‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 197 sur 236 · DU MORBIHAN · texte numérisé non relu

DU MORBIHAN

La royauté s'est' abîmée dans le sang.

Le principe monarchique est mort sur les barricades de février.

La nation a reconquis ses droits; elle va les appliquer.

Après avoir détruit, le peuple est appelé à reconstruire.

Chaque citoyen doit, dans la mesure de ses forces et de son intelligence, apporter son concours à ce grand œuvre de rénovation polilif|ue et sociale.

Jeune et inconnu, je me présente avec confîunce à vos suffrages. Qui me donne cette hardiesse? c'est que je crois qu'il faut aux idées nouvelles de jeunes intelligences; c'est que je crois qu'il faut allier, autant que possible, par un choix heureux, 1 énergie des jeunes convictions à la prudence de l'âge mûr.

C'est que, inconnu, je n'ai pas de ces ressentiments personnels qui gâtent queiqnei'ois la plus belle cause, même quand ils sont légitimes.

Républicain depuis que je suis capable de raisonner, depuis que je suis capable de discerner le bien du mal, le juste de l'injuste, je suis entré d'une manière active dans ce parti depuis l'âge de dix-sept ans.

Mes croyances politiques, je les ai proclamées hautement lorsqu'il y avait danger à le faire.

Je les ai proclamées lorsque je me battais avec mes frères sur les barricades.

Elles n'ont pas varié iorsque presque lous doutaient de leur avènement prochain. Elles ne varieront jamais.

J'ai combattu pour leur triomphe; je saurai, s'il le faut, mourir pour les défendre.

La République est désormais le seuUgouvernen)eiil possible. Hors d'elle, il ne peut y avoir que despotisme ou anarihie.

Citoyens! la République nouvelle ne doit pas être seulement un changement fl'hommes, mais aussi un changement politique et social.

Je veux le plein développement de cette formule humanitaire :

Liberté, Egalité, Fraternité!

Dans cette formuJe appliquée se trouve le code de la société qui s'éhibore. Lf s représentants que vous allez élire doivent en poser les bases.

Haute et grave mission ; car, tout en préservant le présent, ils doivent sauvegarder l'avenir.

Si la foi, si le dévouement à la patrie, il la Républi(]iie, au peuple, ^uflî>alent pour ii:ériter vos suiïraijes, ils me seraient acijuis.

JOtBERT,

de Délie- lle-en-mer, Dé'égné du Comiié électoral des Déœocraies du X« arroniiisseuienl de Paris.

Paris. —Imprimerie de Schneider, rue dErfurlb, 1.

COMlïSSION ÉLECTORALE

DE L'ARROMDISSEMEIVT D'ÉPIIVAL.

Citoyen ,

La Commission électorale d'Epinal vient d'envoyer des délégués dans les cantons pour presser l'organisation des Commissions cantonnales. Cette première mesure sera certahiement accomplie lorsque cette circulaire vous parviendra , et vous connaîtrez déjà quels sont les sentiments qui nous animent et le but que nous poursuivons.

Pour ôter tout prétexte aux suggestions contraires, nous croyons devoir vous les exposer de nouveau.

La France marche à la tête des nations dans les voies du progrès social et de la liberté. Chacun de ses mouvements agile les peuples d'une espérance et frappe les souverains d'une inquiétude. Les peuples contemplent notre marche, prêts à 1 imiter et à nous suivre si nous leur donnons la preuve que nos institutions seront conformes à la belle devise de la liberté, de l'égalité et de la fraternité; prêts à s'arrêter, au contraire, si nos institutions n'enfantent que la discorde, le désordre et l'anarchie. Les souverains nous observent, prêts à nous accabler si nos fautes arrêtent l'élan de leurs peuples; s'ils nous voient divisés et désunis, prêts à fomenter au besoin la guerre civile parmi nous.

L'union la plus compacte, la fidélité à notre^devise, l'adoption d'institutions fortes et capables d'assurer la prospérité publique, la solution intelligente des grandes questions de l'amélioration du sort des travailleurs et des progrès de l'agriculture, ce sont là des dettes que le peuple Français a contractées envers les autres peuples en se mettant à leur tête; ce sont en même temps les garanties les plus précieuses delà paix au-dehors, de l'ordre et de la prospérité audedans.

Avant tout donc l'union, la concorde, la fusion de tous les anciens j^artis, qui sont d'ailleurs et désormais sans but et sans cause.

Ce sont ces résultats que la Commission poursuit et veut obtenir.

Pourquoi n'y parviendrait-elle pas? Pourquoi ces vues si généreuses , si patriotiques, si essentiellement répnl)licaines ne seraient-elles pas accueillies dans l'arrontlissement d'Epinal comme elles l'ont été dans l'arrondissement de Mirecourt , qui vient de nous offrir un si l^el exemple, en nous montrant les partis les plus hostiles fraternisant ensemble et posant les bases de la joins sainte union ?

Pourquoi ne donnerions-nous pas aux peuples émerveillés l'admirable spec-

taclc d'iino nation de fit rrs forlomcnt unis et poursuivant, avec un commun dévouement, l'œuvre du l)onheur de tous ?

La Commission d'Kpiual connaît trop les noliles sentiments des Vosçiens pour ne pas esp<''r('r que cette grand*' union s'y produira.

Mais il faut (pi'elle se manilcstr* tl'une nianière relatante, par rélerlion, à de« majoitf's considérables, des Dcputrs cpi'elle enverra à rAssrniljiée nationale. Aucinie (l('n)onslralion ne prui mieux allrsler l'accord de tous les Français.

