COMITÉ DU PEUPLE SOUVERAIN
Bagnères, 17 mars 1848.
Citoyen,
La souveraineté du peuple, seul pouvoir légitime, no doit plus périr. — Plus d'institutions trompeuses, plus de ces fictions inventées pour servir le despotisme et pour dépouiller le peuple de ses droits éternels.
La République appelle tous les citoyens à donner leurs suffrages pour le choix de ses représentants. Le U avril, la nation réunie dans les assemblées électorales , tiendra dans ses mains ses propres destinée?. Jamais mission plus grande et plus décisive ne l'ut exercée par un grand peuple.
Des institutions IVanchemeni républicaines doivent être les seules (|ui puissent désormais convenir à la nation française. Il importe donc que les représentants qu'elle va élire soient connus de leurs concitoyens, non-seulement par une adhésion qu'a'ucun no r( lu^c aujourd'hui , mais par de chaleureuses convictions.
Les formes nouvelles que le suffrage de loua les citoyens doit donner à l'élection , exige que les choix soient éclairés d'avance ; ce ne sont plus de mesquins intérêts de localité qui peuvent inlluencer les suffrages. La corruption ne j)eut dominer des assemblées où les droits de tous seront exercés par tous et pour tous.
Mais pour arriver aux choix que réclame l'intérêt de la République, il ne faut pas oublier (pie l'assemblée de chaque canton n'est (pi'unu fraction, que tous les votes doivent
être groupés au chef-lieu du département. Aucune assemblée ne doit donc s'isoler pour préparer ses choix. Que chaque citoyen soit libre, mais qu'il s'éclaire, qu'il éclaire les autres. Que tous éloignent de leur cœur toute rivalité de personnes ou de localités ; ne soyons préoccupés que des grandes, de.s immortelles destinées de la patrie ; que le peuple, appelé pour la première fois à l'exercice direct de la souveraineté, donne sa confiance à ceux qu'il reconnaîtra les plus dignes, et que des républicains courageux reçoivent de leurs frères la mission de fonder la République sur des bases inébranlables.
Pour concourir à ce résultat, un comité vient de se former à Bagnères. Il désire que, par les soins des citoyens guidés aussi par l'amour de la pairie, des coujités soient formés dans chaque canton. Ces comités se nietlroni en relation, [)roposeront des candidats, et feront leurs efforts pour éclairer les citoyens sur les noms qui devront être proclamés dans la grande journée du 9 avril.
Votre patriotisme nous est trop connu , citoyen, pour que nous n'espérions pas que vous ne vous empressiez de former un co^ mité dans votre canton.
Nous vous prions de nous répondre dans le plus bref délai.
Salut et Fraternité ,
AiusTE PAMBKUN , avocat, Président.
PAILHÉ, avocat, SOULE, av
/ocat, I y^ /ocat, j
ce-Présidents.
SOUTRAS, aîné, Rédacteur en chef de la
Sentinelle du peuple.
Darnaud, commandant de la garde nationale. Bruzaud, médecin.
Magné, père, marchand de bois.
Parade, menuisier.
Garière jeune, professeur.
Camus (Eugène), négociant.
FoRPOMÈs, notaire.
UoMONT (Philippe), propriétaire.
Lâmarque, pharmacien.
Lamary, négociant.
Pinson, avoué licencié.
ViGNERTE jeune, avocat, ^
SoLTRAS jeune,
DuMORET (J.-J.), avocat. J Secrétaires.
DOUBRERE fils,
FoNTAu , avocat, Latolr, avocat.
p. s. Dans l'intérêt de la cause que nous défendons , nous avons fondé nn Journal ( LA SENTINELLE DU PEUPLE ) , dont nous vous adressons quelques numéros.
Nous comptons sur votre patriotisme pour engager les citoyens de vos contrées à s'abonner au plus tôt à celte feuille destinée à éclairer l'opinion.
Le prix de rabonnemenl est fixé à 1 franc 50 centimes.
Bagnères. Typ. de J.-M. Dossun.
CLUB
DU
PROGRÉS DÉMOCllATIQUE