VA PUBLIER DANS QUELQUES JOURS
LE PLAN UIVITAIRE
Ou Solidarité de toutes les Industries de la République française ,
Sans autre recommandation que son travail pratique et scientifique, sans autre recommandation que sa conviction et sa foi, il vient te demander, grand Teuplcj ton suffrage universel parisien! ! !
Nota. Eu vur; de ballottii^es ou de rWlcctions, nous recommandons de ne pas éparpiller les voix, et de les conc<^niror s;ir .|ijol.iiies-unos de nos CANDID.VTUaES NATIONALES : A. Toussenel, A. Hamel, H. Faf ère, Peopla (horloger).
CITOYENS
Un Comité répuhlicain démocratique pour les Elections de l'Oise se forme en ce moment à Beauvais.
L'intention des Citoyens qui s'occupent de cette réunion est de préparer en commun les Elections prochaines, afin d'envoyer à l'Assemblée nationale des hommes nouveaux et franchement républicains, capables de fonder une Constitution durable.
Pour arriver à ce résultat, le Comité fait un appel à tous ceux qui veulent le triomphe du principe démocratique avec ses conséquences sociales et politiques, afin d'appliquer dans son vrai sens cette immortelle devise : Liberté, Egalité, Fraternité.
Il s'adresse surtout aux masses, déshéritées jusqu'alors de leurs droits politiques, pour étudier avec elles les devoirs que nousimposent nos nouvelles libertés;
Car, ne l'oublions pas, chaque liberté entraîne un devoir.
Nous entretenir avec tous et nous bien pénétrer de l'esprit de notre nouvelle révolution ;
Réveiller le patriotisme dans notre département;
Correspondre avec les Comités;
Eloigner de l'Assemblée nationale les hommes qui, par leur passé et leurs opinions, appartenaient au système que la volonté du peuple vient de renverser ;
Tel est le but patriotique et désintéressé que se propose le Comité des républicains démocrates de l'Oise.
MISE LA RÉPUBLIQUE
Nota. Prochainement, une réunion générale aura lieu ; l'heure et l'endroit en
seront indiqués.
Beauvais. — Imprimerie d'Aeh. DesjarJins, rne Saint-Jean.
AUX CITOYENS ELECTEURS
du département de la Seine.
CHERS CONCITOYENS
La République a décrété l'abolition de l'esclavage dans toutes ses colonies. Pour l'honneur de la France et du christianisme elle est tombée enfin, l'impie, l'odieuse instiUilion qui faisait d'un homme la chose d'un autre homme 1 En ce moment, par-delà les mers, un immense cri de joie s'élève vers le ciel de la poitrine de 250,000 esclaves, nos frères, et confère au Peuple souverain la plus auguste des consécrations, la gratitude du faible et de l'opprimé.
Ces nouveaux enfants de la France, ces compatriotes dévoués, que vient de vous donner la parole de rédemption, resteront-ils sans représentant dans l'Assemblée nationale appelée à organiser la société sur des bases nouvelles? N'y aura-l-il personne, au sein de l'assemblée, qui ait connu de près les misères de l'escJave, qui ait liitlé pour hâter l'heure de sa délivrance, et dont la voix non suspecte, dout l'expérience chèrement achetée puissent apporter quelques utiles lumitres dans la discussion des questions où l'avenir de la race noire est en jeu? Les planteurs, les cx-maîlres et les afiranchis de vieille date, vont concourir au choix de leurs mandataires; mais ces 250,000 hommes dont la liberté toute récente ne comporte point encore l'exercice du droit électoral, par cela même demandent une proleclion spéciale. Peuple de Paris, c'est à toi qu'il appartient de leur donner un leprésenlant, car c'est toi qui as brisé leurs chaînes sur la pierre des barricades.
J'aspire à I honneur d'être ce représentant des Noirs. Fils d'esclaves, démocrate ])iir droit de naissance, voilà vingt-huit ans que je combats pour la liberté etl'égalilé. J'ai été condamné, dans une colonie française (à la Martinique), aux galères à perpétuité et à la marque pour avoir réclamé les droits de l'homme et du citoyen ; et, quand le pouvoir, honteux lui-même de la flagrante iniquité de l'arrêt colonial, m'cfl'ril ma grâce, je persistai i\ demander justice. Trois années el demie de captivité ne purent m'amener à transiger avec le despotisme et l'arbitraire; je ne voulus redevenir libre qu'en vertu d'un arrêt de la Cour de cassation, prr lequel fui annulé l'arrêt infamant qui m'avait condamné aux galères.