Ce n';sullat peut être ohlciiu par les mesures que nous axoii'i dcj.i concertées avec les arrondissements.

Les Commissions de canton doivent appeler a elles des del«jj;ue5 < lioi>is par chacune des communes du canton , et arrêter avec eux des listes proi-^oircs de candidats.

Les Commissions de canton doivent ensuite nommer Avs d» lej^n. ?. ipii se rendront à une assemblée générale (pii sera tenue à Epinal, et ou le> candidatures provisoires seront pesées et discutées, afin d'arrêter et de déterminer les candidatures définitives.

Ces cantlidalures définitives seront publiées et proposées à l'adoption de tous les électeurs.

Dans cette marche, tous 1rs droits sont respectés ; toutes les prétentions lé^times sont appelées à se ])roduire : aucun sacrifice n'est imposé; car il est de toute justice que les candidatures locales se désistent si elles n'ont pas de chance d'être accueillies par le département tout entier.

En adoptant cette marche, demandée d'ailleurs de toutes parts, la Commission d'Epinal est convaincue que les choix définitifs porteraient ne toute nécessité sur des hommes fermement résolus :

1° D'asseoir nos institutions nouvelles sur les hases les pins solides;

2*= De réaliser les principes de la liberté, de l'é^^alité et de la fraternit.-;

3° De maintenir le respe<t dû à la religion dont la loi di\in.^ a. la pr. tni. p.- i.-vélé ces grands principes ;

II" D'assurer le respect des pro{)riétés comme des pei sonnes;

5" De donner à l'agriculture une impulsion constanli' et féconde \ers de> progrès nouveaux ;

()" D'améliorer surtout cl avant tout le sort des travailleurs.

Les gouvernenu'uls déchus sont venus au secours du pauvre, «mi créant des hospices de totite nature, des établissements de charité, des bureaux de bienfaisance, des salles d'asile, des crè<'hes. Vucun n'.» songé à l'ouvrier, à cette classe si utile de citoyens, dont la géuéreuse llert»' préférait supporter la tlétresse plutôt que de recourir à ces institutions établies pour le pauvre. Cet injuste oubli de\ait les perdre; et le gouvernemcMït nouveau s'a|> li«pie à le réparer. 11 tant que 1 éKx:tion porte à l'assemblée des honunes lérm«Mneut résolu< à le seconder ilans cette œuvre de justice.

Telles sont les idées. Citoyen , «pie vous dev«v vous attacher à répandre. Dédaignez, connn«^ nous le faisons, toutes l«*s insinuations maheillantes que Ion chercherait à propager : elles ne peuvent émaner que de ceux qui ne nous comprennent pas ou d'ambitions mécontentes. Qu'elles n'entravent ni >os elForts, ni votre dévouement.

Veuillez donc, dans vos communes respectives, consulter le vœu des électeurs qui les composent, et leur demander la nomination de délégués qui viennent au chef-lieu de canton au jour fixé par la Commission cantonnale, pour y dresser une liste provisoire de candidats et pour y nommer les délégués qui se rendront à l'assemblée générale des cantons. Hâtez autant que possible l'accomplissement de ces mesures préparatoires ; car cette assemblée générale sera probablement fixée au 29 de ce mois.

Citoyen, l'œuvre que nous vous recommandons est du plus haut intérêt pour le pays , pour la sûreté au-dehors, pour sa prospérité au-dedans, pour sa gloire et son influence parmi les peuples.

Votre patriotisme nous garantit que vous lui consacrerez votre dévouement et vos énergiques elForts.

Salut et Fraternité.

Signés :

DEBLAYE, Président, Commandant de la garde nationale; ADAM, ancien Maire, Vice-Président; GLEY, Membre de la Société d'émulation; DÉBUISSON, Notaire; BIENAYMÉ, Membre de la Société d'émulation; PENSÉE, xVvoué : PEL- LERIN, Imprimeur; DÉPREZ , Propriétaire; BEAURAIN, Architecte, Membre de la Société d'émulation; GÉRARD- GEORGE , Agriculteur ; VADET, Membre du Conseil d'arrondissement ; HAXO , Docteur -Médecin, Memi^re de la Société d'émulation ; FAVREaîné, Carrossier; KxiLTEMBACK, Ebéniste ; EORMONT, Membre du Conseil général ; BOCJLAY (J.-B.j, Cultivateur; VALENCE, Cultivateur; DEPÉRONNE, Greffier en chef du Tribunal; SAGAIRE aîné, Négociant; SONKEL, Confiseur; VALENTIN , Relieur ; MATHIEU, Capitaine de cavalerie en retraite ; FERRY; Avocat : CLEMENT, Propriétaire de carrières ; JACQUEMIN , ancien Boulanger ; MAUD'HEUX , Membre du Conseil général, secrétaire.

Epinal, le 17 mar* 1848.

P. S. Lfi Commission a fixé au dimanche 26 de ce mois, à une heure après midi, dans la salle Coincelles, la léiuiion dos dolégiiés des communes du caulon d'Épinal. Veuillez donc hâlé^' leur nominalion dans vos couimuues respectives et les engager à se bien pcnélrer du vœu général des éUcleurs.

N. B. Veuillez communiquer cette circulaire au plus grand nombre d'électeurs possiùle.

Epinal, Imprimerie de Pellerin.

Pakii. ^ Imprimerie Lacou» et Comp., rue SoufQot, iS.

;tb.oisièi«s péîiiods,

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