‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 189 sur 236 · HOU · texte numérisé non relu

HOU

Ce peuple intelligent, qu on a V doutairement etcriminoUemenl privé de la connaissance de sa propre histoire , ignore beaucoup

(le \oi noms, et a méconnu peutêtre plus d'une fois vos œuvres.

Mais il lui faudra bitMi peu de temps pour tout savoir, car il est jeune ; et, pour illuminer son es- ' prit, il ne faut que quelques paroles de vérité recueillies par son cœur. Que sera donc ce peuple dans quelques années, quand luimême, prenant le soin de se gouverner, aura créé les moyens de s'instruire ! Tu vas régner, ô Peuple! Règne fraternellement avec tes égaux de toutes les classes ; car la République, cette arche sainte de l'alliance, sous les ruines de laquelle désormais nous devons tous périr plutôt que de l'abandonneik, la République , celle forme par excellence des sociétés durables , proclame et consacre devant l'Univers, qu'elle prend à témoin de son serment, l'égaiiie des droits de tous les hommes.

Sur le rapport du directeur des beaux-arts, le Ministre de Tlntérieur vient de décider qu'un appel sérail fait aux artistes à une époque déterminée, pour qu'ils aient à présenter des esquisses peintes de la figure symbolique de la République française. Ces esquisses seraient exposées à l'École des beaux-arts.

Un fury, composé d'artistes, de littérateurs et d'hommes dÉiat, présidé par le minisire de 1 intérieur, choisirait parmi ces esquisses les troi^ comi)usilions qui paraîtraient remplir le mieux les conditions du programme.

Les artistes , auteurs des trois esquisses, seraient invités à les reproduire eu grand el d'une manière définitive.

Ce même jury choisirait [larmi ces Irois e:squisses celle qui alleindrail le mieux le but proposé.

Le Ministre de l'Intérieur a

décidé, en outre, qu'une médaille coramémorative de la Révolution de 1848 et de rétablissement de la Réi.ub!ique française serait frappée dans les ateliers de la Monnaie national?.

Celte médaille sera également mise au concours.

Un avis ultérieur fera connaître l'époque à laquelle ces deux concours seront ouverts, et indiquera les conditions des deux programmes.

— M. Louis Rlanc , dans une des conférences de la commission siégeant au Luxembourg, a proposé l'adoption d'un projet très important: il s'agirait de fonder, moyennant un emprunt de quatre millions dont la soumission offrirait peu d'embarras, quatre élablissemenls destinés à recevoir chacun environ 400 ménages d'ouvriers, avec un appartement distincl pour chaque famille, de manière à as-urer à tous ces ménages, par une certaine mise en commun des frais principaux, les avantages d'une notable économie sur le logement, le chauffage, la nK)urriiure, l'éclairage, etc.

Le résultat de cette économie équivaudrait à une augmentation de salaire pour les ouvriers, sans dommage pour les patrons. Les quatre élablissemenls dont nous venons de parler donneraient lieu à des expériences dont les résultats permettront d'étendre ultérieurement la nouvelle institution.

— Le Gouvernement provisoire a rendu le décret suivant :

Art. i•^^ A partir du jour même de la publication du présent décret , les billets de la Banque de France seront rcçuscomme monnaie légale par les caisses publi- (}ues ei par les particuliers.

Art. 2. Jusqu'à nouvel ordre la Banque est dispensée de Tobli- i gation de rembourser ses billets avec des espèces.

Art. 3. En aucun cas, le chiffre des émissions de la Banque et de ses comptoirs ne pourra déliasser trois cent cinquante raillions.

Art, 4. Pour faciliter la circulation, la Banque de France est autorisée à émettre des coupures qui, toutefois, ne pourront être inférieures à cent francs.

Art. 5. Les dispositions du présentdécret s'appliquent à tous les comptoirs que la Banque a établis dans les départements.

Art, 6. La Banque de France publiera tous les huit jours sa situation dans le Moniteur.

Fait à Paris, en conseil de Gouvernement, le 15 mars 1848.

— Le Gouvernement provisoire reçoit chaque jour de nombreuses députaiions. Tous les corps de métiers se présentent à rUôtel-de-Ville, soit pour faire une adhésion publique, soit pour demander des réformes dans l'organisation du travail. 11 arrive ' aussi des députations des départements. Eniin , les étrangers se réunissent sous leur drapeau national pour aller saluer la République française.

