L ORGANISATION DU TRAVAIL
CITOYENS
Un arrêté émané de votre sagesse porte :
" Attendu qu'un travail manuel trop prolongé, non-seulement ruine la santé « du travailleur, mais encore, en l'empêchant de cultiver son intelligence, porte 0 atteinte à la ch'gnité de l'homme ; »
Les Corps d'Etats des Cuisiniers et Pâtissiers , qui comptent à Paris plus de dix mille Ouvriers, ont l'honneur de vous exposer qu'ils sont assujettis presque tous à un pénible travail déplus de quinze heures par jour, et généralement de AT) à 50 degrés de chaleur, qui , joint au manqiuî d'air nécessaire à la vie, l'ont de leurs cuisines de vrais tombeaux d'hommes vivants.
Depuis 1830, ils n'ont cessé d'employer tous les moyens légaux pour remédier à l'organisation vicieuse de leurs travaux, qui les rejeltcnt pour ainsi dire de la classe des travailleurs; mais le uïauvais vouloir de l'ancienne administration a conslamment entravé le développement du bonheur progressif, si nécessaire à son bien-éire et à sa santé, sans nuire en aucune manière à l'organisation intérieure des Etablissements :
Les SoussigiK's'ont l'honneur de vous exposer les améliorations qu'ils croient nécessaires d'apporter à leur industrie.
Article premier.
Qu'il soit organisé un Conseil de Prud'hommes, composé démocratiquement, pour juger les dilTérends qui pourraient exister entre les Patrons, Ouvriers et Apprentis : il pourra se composer de tous les Etats qui se rattachent à celte industrie.
Art. 2,
Nous désirons qu'il soit institué une Société spéciale et unique de Placement, tenue par un Citoyen élu par les Ouvriers, pour remédiera l'impôt onéreux que perçoivent les Placeurs sur l'Ouvrier sans ouvrage.
Art. 3.
Que les Membres du Conseil de Salubrité nomment une Commission , composée d'un Médecin, d'un Architecle et de Cuisiniers, pour visiter les établissements de Paris et de la Banlieue , qui, par la mauvaise administration et la construction vicieuse des Cuisines, occasionnent à l'ouvrier des maladies qui le forcent à ne pouvoir continuer son état.
Aux. II. •
Nous désirons que l'Ouvrier puisse faire son service de Garde national chaque fois qu'il en sera requis, sans que les patrons s'y opposent par des moyens d'influence morale ;
Moyennant un extra à ses frais, ce qui procurera quelques ressources aux Citoyens sans place. •
Art. 5.
Nous désirons que les heures de travail soient basées sur la raison , et que les jours dits de garde, qui se prolongent jusqu'à la fermeture de rctal)lissement, ne puissent, sous aucun prétexte, arriver plus de trois fois par semaine, afin que l'ouvrier après sa journée puisse enfin goûter les bienfaits du Gouvernement Républicain.
Il est bien entendu que, passé minuit, la ntiil sera payée complètement aux Travailleurs. '
Art, 6.
Nous désirons que les Pâtissiers , Traiteurs , Restaurateurs, etc. , ne puissent avoir des Apprentis-Aides ou Ouvriers au-dessous de quinze ans, sans se conformer à la Loi sur le travail des Enfants.
Suite des U "principaux Articles de l'Adresse.
Enfin nous vous exhortons, Citoyens Représentants, à penser à nous dans votre grande organisation du Travail ; mettez-nous à même de remplir le vide qui se fait sentir principalement dans les Maisons particulières, en nous mettant à la tête de grands Ateliers Nationaux pour y exercer notre état : d'ailleurs ce serait une grande économie pour les travailleurs en commun ; notre Société serait en mesure de leur offrir des hommes consciencieux.
Nous finissons en vous priant de faire insérer notre Adresse au Moniteur, afin que tout le monde sache la Démonstration solennelle d'aujourd'hui, et nos Principes bien connus de tous pour le Gouvernement Provisoire; il vous suffira pour vous en convaincre de jeter un regard sur le passé; notre modestie nous empêche d'en dire davantage ; vous pouvez donc compler sur nous : comme toujours, nos bras et nos cœurs sont à la disposition de la République et à ses Représentants.
Nous attendrons avec jDatience et dignité l'exécution des principes de notre Adresse.
Suivent plus de deux mille Signatures.
Les Délégués :
FLOTTE (Benjamin), BONNEFOND (Pierre), SAINTAIGNAN (Eugène), DRIARD (Sosthène.)
Paris. — Impiimerie de SOUPE, passage du Pouceau, 18 et 20.
Les lois civiles, comme les lois politiques, vieillissent avec le temps. Aussi des citoyens éclairés ont-ils pensé à introduire dans la loi sur le mariage des modifications que le progrès reclame. L'indissolubilité des liens du mariage étant une anomalie avec la liberté, puisqu'elle interdit à tout citoyen séparé de sa femme judiciairement la faculté de se remarier, et le place par cette restriction dans l'alternalive de l'inmioralité ou du désespoir, on signe en ce moment dans les douze arrondissements de Paris et dans la commune des BalignoUes, une pétition pour le rétablissement du divorce.
Ce document, qui est autographié, fut distribué à Paiis dans les cabinets d^ Içeture. et ne porte ni lignalure ni de qom d'imprimeur. (N, des E.)
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