CONCITOYENS DES BASSES-PYRÉNÉES
Je virus solliciter de vos sufFragos lo plus grand honneur qui puisse être accordé à \u\ Citoyen, cohii de siégrr |)armi les roprésonlants de son Pays.
Pour oser le demander, mon meilleur titre est un absolu dévoùment à vos intérêts : Homme nouveau dans la vie polilifjue, juMil-èlre ne me jngerez-vous pas lèl dans la carrière du travail cl dans l'aceomplissemenl du devoir.
Si je n'étais Républicain , j'oserai le dire avec franchise el avec courage. Car votre estime est la seule récompense que j'ambitionne, le seul prix que je me sois" jamais proposé.
Mais ntil ne peut méconnaître dans l'établissement delà Républifiue la volonté de la Providence, qin', après un travail de soixante* ans. a détruit flans nos mœurs toutes les racines de la monarchie, pour consacrer au milieu de nous, d'une ma-
nîcre définitive et complètt», ses grand» priilcipps de la loi univerielle : Liberté , Egalité, Fraternité. Aussi attendions-nous laRépiiblique, les uns unpcu plus tôt, les autres un peu plus tard.
Concitoyens, si j(^ suis appelé à l'honneur de vous représenter, je serai du nom1)re de ceux cpii chercheront à l'asseoir sur de» bases inébranlables.
Je veux que nos institutions républicaines soient telles qua ni le temps, ni ranil)ilion ou lacorruplion de quelques hommes ne puissent les dénaturer;
Que la volonté Souveraine de la Nation soit exprimée paV ses seuls représentants, élus de tou5, el exécutée par des magistrats de son choix;
Qu'ainsi tous les inlérèls, ceux du pauvre comn)e ceux du rielie, de l'homme qui travaille et de l'homme qui possède, concourent à formrrle droit, et que l'égalité ne soit pas seulement devant la loi, mais encore dans la loi.
Par là seront résolus, sous l'influence de la lil>erté, bien mieux que par des systèmes préconçus, les diflicilçs problèmes qui agitent la société moderne.
Je veux que l'autorité publique soit maintenue forte et puissante aux mains qui en resteront les dépositaires pendant un temps, de telle sorte que la loi soit toujours et partout obéie.
Que l'ordre, fondement de la liberté, trouve dans la liberté elle-même de nouvelles et plus soh'des garanties;
Que dans c^s graves circonstances , les principes sacrés de la famille el de la propriété reçoivent une éclatante consécration;
Que la liberté du culle et l'expansion du sentiment religieux, pivot de l'ordre social, soient respect.'s de tous ;
Que desgages d'union, de prospérité et de j^aix soient immédiatement donnés pnr la Républiqu<^ à tous ses enfants.
Concitoyens! il n'y a point en France de vainqueurs ni de vaincus il n'y a pliisfjue lies frères. Si la liberté a été ralentie dans sa marche, tous les obstacles ont disparu ; si la vanité et l'égoïsme ont foulé aux pieds l'égalité, elle s'est relevée victorieuse; plus de coiTuption pour étoulfcr dans nos cœurs la voix de la fraternité; il no, reste donc rien à combattre, rien à détruire. Que la mémoire dune sanglante époque cesse désormais de nous préoccupL-r. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un fantôme !
Mais si ce fantôme osait relever la tète , je jure que je me réunirais à tous les bons Citoyens pour l'écraser à jamais !
A. DARISTË.
Pau, 17 mari I8/18.
Pau, imprinierio de Vero.nese.
RÉFLEXIOIVS