— Par un décret de ce jour, le Gouvernemenl a prorogé au 25 courant les électious de la garde nationale de Paris.

— Les déclarations solennelles delaiRcpublique française qu'elfe 'n'entend pas attenter à l'indépendiiucc des nations, ont complètement rassuré les Allemands, qui laissent éclater toutes leurs sympathies pour le peuple français, toutes leurs autipaliiies pour les souverains absolutistes.

E. DuvERGER, imprimeur des artes du Gouvernement provisoire pour le 10» Arrondissement, rue de Yerneuil, 4. — n° 4.

■"Un.mrUlir'imf

AUX ELECTEIRS

DES

BASSES-PYRÉNEES.

Une foule de candidatures vont surgir et, quelles que soient vos opinions, vos tendances, vos id«''es, vous n'allez avoir de toutes parts que l'embarras du choix.

J'en suis certain d'avance, et pourtant je sollicite, naoi aussi, vos sufl'rages.

A quel titre ?

Voici :

L'instauration de la République créant une situation toute nouvelle, il est indispensable d'envover le plus taraud nombre possible d'hommes nouveaux sur les bancs de la représentation nationale. 11 est d'une nécessit<: plus indispensable encore de choisir ces hommes parmi ceux qui n'ont pas attendu la chutt- de la monarchie pour proclamer leurs sentiments démocratiques, tranchons le mol, leurs ofAnions républicaines.

La République ne peut être constituée sur des bases inébranlables que par le concours des républicains sincères. Cette proposition n'a pas beaoio d'être démontrée.

Les républicains sincères ne sont pas ceux du lendemain. Les Trais républicains sont ceux de la veille.

Dans les rangs de ces républicains de vieille date, rangs peu serrés, je l'avoue, dan^l'arrondissemont de Pau, tout homme de cœur et de probité, doué de bon sens, doit se présenter avec franchise sans se préoccuper de l'encombrement des candidatures^; cet encombriment cessera au premit r tour de scrutin.

Sans faire parade de mes seiie quartiers de liépubticamsme . j'ai le droit de conipler parmi les Républicains de vieille date.

Mon programme est ului du gou>erneniciil provisoire. Ce programme a déjà posé avec précision et netteté les grands principes qui devront être inscrits sommairement et sans la moindre équivoque, dans la Constitution. a>ant de se traduire en lois spéciales cl pratiques ; je n'en retranche, je n'y ajoute pas un moL

Je ne pense pas que mon origine parisienne puisse être ici un motit d'exclusion. D'ailleurs fixé depuis 13 ans parmi vous . j'ai acquis mes lettres de naturalisation ])éarnaise. •

Je prends l'engagement de ne jamais solliciter ni accepter des fonctions publiques salariées. Je n'ignore pas que ces sortes d'engagements ont été complètement discréditéesVhcz nous, mais je suis d'avis que Iclat scandaleux de telle ou telle apostasie ne doit pas intimider un homme d'honneur, ni lui taire croire un moment que sa probité puisse être l'objet d'une mi liance générale.

Il n'est pas de plus vaste , de plus compfexe, de plus redoutable problème

il n'en est pas de plus hérissé de difficultés que celui de l'organisation du travail. J'appliquerai toutes les forces de mon intelligence à l'examen des diverses solutions qui seront proposées. Pour asseoir mes convictions sur ce point d'une importance sans égale, j'interrogerai à la fois mon cœur et ma tête

Tête et cœur m'ont déjà répondu que la conciliation intégrale de tous les intérêts rivaux ai divers, si multiples , ne peut s'opérer du jour au lendemain; tête et cœur me répètent à l'envi qu'une révolution sociale ne se fait pas en quelques heures, comme une révolution politique; que si le concours d'un petit nombre a suffi pour renverser soudainement le sommet, il faut le levier du plus grand nombre pour changer l'assiette de la base ; tête et cœur me. crient enfin qu'une organisation du travail bâclée à la hâte aurait pour conséquence immédiate le bouleversement de toutes les industries et la ruine générale. Le bon sens des travailleurs l'a déjà parfaitement compris.

