maçons se réunissent, qu'ils comprennent fraternellement leur immualile devise : Egalité, Fraternité \
Les francs-maçons ont toujours été frères. L'ère d(^ leur liberté est donc acquise dès le moment qu'un grand peuple comme la France^ sans connaître ni nos statuts, si beaux, si humains, si libéraux, les adopte. D'ailleurs, les francs-macons sont Français; désormais donc tous les Français seront francs-macons.
Comme la ville de Clermont n'a pas eu le bonheur de posséder une loge depuis longtemps, messieiu's, et comme le Grand-Orient pourrait (d'après nos statuts) ne pas reconnaître comme légale cette convocation, il serait à désirer que chaque franc-maçon se trouvât, le 25 courant, à trois heures du soir, place Saint-Pierre, 18, nanti de son diplôme. Aloi^s, messieurs, nous pourrions adresser, comme la grande ville, nos félicitations et nos vœux au nouveau gouvernement par l'intermédiaire du (jra/jf/-0//cHf, de qui nous solliciterions l'inslallalion d'une loge régulière, sous la dénomination acccpté«î en loge provisoire, conformément à nos statuts.
Salut et fraternitié.
A. Malet-Vandègre.
V. le Peuple, journal du Puy-de-Dôme, du 18 mars 1848, p. 4, col, î.
AUX ÉLECTEURS
DEPARTEMENT D'EURE-ET-LOIR
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CONCITOYENS
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Je me présente devant vous au moment où toute la France, rendue à la liberté, e'st appelée à nommer ses représentants. Je serais heureux et fier d'obtenir, comme le vénérable Giroust, de patriotique mémoire, tant de sidFrages indépendants qui me mettraient à même de servir longuement aussi mon pays.
Vous connaissez mes antécédents : enfant du peuple, j'ai, en toute circonstance, et selon mes forces, combattu la corruption et le despotisme. La liberté a toujours lait palpiter mon cœur. Après la révolution de 1830, bien que trompé dans mes espérances , j'ai su respecier les opinions sincères, et poursuivre de mes attaques les héros de tous les régimes. Las satisfaits n'ont pas eu d'adversaire plus ardent que moi. J'ai arraché plus d'un masque : ma tache n'est pas finie. ■ i'-! /■■ u; i,
,' 'ÎjA ■Fif.irahWîi'^de^Tns longtemps est ma devise; respect aux propriétés, resjDcct "aux èo'nscîences, sera toujours mon cri de ralli(;ment; je n'aurai jamais d'autres mots d'ordre que ceux-ci : Libkiitr , EGALmi 1 Plus de curée ministérielle! La vertu, naguère, ne résidait que dans le cens; les travailleurs étaient complétenitint oubliés, ôli hssimilés à de véritables parias : aujourd'iuii le cens a disparu, tous les Français sont égaux ; les travailleurs, les hommes infatigables, font partie de la grande famille électorale.
L'éducation étant la base de toutes' les Tertus^ la base «le toute bonne républi- (fue, je joindrai mes efforts à ceux des hommes compétents chargés de rédiger un projet de loi sur l'instruction primaire et supérieure des deux sexes.
Pour arracher l'ouvrier à la misère, il faut une organisation du travail. Ce sera une noble et grande tâche que de concilier les intérêts légitimes des patrons , des chefs d'industrie, et le salaire plus que sacré d(^ ceux qui produisent.
Quelques emplois importants doivent être votés ou donnés au concours. Plus de cumul ! répartition plus jn.*<le des impôts; une diminution progressive sur les rétributions excessives des hautS' fonclionnaires; déclarer, autant que possible, certaines fonctions honorifiques ; vu tout rechercher l'économie ; ne jamais
perdre de vue la gloire, le salut, l'indépendance et le bonheur de la France....' tel est le véritable mandat d'un membre de l'Assemblée nationale ou Consti
tuante.
Si la liberté, comme le soleil, brille pour tous, montrons-nous dignes de notre' glorieuse destinée. Que l'Europe nous respecte , nous admire et nous bénisse ! Oue tous les peuples , à notre voix , se regardent comme frères ! Plus de folles conquêtes; mais aussi, au nom de l'humanité, soyons les défenseurs et l'appui des opprimés !
Esquisser une profession de foi est une besogne facile et non nouvelle pour
bien des gens. *
Je finis en désirant que les hommes de la veille et ceux du lendemain ne soient pas confondus; c'est au peuple, qui tient la balance, à peser chacun selon ses œuvres.
Pour moi, quelle que soit l'issue de la lutte où , sans ambition , je me trouve mêlé, je n'abandonnerai jamais le drapeau qui seul est aujourd'hui l'égide de la
France.
Votre sincère et dévoué serviteur,
FILLEUL-PÉÏIGNY,
10, rue des Malhurins-Saint-Jacques.
Paris, mais 1848.
Paris. — tmp. de Pommeret et Guétiot, rue .Mignon, 2.
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