V. La Sentinelle du Peuple, du 29 mars 1848, p. «, col
Liberté I Égalité! Fraternité
CITOYENS
Sollicité par mes nombreux amis à me porter candidat à l'Assemblée nationale, j'ai cru devoir déférer à leurs vœux ; ce n'est donc pas pour eux que je trace ces lignes, maïs bien pour les citoyens qui ne me connaissent pas.
Depuis plus de trente ans j'habite la commune de Montmartre , depuis vingt ans j'ai exercé des fonctions municipales, toutes gratuites, et de 1830 à 1837, j'ai commandé la 1"^" compagnie de la garde nationale, comme capitaine. Croyez bien qu'il n'y a chez moi aucun intérêt personnel , mais bien le désir d'être utile à mon pays.
Pour tout homme sensé, la marche du gouvernement déchu n'était pas im problème, il devait arriver à une catastrophe; c'est ce qui a eu lieu. J'ai donc le franchise de me déclarer républicain du jour et du lendemain.
Je dis que la République est pour la France un monument sorti des barricades, qui a pour fondcunent la force et l'union, pour ciment la raison et la bonne foi , pour élévation nos institutions libérales, enfin le temple des lois , sur le frontispice duquel sont burinés, comme sur le bronze, ces trois mots sacrés :
Liberté^ Égalité , Frateruilé.
Respect donc à la loi et protection pour tous et par tous, car tous nous sommes peuple.
Le chemin qui conduit à l'Assemblée nationale n'est pas semé de roses , mais bien décucils , de ronces et d'épines, l'homme de cœur doit oser le franchir.
En ce qui touche le travail (objet de toute notre sollicitude) , il ne peut renaître que par la tranquillité des esprit? et la confiance.
Si un autre candidat, citoyens, vous itispire plus de confiance, indîquez-lemoi , je voterai avec vous.
Salut et fraternité ,
DdVE FERRY.
Monlmartre. — Iinp. de FILLOY frères et Comp., boulevard Pigale, 48.
Clermont-Ferrand, 46 mars, ère vulgaire 1848.
ère maçonnique 5848.