Depuis ce temps, domicilié à Paris où il m'était possible de plaider la cause de mes frères esclaves, sans trouver, comme aux colonies, le bourreau pour contradicteur, je n'ai cessé de poursuivre, selon la mesure de mes forces, la grande a 11 vie de rtmancipation, faisant couvrir de milliers de signatures les pétitions que je présentais aux Chambres, démontrant par la voie de la Presse l'inanité des prétendues réformes introduites dans la constitution de l'esclavage, ravivant par n)a correspondance el mes écrits la lueur défaillante de l'espérance dans le cour de mes Irères opprimés des colonies; et toutefois n'oubliant jamais que le légitime et ardtnt désir de la liberté ne devait point se traduire en projets de vengeance contre les maîtres, eux-mêmes victimes à tant d'égards d'un vicieux systènu' légal et économique.
bn Juillet IcS.^O, j'étais aux barricades; j'eus l'honneur d'être décoré de la croix de Juillet et d'être éJu lieutenantde la garde nationale par acclamation du peuple dans les ranj^s duquel j'avais combattu. Février i8Z|8 m'a retrouvé à mon poste. J ai dirig<- la formation des premières barricades des rues Saint-IIonoré, Croixdes-Petits-Chunips et du Coq-Saiiit-Ilonoré.
Aussilêt la lulle tel minée, j'allai à rilôtel-dc-Villc unir mes efforts à ceux des bons citoyens qui paciliaieut les esprits aux cris de Vive la RépubHque ! De là, j ai suivi au Carrousel le Général de la garde nationale et son chef d'état-major, le cito\<ii Cuinard, près desquels j'ai rempli les fonctions de capitaine d'étatmajor. ^ J f ï-
Toutes les libertés sont sœurs; si jamais j'ai l'honneur de siéger dans l'Assembleo Nationale, je volerai pour la liberté de la presse, pour la liberté de Tenseignenienl, l'éducation commune, gratuite et obligatoire pour tous, pour la liberté
d'association, pour la liberté des cultes, pour l'impôt progressif, pour l'organisation du travail industriel et agricole, enfin, et surtout, pour les plus grands encouragements à l'agriculture, unique source de la richesse et de la prospérité
nationales.
Convaincu que la souveraineté du peuple ne doit plus être un vain mol, convaincu que la République est la seule forme de gouvernement qui puisse consacrer le triomphe de notre immortelle devise : Liberté, Égalité, Fraternité, je n'en suis pas moins décidé à maintenir résolument l'inviolable respect dû à la famille, et à provoquer toutes les réformes qui pourraient assurer le boriheur des travailleurs; ces réformes trouveront en moi le plus dévoué des partisans, comme le plus zélé des défenseurs.
BISSETTE, Attaché à l'Etat-Major général de la Garde Nationale.
Imprimerie Sirou.
du département de la Seine.
CONCITOYENS
Le triomphe du principe démocratique en France est un fait accompli . mais il faut asseoir la République sur une base indestructible.
A l'Assemblée nationale d'accomplir ce grand acte; à vous, citoyens, de découvrir, dans les milliers de candidats qui vont surgir de tous côtés, les hommes véritablement dignes de vous représenter^
Je me mets sur les rangs, citoyens, parce que je me sens le courage et la force d'accomplir la tâche que j'ambitionne ; tâche sublime, do représenter en face de tous votre saint amour de la patrie ; tâche immense, d'enraciner dans notre sol les vrais principes de la République !
Né à Paris en 1813, et entré à l'Ecole Polytechnique en 1832, j'en suis sorti officier du génie.
Des études sérieuses et la direction de grands ateliers m'ont mis à même d'apprécier la position et les besoins des travailleurs de toutes les classes ; c'est mon expérience en ces matières que je viens vous apporter, expérience réfléchie, dont l'application doit consistera mettre en pratique cette sainte devise : Liberté, Egalité, Fraternité.
J'ai puisé mes principes républicains dans la déclaration des Droits de l'JIomme
(le 1793, et je l'admets comme la base fondamentale de notre future Constitution.
Établir en France , et de la façon la plus impérissable , une République
démocratique ;
Repousser à tout jamais le retour d'un gouvernement monarchique, sous
quelque forme qu'il se présente ;
Voter pour le suffrage universel et direct;
— Ouvrir également à tous les citoyens la voie de l'éducation, sous l'égide de la République ;
— Pjocurer promptement une amélioration réelle et durable au sort des ouvriers travailleurs ;
— Voler pour la création d'Invalides civils ;
— Soutenir la liberté delà presse, la pleine faculté d'association, le droit de réunion des citoyens sans armes , la libre discussion de tous les intérêts publics ;
— Et enfin, dans le cas où des factions voudraient violenter les délibérations de l'Assemblée nationale, protester de toute son énergie, et défendre au jDéril de sa vie l'indépendance des élus du peuple :
Voilà, citoyens, le mandat que je viens solliciter de vous.
