‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 20 sur 236 · DES BOUCHES - 1)L - RHONE · texte numérisé non relu

DES BOUCHES - 1)L - RHONE

CITOYENS

Encouragé par des Patriotes sincères, je viens ofFrir à la Patrie mon intelligence, nnoR cœur et mon bras.

Serai-je trouvé cligne de vos suffrages? C'est ce que vous aurez à résoudre. Je ne ferai pas mon panéjiyrique; mais je vous donnerai (]uelques aperçus sur tout ce qui me touche, afin de vous aider dans la recherche de ma valeur comme citoyen.

J'ai été, je suis et serai toujours Républicain.

Je l'ai été, car toutes 1rs actions de raa vie ont toujours tendu vers les grands principes égalitaires, car tous mes écrits antérieurs respirent l'esprit de la Démocratie; car alors qu'il y avait au moins de l'audace à proclamer cette opinion, je n'ai pas hésité à le faire. Je l'ai été, car je me suis toujours associé et j'ai toujours pris une part active à tous les efforts que les Républicains ont tenté pour faire triompher leurs idées.

Je suis devenu Républicain le jour où de constantes et laborieuses études me firent entrevoir tout ce qu'il fallait encore conquérir de libertés publiques pour arriver à l'Egalité, à la Fraternité ; je fus porté à l'étude des questions sociales par ce besoin d'aimer et d'être aimé, qui est, selon moi. l'expression la plus vraie du Républicanisme. Sans l'Egalité, pas d'amour.

Je suis Républicain, car je me sens animé du désir de coopérer dans la mesure de mes moyens, de mon intelligence et de mes sentiments à la consolidation, à la glorification et à la perpétuation du règne de la Liberté, la seule souveraine légitime de la France et du monde entier.

Je serai toujours Républicain, .le vous le promets.

Je consacrai toute ma vie, mes courtes heures de loisir à la culture de mon intelligence; constamment et av^c une égale ardeur, j'ai cherché à façonner mon esprit aux belles pensées, mon cœur aux bons s<'ntiments; je me suis enfin pénétré des droits et des devoirs du citoyen.

Mes études, forcément entravées par I; s exigences d'un lourd métier, n'ont pu fain; (le moi un savant, mais j'ai lorgueil de croire qu'elles ont ou pour résultat de me donner le discernement (\u bien et du mal, du mensonge de la vérité.

Je n'ai adopté exclusivement aucune scctp sociale; jamais je n'ai voulu me mettre a la remorque d'un nom propre, suivant cette maximed'nn esprit éminent : « Rallions-nou> autour des idées, plies restant, les hommes s'en vont. » Je ne repousse pourtant aucune de ces sectes qui ont fait tant de bien, puisque toutes ont convergé vers un même point: Liberté, Egalité , Fraterniié. Nous devons, \ au contraire, leur être reconnaissants <les bons services rendus à la cause du peuple, des luttes incessantes et souvent périlleuses qu'olles ont soutenues pour amener le triomphe de la vérité ; si elles renferment des imperfections, elles ont toutes des idées qu il faut bipn se garder d'exclure; c'est en nous éclairant tous sur le mérite réel de ces idées, en élaguant sans hésiter celles qui reposent sur des principes faux, que nous arriverons à une solution définitive et rationnelle des grands problèmes sociaux.

Je suis prêt à répondre à toutes les interpellations qui pourront m'être faites sur mes antécédents ; je repousse d'avance toute accusation qui ne se produirait pas au grand jour ; il ne peut y avoir que celles qui sont mal fondées qui puissent craindre la publi-

cité; tous les actes de ma vie sont purs; qijeli|uos-uri« peut être sont loijiiblt'S, ce n'est pas à moi de les faire ressortir.

Voici mairilpnant mon opinion sur l'état actuel de la népubiifjue et sur les diverses questions que sera appelée à résoudie l'Asseinhlee Constituante.

Je considère la guerre comme un fléau. La paix vsl létal normal de la nature; niais la I aix glorieuse qu'on n'achète pas au f)rix de son honneur. Otle paix avec laquelle t<iut progresse et s'agrandit, qui e-t propii-e au dc\elop,.enM>nt de rintelligcnff, le don le plus précietix que Dieu ait (ail à i'hoiine, la piiix con.'Jacrcnil le p iricipp Fratentiié, [)0ussani A la prop^ïgaiion des idées ld)éralos. M. lis le jour où des des| otcs \ond:ait'[it en |ir(.l(ier pour enchaîner les pfMj|)l(,'S et noulialiser leurs efîmls v«.'rs la liberté, j^î niêierais ma \ oi\ à la voix des milliei s de citoyens qui se lèveraient comme un seul homme pour happer à coups redoublés sur l'iiydre de l;i tyrannie.

J'adhère complètement au iranifeste du citoyen Lamaiiine; comme lui, je désiieque la Fiance jouisse, dans la circonscription de ses liiniio, des libellés conquises au firixde tant de sang précieux ; qu'eiîe respecte toutes les naiionaliiés; (pi'elle leur sonllli' l'air vi\ ifiani et [)ur qu'ePe re-^pire ; qu'elle rende onliii a celles qui se tordent dans une longue Ufzonit; la vie ei la liberté.

