‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 4 sur 236 · CLAUSEL · texte numérisé non relu

CLAUSEL

rue de la Paix, no 20.

CA]\DIDAT

A L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Citoyens,

Je sollicite vos suffrages comme candidat à la Constituante; je dois donc vous faire connaître ma vie passée, mes espérances pour l'avenir, mes principes so« ciaux et politiques.

Ma vie passée, en peu de mots, vous allez la connaître.

Je suis chimiste; la science et le travail se sont partagé tout mon temps. Presque toujours le succès a couronné mes efforts, et mes découvertes m'ont valu plusieurs récompenses nationales, deux médailles d'or, une d'argent et une de

bronze.

J'ai toujours été républicain, et je puis le dire hautement, car le républicain, d'après moi, est l'homme qui veut constamment le soulagement du pauvre, qui veut que le riche lui vienne en aide, qui veut l'égalité et la fraternité pour tous. Or, ces principes sont ceux de toute ma vie. Car il importe peu de discuter sur le mol républicain que chacun entend à sa manière : les uns se disent â\i jour, les autres du lendemain; les exaltés se croient les vrais républicains, et presque tous absorbent un teuips plus précieux que jamais.

Quant à mes principes politiques, je dois aussi vous les faire connaître.

Le respect de la propriété ; — L'abolition des imj^ôts sur les subsistances alimentaires; — -L'impôt progressif ayant jjour base les revenus quels qu'ils soient ;

— L'établissement d'asiles poui- les vétérans et invalides ouvriers des deux sexes ;

— L'application la plus étendue du jury pour la justice; — Les juges nommés à l'élection ; — LesXrais de poursuite considérablement diminués ; — La nomination de commissaires de commerce pour le recouvrement des billets et des factures non payées.

Et par dessus tout cela, et comme une arche sainte, un gouvernement républicain purement démocratique.

Ce qui me décide à solliciter vos suffrages, c'est que je crains que la France n'ait encore pour représentants que des orateurs et non des hommes pratiques.

Tels sont, citoyens, les principes qui m'ont toujours guidé, les vœux que je forme dans l'intérêt de mes frères, vœux et principes que je chercherai à faire triompher à l'assemblée nationale, si vous me confiez votre mandat.

FRÉDÉifrc DUVAL,

Chimiste, auteur de la l)rochure sur la Taxe progressive du revenu (toast devant ôtre porté au banquet du 12" arrondissement),

' 9, rue du Pldlre -Saint- Jacques.

Je vous propose en outre les candidats suivants à l'assemblée nationale :

Les citoyens : Georges, officier de la Légion-d'Honneur, médaillé.

Victor Durand, licencié en drùit, kh, rue N.-D. de Lorette. Napoléon Langlois, chef d'ouvriers, 40, boule\art du Temple. AuBERT, professeur au lycée Descartes.

Citoyens, Les candidats que je vous propose déclarent, comme moi, faire abandon des trois quarts de l'indemnité accordée aux représentants du peuple en faveur de la Société républicaine de bienfaisance, pour le soulageaient des pauvres honteux dont je suis le fondateur.

Tmp. de J.-B. Gros, rue du Foin-St-Jacques, 18.

• Citoyens,

Des amis que je compte parmi vous ont bien voulu m'inviter à me mettre sur les rangs pour l'Assemblée nationale.

J'accepte cette preuve honorable de confiance, et dans les circonstances où nous sommes, c'est le devoir d'un bon citoyen de consacrer à la chose publique ses efforts les plus énergiques et les plus dévoués.

Simple employé au ministère des finances, où j'étais entré fort jeune et où je suis resté treize ans, j'ai fait, dans le silence, tous les travaux qui m'ont amené à l'Institut, à l'école Polytechnique, au Collège de France.

Le 26 juillet 1830, je signais la protestation des journalistes, signal de l'insurrection.

Pendant de longues années j'ai siégé avec Garnier-Pagès, dans le Comité de la Société <- Aide-toi, le Ciel f aidera, » et j'ai écrit au National Si\ec Carrel; en juin 1832, j'ai été jeté en prison avec la plupart de mes amis; en 1840, j'ai cru devoir accepter les fonctions de chef du caliiuet et du secrétariat auprès du ministère de l'instruction publique. Retiré depuis lors de toute action politique, rougissant pour mon pays du joug qui lui était imposé, j'ai salué avec ivresse l'avènement de la République, qui nous délivrait de toutes ces hontes et qui nous promet un si fécond avenir.

Dès le 25 février, j'étais avec tous mes amis, Garnier-Pagès, Marrast, Arago, Pagnerre, Bûchez, Bixio, etc., à l'Hôtel-de- Ville; et aujourd'hui je remplis auprès du gouvernement provisoire les fonctions de chef de son secrétariat.

C'est assez vous dire, citoyens, que je ne suis point un républicain du lendemain ; et vos suffrages, si vous me faites l'honneur de me les accorder, seraient la plus noble récompense d'une carrière toute de travail, et je puis ajouter toute de dévouement.

Votre Concitoyen.

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