BAILLEMONT,
CAPITAINE DU GIÎNIE,
Vice-Président du Club républicain, à Balignolles-Monceaux. Imp. de Ili'nnnyor et Comp., rue Lemercier, 24, Batignolle?.
Citoyens, Electeurs du Var,
Voici l'exposé sincère et loyal de mes convictions politiques :
A mes yeux, la monarchie est impossible en France ; cette institution a fait son temps, ba France vient de fonder la République, l'Europe tôt ou tard la suivra.
La liévohilion qui vient de s'accomplir est toute pacifique :f elle a pour drapeau crit»' forniulc divine : Liberté, Jîgalilé, Fraternité. J'adhère donc inmiédialemcnt aux principes suivants :
Amnistie générale ; oubli du passé.
Aholiliou (le la peine de nïort pour délits politiques.
Souveraineté nationale par 1(' sulfrage de tous.
L'ordr(! fondé sur la liberté.
L'agriculture protégée ; l'agriculteur honoré.
La pro])ri('l<'' i('sj)e(l<''e.
Le droit au traNail garanti par l'Etat.
Egalité réelle par l'enseignement moral , intellectuel et professionnel donné
à tous.
Indépendance absolue des consciences , liberté des cultes , liberté de la parole, liberté de la presse, liberté de pétition, liberté d'élection, liberté d'association.
Union fraternelle entre les chefs d'industrie et les travailleurs.
Association libre et volontaire de tous les éléments producteurs de la richesse.
Les voies de communication à l'Etat.
Les assurances -à la charge ou sous le patronage de l'État.
Prévoyance sociale étendue à tous les faibles.
Établissement de crèches, salles d'asile, maisons de retraite pour les vieillards.
J'ajouterai qu'il faut convier immédiatement toutes les intelligences à rechercher la meilleure association du capital et du travail. — Préférer toutefois les choses pratiques et d'un bienfait immédiat, jusqu'à ce que l'étude ait donné des résultats très probables, dont l'État tentera l'application dans des ateliers nationaux.
Abolir toute espèce de cumul. Si la Constituante croyait ne devoir pas exclure les fonctionnaires de la chambre, dans mon opinion, cela ne pourrait avoir lieu que si leurs fonctions , leurs traitements et leurs droits à Tavancement cessaient pendant tout le temps qu'ils seraient membres de l'Assemblée.
Faire des économies considérables sur le budget des dépenses ; pour cela diminuer autant que possible toutes les dépenses improductives.
Supprimer les emplois inutiles; augmenter les petits appointements; diminuer les traitements des hauts fonctionnaires.
Rechercher dans la marine toutes les améliorations possibles. — Plus de gaspillage d'aucune espèce. — Plus de faveurs sous le nom de choix. — Amcliorer le sort des travailleurs dans ces grands ateliers nationaux, appelés arsenaux maritimes. — En un mot, récomjDcnser et honorer partout et toujours la probité et le travail sous quelque forme qu'il se produise.
Pour le budget des recettes ;
Réduction et répartition équitable de l'impôt.
Supprimer graduellement les impôts indirects.
Imposer les objets de luxe.
Mais surtout, mais d'abord rétablir par des mesures promptes, sages et énergiques le crédit ébranlé, c'est-à-dire la circulation du numéraire.
Enfin, combattre partout cet esprit de personnalité et dégoïsme, sur lequel la monarchie déchue avait cru fonder un gouvernement durable, en excitant . par les moyens les plus nobles, l'amour de tous pour la patrie et l'amour de tous les Citoyens les uns pour les autres.
Citoyens ;
Aux trois termes : Liberté, Égalité, Fraternité, correspondent ces trois aulivs : Vertu, Moralité, Religion.
La vertu est l'amour de la Patrie.
La Moralité est l'amour de ce qui est bon, honnête et juste.
La Religion est l'amour de Dieu et du prochain.
Pas de République durable, si ces trois rayons divins ne l'échaufFent.
Telle est ma profession de foi.
En me présentant à vos suffrages, ô mes Concitoyens , je n'ai considéré que mon amour pour la Patrie, mon dévoûment aux intérêts de tous. Qu'un autre se présente plus désintéressé, plus dévoué, plus fort; mon suffrage et tous ceux que je pourrai entraîner lui sont acquis.
Agréez, Citoyens Électeurs, l'assurance de mon dévoûment fraternel,
LEVASSEUJR ,
Officier de marine, ancien Élève de l'École Polytechnique, Imp. d'E. Aurel, place Saint-Pierre.