Une b;sion bien friiiiche et bien sincère doit s (ipérer dans toutes les cla-ses de !a sociéié; plus de ligne de «lé^i'ai cation parmi les ♦^nfants delà grande lamille hua, aine; éj^nlité diiiis toute l'acception i\u mot ; ég.ilué de droits, do devoiis, de condition, de consideralioi ; que tout travail soii également h more, tout travail étant égalemeiit nécessaire,

Kiiconragemcnt an développement de l'intolligence par des récompenses morales pliilôi (pK' inaiérieUes; c est le moyen d'élever ''àMieeire>piiiu la hauteur des plus grandes oncepiioiis.

co

Qie la justice n'ait pas rjoux poiiJs dans s

balance; que son temple soit acce.-sible à seihblHble>; cliacun est nécessaire

tous; ,|.,ela de d'or ne suit plus lu seule qui c'est .lonc desobéir a la loi divine

ouvre bcs portes. %,;.,. a ,i ..,.. ..„m.. <, j;»..,i-^ i .. .«i....

Que tons les emplois scientifiques, littéraires, administratifs etc., ne soient accordés qu'au mérite et en dehors de toutes considéraiions, n'importe de quelle nature; et pour arriver à ce résultat, qu'on n'accorde de place qu'à celui qui sort victorieux d'un concours où chacun >oit appelé à donner la mesure de ses aptiuides.

Pour la pro>-péMté des arts et des sciences, récompenses à tout citoyen qui, par des études sérieuses aura fait f.niv à l'espiil humain un pas vers de nouvelles découvertes. Encouragement à tous ceux dont les etïorls tendent vers ce but.

La conscience d'un citoyen est un tabernacle sacré dans lequel il ne doii. pas être permis de fouiller; que chacun professe sa religi n et manifeste ses croyances en toute liberté; mais que l'Etat souti^-nne également tous les cultes et ne permette pasàlundabsorb'-r tous les auties, que le piètre vive de l'autel; que le nombre en soit limité dans les proportions que ne doit pas comrjiander une déplorable parcimonie, mais bien les besoins de la morale.

Qu'on fasse disparaître des temples de la prière tout ce qui peut rappeler a l'esprit l'amour des choses matérielles; que la prière ne soit plus mise à contribution, ce qui n'a pas peu contribué à l'ind ITerence en matière leligieu^e dans l'espiit <i*un grand nondne de (Citoyens ; que le luxe elTré é en soit banni pour fjiire place à l'humiblé (]ne tonte religion commande; que la prière pour le pauvre ne soit pas faite avec une négligence immorale; que les dépouilles moi te les des malheureux ne soient plusjetéesibms la terre ComniB la chair d'un animai ganjjrei.p.

Que les couvei.t-t soient abolis; \e n.eilleur mo^en d'élever son âne a Dieu c'( st de remplir fidèlement ses devoirs de Citoyen, de iils, de [)ère et dépoux ; le travail est aus^i une firière. Celte récuision volonlane n'est ni dans les lois de Dieu ni dans les lois de la nature, elle ne peut enfanter que des mon>truosités ; 1 homme en naissant a n çu une mission qu'il doit remplir parmi .'■es seihl)lHl)le>; chacun est nécessaire à tous;

jue do vivre dans celte solitude. La retraite cluî-

trée décèle pliilôt de la lâcheté qu'un véritable amour de Dieu.

Que (les écoles nationales et gratuites, où l'éducation sera donnée à tous également, soienr créées; qu'on observe l'enfani à cet â2;H où ses tendances se manifestent et que le com lémenl de son éducation piofossionnelle lui soil donné dans le sens de sa vocation C'est de celte façon seulement que le travail q^e' q" d soit deviendra attrayant, puis pj'il sera fait avec ferveur, et que les arts, les sciences et l'industrie marcheront à pas de géant vers le plus proche (Jegré de la perfi ctibdité.

Mais sur ont ce qui doit être pour tous l'objet des plus vives sollic iiudes, c'est l'OR- GAMSATION DU TRAVAIL.

On parle de dilTicidiés; quelles qu'elles soient, il fatit ;irriver a lasnluiion de ce problème si d'dïicile; par ce moyen, la Répuliliiiue s'établit a sur des bases inébrardables. La soiiiïrance JMgrit et divise; (pie chacun des mernbies du corps soci;il reç<» ve, en retour l'/e Son travail, la témnnéralion \)i'opoi lion née à ses besoins ])résenls et à venir, aliii (pie tous viennent se rallier autour du gonvei.nertiejit qui la leur aura donnée.

Les. mendiants ne sont plus possib'es.

L'Etal doit avoT à sa charge les impotents et le;? invalid( s, non pas traités comme des malfaiteurs, tra'S bien comme des mab eureux dont il faut adoucit' les donleurs. Leur créer une existence honorable à l'abri de t<Mis besoins, et al>»rs (pte l irdirmo sera abrité, que le travailleur aura du iravad a^siué. l'( isif seul sera sous le coup de la lui t^ur le vagabond;ige.