Mais s'il ne faut rien précipiter, sous peine de produire un effroyable chaos, il n'est pas moins urgent de repousser avec énergie les doctrines sceptiques ou intéressées de l'immobilisme qui comptait tout récemment encore de si innombrables partisans. Marchons donc d'un pas ferme, résolu, mais mesuré. Partons sans impatience mais avec la volonté d'arriver au but. Geignons nos reins pour un sérieux voyage de long cours, ne montons pas en selle pour une folle course au clocher. Pas de joutes d'hippodrome, mais une allure sage et disciplinée sur la grande route du progrès. Que l'esprit d'émulation patriotique s'attache plutôt à l'ensemble et au bon ordre de la marche, qu'à sa rapidité, et que la rivalité ne pousse aucun citoyen à distancer ses frères. Le but est offert à tous , tous doivent l'atteindre à la même heure. Les hommes du gouvernement provisoire sont à l'avant-garde, en éclaireurs courageux, suivons-les sans les dépasser, il ne peut y avoir pour lemoment qu'un chef de file, et ce chef, je ne me lasse pas de le répéter, c'est le gouvernement provisoire.

Mes préoccupations constantes, mes sympathies chaleureuses sont également acquises aux travailleurs des campagnes. La classe agricole qui forme à elle seule plus des quatre cinquièmes de la grande famille française semblerait même au premier aspect mériter qu'on lui portât plus d'intérêt qu'à la classe industrielle, car les paysans ont toujours été jusqu'ici complètement délaissés, peu de voix amies se sont élevées pour signaler leurs souffrances cachées dans la solitude des champs, tandis que la seconde a trouvé de nombreux et puissants défenseurs qui ontdonnéàses plaintes toutle retentissementpossible.Mais le grand principe de l'égalité ne permet pas de réparer l'iniquité par l'injustice. Les malheureux n'auront pas de privilégiés devant la république. Les douleurs du peuple, qu'elles se proclament bruyamment dans l'atelier des villes , ou qu'elles se montrent mornes et résignées dans les chaumières, ont droit au même allégement.

Toute mon ambition consiste à porter à Paris un 900'"' de la force morale de la France pour consolider ses nouvelles institutions.

Le triomphe de ces glorieuses institutions une fois bien assuré, l'œuvre de 1» constituante accomplie, je rentrerais pour jamais dans la vie privée.

Je ne fais pas une profession de foi détaillée, j'évite les formules prétentieuses ou pédantesques, je me borne aux généralités les plus simples. Je n'oublie pas que la mas6(,e des électeurs se compose d'honnêtes ouvriers des villes et des cam-

pagnes qui, pour la plupart, n'ont point encore reçu le l)aptême de l'instruction politique et qui ne peuvent encore, par malheur, admettre un candidat que sur parole, Ceux d'entr'eux qu'une intelligence d'élite ou des circonstances favorables ont émancipés avant leurs frères sauront leur faire comprendre quel immense intérêt il y a pour eux tous à faire triompher les idées et les intentions si franchement démocratiques du gouvernement provisoire. Je suis prêt d'ailleurs à répondre verbalement ou par écrit, publiquement ou en particulier, aux questions spéciales qu^ils voudraient me faire l'honneur de m'adrcsser. Petit-fils de vigneron, fils de fabricant, simple ouvrier moi-même dans ma jeunesse, comprenant les besoins, les soulFrances, les droits et les devoirs des travailleurs, je leur promets à tous, ouvriers et patrons, un dévouement aussi ardent que désintéressé.

L'envoi en majorité à l'Assemblée constituante d(?s hommes du régime déchu serait selon moi pour la France le signal des plus épouvantables calamités. Mais en raisonnant dans l'hypothègelaplus favorable, celle ds leur minorité, la lutte parlementaire qui va s'ouvrir ne serait peut-être pas encore exempte de périls. Voilà aussi pourquoi je me présente. Je serais fier au-delà de toute expression d'être élu, mais je n'éprouverai ni honte, ni dépit de l'échec, même le plus complet, de ma candidature. Electeurs! en me posant devant vous en républicain, je n'aurai pas du moins endossé de travestissement, je ne me serai point couvert le visage d'un masque improvisé pour la circonstance.

Salut et fraternité I

A. BAUDIN, Propriétaire f rentier, ancien rédacteur de V Observateur des Pyrénées.

Pau. Imp. de Véroncse.