L '. peine de mort est un anachronisme depuis les temps les plus reculés, tù le criminel subissait un chàli > eut épouvantable. La civilisation a empoitédans sa cour>-e toit ce que la bai bai le des temps passés avait eu

de cruel. On a compris qu'il ne fallait pas être plus criminel que le criminel lui-même.

C'est a la Républupje française àf)orierle dernier coupsur l'instrument inlàme lie l'expiali»>n, de I anéanlir à jamais. La juslire liumaine doit corriger et non détruire; elle ne d<»it, en aucun cas, ravir ce qu'elle ne peut rendre, cur elle est susce^Uible d'erreur.

Dans quelle circonstance que le sort doive me [dacer. je n'oublierai janiiiis riue j'uppartif'us à la classe ouvriè e;j'ai soufTert lie ses maux, j'ai paitajjé'tje partage encore sa misère. Je connais ses be.soins moraux et n!at^ri( Is, ef je sais que c'e^l elle (|ui a le plus de (boit à la sollicituile de la Ré|)ubliqiie. puis|u'elle est la plu-^ malheur«'use.

A l'heure <<\i la patne lait aj'P'-l a tous ses enfants, quelle que soit leur etmdition ; à l'heure où elle demande à chacun de nous son concours, p'iir acconjplir Iri |'bi« grande de toutes les œuvres soc a'e> : l'alTer-i i<semerit de la Republipie; il e.-t du devoir de tous ceux qui se sentent auiuiés de ce feu sacré qui. depuis si loni,'te"q)S, brûle le cœur des vrais pitiiotes, de coopéri r à l'iBuvro immensH qui va s'accooiplir. J'ai compris toute l'éleiidue du mandat que veulei l me couder vos suffrages, ei je ti'hésit- pas a l'iiccepter; fort de votre concours, je le i emplirai sans fail)le.sse et sans hé>ilaiion, car (laris mon CdMir COiu:ne dan^ \>' xôlre. j- n ai qij'uiiedevis.' : LiiiEUTÉ, Lgal te, Lr.atek.mtf.! De ma bouche no s échappera jamais iju un cri :

VIVE LA RÉPUBi.IQUE!

Louis LAiNGO.MAZlNO.

Ouvrier mécamciim-chauilronnier, préi>idtrU de l Athénée Ouvrter.

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RÉPCBLÎQUE FRANÇAISE.

LIBERTÉ, EGALITE, FRATERNITÉ

MANIFESTE

DU

Cercle des Beaux-Arts.

CITOYENS

Chaque jour nous rapproche du moment où le Peuple tout entier sera appelé à (lire ses représentants à l'Assemblée nationale.

Cette solennelle manifei^talion des opinions, des idées, des besoins nouveaux de la Franc*^, est attendue en Europe avec une vive et profonde sollicitude. La d«'riii< re phase possible de la Piévoîution française doit être un pas en avant de l'humanité dans la voie de la civilisation et du pros^ès.

Une situation semblable impose des devoirs rigoureux à chaque citoyen. Elle exige impérieusement le sacrifice de tout regret, de tout ressentiment personnel. Elle commande, non pas seulement une adhésion résignée à la République, mais une coopération sympathique à l'œuvre "mmense de la régénération du Pays.

Le Gouvernement républicain inaugnre îrréYocyblement parmi nous le règne du droit ci df la justice; ce triomphe n est que !a déduction logique d'un demisitcle de révolutions, il est le prix des luttes, des souffrances, des combats auxquels nos pères ont pris une part si glorieuse. Notre génération était appelée à en reruj'iliir les fruits précieux.

Mais nous \oulons, comme tous les bons Citoyens, une République grande. honorée , régulière ;, nous voulons le respect des droits de tous, la fusion des i-.U.'«ses et des intérêts, sous les auspices de la sainte loi de la Fraternité ; nous voulons enfin les réformes sociales destinées à améliorer le sort des Travailleurs, jusqu'à la limile imposée au zçle du législateur, parles institutions sacVéts de la propriété et de la famille.

Il nou> parait (|u'ainsi comprise, la République ne saurait èttc que le Gouvernement moclele dans lequel l'ordre sera impérissable. Loin d'affaiblir le principe de l'autorité, elle doit le raffermir par le concours permanent et solidaire dr tous les efforts, de toutes les volontés.

Telle est notre profession de loi; clic indique assez dans quel esprit nous désirons que soient faites les élections. Citoyens, donnons leur la forte empreinte du sentiment démocratique, qu elles nous garantissent à jamais le maintien du régime républicain!

Les patriotes des autres Comités peuvent compter sur notre participation active et loyale à leurs travaux Nous les seconderons de tout notre cœur ; car il importe à l'avenir, au salut de la France, de n'envoyer à l'Assemblée nationale que de dignes Représentants du Peuple.

Vive la République !

Les Délégués :

Marius turc, Président.

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