Épinal, le mars i848.

CITOYEN

A la nouvelle des événements glorieux qui ont amené la chute du système dégradant sous lequel la France gémissait, des citoyens d'Epinal , voués depuis longtemps au triomphe de la démocratie, se sont formés spontanément en Comité , afin de seconder le mouvement par tous les moyens en leur pouvoir La crise passée, ils sont venus déposer entre les mains du peuple assemblé, l'autorité j^rovisoire qu'ils tenaient des circonstances; ils lui ont demandé s'ils avaient sa confiance et s'ils devaient rester à leur poste. Le peuple a répondu que telle était sa volonté.

Il ne manquait plus à notre Comité , pour être nartout reconnu comme autorité régulière, que l'investiture du Commissaire du Gouvernement provisoire ; cette investiture lui a été accordée.

Maiplenant que toutes les communes de notre département ont adhéré à la République, il nous reste, Citoyen, un grand devoir à remplir : il nous faut maintenir celte grande conquête ; il faut veiller à ce qu'elle ne devienne la proie'

des royalistes d'hier, convertis suLitement à nos doctrines, qu'ils proscrivaient naguère avec tant d'acharnement.

Les élections de l'Assemblée nationale constituante sont fixées au 9 avril prochain; nous n'avons donc pas de temps à perdre pour nous concerter et déjouer les trames des ennemis de la République.

A. cet efïét, notre Comité vient de se constituer en Comité électoral central. 11 a décidé qu'il se mettrait immédiatement en rapport avec les chefs-lieux d'arrondissements et de cantons ; qu'il ne ferait rien sans les avoir consultés et sans leur assentiment, et que, d'accord avec leurs délégués, il serait dressé, dans le plus bref délai , une liste de 11 candidats, qui sera soumise aux suffrages des assemblées électorales.

Nous venons, Citoyen, en vous informant de ces dispositions préparatoires , vous demander votre concours pour l'œuvre solennelle qu'il s'agit d'accomplir, et d'où dépend la sécurité de notre avenir à tous. Que les élections prochaines envoient à l'assemblée nationale des hommes hostiles ou même indifférents au nouvel ordre de choses, et les inquiétudes renaissent, et l'agitation reparaît, et la crise que nous venons de traverser si heureusement recommence avec tous ses périls ; que les nouveaux élus aient, au contraire , déjà donné des gages de leur dévouement aux principes qui viennent de triompher, et les résultats de notre révolution ne tarderont pas à se consolider.

Si, comme nous l'espérons, vous partagez ces sentiments, veuillez vous rendre le 19 de ce mois à Épinal, où une réunion des délégués des trente cantons du département aura lieu dans une des salles de l'Hôtel-de-Ville, à une heure précise de l'après-midi.

Si quelque motif vous empêchait d'y assister, vous voudrez bien nous en prévenir après avoir fait part de la présente circulaire aux Citoyens de votre canton qui pourraient vous remplacer. Il est, en effet, de la plus haute importance que tous les cantons se trouvent n^prése^tés à la réunion, afin d'éviter tout malentendu. Nous regardons également comme chose très-importante la formation d'un Comité électoral au chef-lieu de chaque canton , et celle de sous-comités dans chaque commune. Veuillez, Citoyen, vous en occuper immédiatement. Recevez l'assurance de nos sentiments fraternels,

Les Membres du Comité ; CoLLENNE, Ballon, Honoré, DuïAc aîné, Dutac jeune, Guilgot, Dubois père, Ciievreuse , Bigi: ard , Aubel , Dubois (Alexis), Régmer, Gerbaut Jeanmaire, Buffet, Petot, L'huillier, Génin, Lemarquis, Galtier, Mougin, Papigny, Evon, Colin. p. S, — On nous apprend qu'un Comité, composé en grande partie d'anciens conservateurs, vient de se constituer dans notre ville, à l'effet d'exercer une influence rétrograde sur les élections. Nous croyons devoir vous en prévenir ,. afin de vous mettre en garde contre les ouvertures qui pourraient vous être faites de la part de ce Comité, à la tête duquel se trouve M. Déblaye, notre excollègue. L'unité d'action, dans ces moments décisifs, est une nécessité que sauront comprendre les vrais amis de la République.

A. Cabasse, Imp. du Comité d'Epinal.

CLUB

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