ADRESSE AV GOVVËMEME^T PROVISOIRE
Citoyens,
La victoire du peuple a brisé les lois oppressives qui étouffaient la parole et la presse. Il faut que les résultats de cette victoire soient formulés en décrets authentiques. Une fois déjà, en 1830, le peuple avait renversé du pied le vieil arsenal de la tyrannie; mais, dans sa noble confiance, il avait oublié d'en faire brûler les débris. On Ta trompé. Un pouvoir parjure a ramassé une à une les armes restées intactes, et avec ces armes il en a formé de plus meurtrières. Nous avons le ferme espoir que le gouvernement sorti des barricades de I8/18 ne voudra pas, à l'exemple de son devancier, remettre en place, avec chaque pavé , une loi de compression. Dans cette conviction, nous venons offrir au gouvernement provisoire notre concours pour la sérieuse réalisation de la belle devise : Liberté , Egalité, Fraternité...
Nous demandons que le gouvernement décrète immédiatement comme résultat de la victoire du peuple :
1° La liberté complète et illimitée de la presse ; ^ 2' La suppression absolue et irrévocable des cautionnements, des droits de timbre et de poste;
3° La liberté entière de circulation des œuTres de la pensée , par toutes les voies possibles , par l'affichage , le colportage , les criedrs publics , sans restriction, ni entraves quelconques, sans nécessité d'autorisation préalable;
/r La lil)erté de l'industrie des imprimeurs et la suppression de tous les privdcges représentés par les brevets, toutefois avec remboursement de ces brevets;
0° L'irresponsabilité absolue des imprimeurs pour tout écrit dont l'auteur est connu:
0' La suppression de l'art. 291 du Gode pénal, delà loi du 8 avril 1834, et I abrogation formelle de toutes les ordonnances, décrets, arrêtés, édits Ou règlements (nu'lconqnes antérieurs à la date du 25 février 18/t8, qui pourraient res- Ircmdrc ou limiter le droit naturel . absolu , imprescriptible de réunion et d'association ;
r La déchéance de la magistrature , debout et assise , des trois derniers régnes, et son remplacement par les avocats, avoués, notaires, etc. < près de ciiaqiie siège; 5 » 5 r
8' L'armemcut et rorgnm'salion nationale de tous les ouvriers noh établis
ssr —
recevant salaire , sans aucune exception, avec indemnité de deux francs , par chaque jour de service ;
9° La suppression des articles du Gode pénal et des lois spéciales contre les coalition d'ouvriers;
10" La suppression de la loi sur les annonces judiciaires.
Nous np croyons pas, Citoyens, que le gouvernement provisoire puisse opposer à qotre demande une fin de non recevoir tirée de l'insuffisanee c/e ses pouvoirs. I^e peuple vous a délégué sa souveraineté. C'est au nopi de sa souveraineté que vous ayez prononcé la déchéance d'un roi, c'pst eo sop no^i que vous rendrez les décrets sollicités de votre patriotisme.
Les Membres du bureau de la Société républicaine centrale ,
BLANQUI, président; DURRIEU, RAISANT, HERVÉ, N. CHANCEL SOBRIER, GRAPPIN, BONNIER, GOUTHIÈRES , DAWCANT. HUÏLLERY.
Cette Adresse fut discutée et volée dans la quatrième séance, 1er mars i848, Salle Valentino.
Voir la République du 3 mars 1848.
Les Combattants Républicains ont lu avec une douleur profonde la proclamation du Gouvernement provisoire qui rétablit le Coq gaulois et le Drapeau tricolore.
Le Drapeau tricolore inauguré par Louis XVI a été illustré par la première République et par l'Empire, il a été déshonoré par Louis-Philippe.
Nous ne sommes plus d'ailleurs ni de l'Empire ni de la première République.
Le Peuple a arboré la Couleur Rouge sur les Barricades de 18/i8. Qu'on ne c|ierche pas à la flétrir.
Elle n'est rouge que du sang généreux versé par le Peuple et la Garde Nationale.
Elle flotte étincelante sur Paris, elle doit être maintenue.
Le Peuple victorieux ne doit pas amener son pavillon.
Cette affiche diCfèrc avec celle qui se trouve à la page 67 des MyraiUe^. Ces deux affiches iuiporlanles, pour riiisloire, éniaueiil du i)romicr club établi ;i Paris le io février 184S, et connu sous le nom de C/ub de la Révolution, il tint sa première séance le 25 février au malin; c'est dans celte séance, que Auguste Blanqui dicta ces deux affiches. (N. des E.)
AUX HABITAN
DES
TES-PïM
Une profession do foi n'a de valeur que par la confiance qu'inspirent la loyauté et le caractère de celui qui la fait; j'ai l'orgueil de croire que pas un de vous ne mettra en doute la sincérité de mes déclarations et de ma parole.
Ce n'est pas un roi, ce n'est pas une dynastie seulement qui ont été emportés par la prodigieuse révolution de février 18^8, c'est la royauté môme qui a péri! la forme monarchique qui a fini son temps; elleestdésormaisconvaincue d'impuissance pour satisfaire aux nécessités sociales de la démocratie triomphante.
Le cri de ralliement de tous les citoyens doit donc être celui du Gouvernementprovisoire qui, dès son premier manifeste, s'est écrié : Plus de bonapartisme, plus de /cfjilimisme, plus de ré- (jenccl Vive la République!
Ce cri a été entendu et répété jusqu'aux extrémités du pays et l'Assemblée nationale, qui va sortir du snifrage universel de la France, ne doit avoir pour mission que de consacrer par acclamation v\ d'organiser le (louvernemcnl répiihlirain déjà proclamé par la raison pnbhque 1
(iOttc j)rompl(' cl consciencieuse organisation démocratifjue peut seule nous préserver d'une guerre civile qui nous plongerait dans la plus effroyable anarchie!
Citoyens, la glorieuse devise républicain a toujours été gravée dans mon âme; elle a été la règle invariable de ma conduite publique et privée; cette devise n'est pas seulement en moi une opinion ancienne et profonde: c'est une croyance vive et ardente, c'est ma foi tout entière, car je me glorifie d'appartenir de cœur, d'esprit et de fait à cette sainte, antique et immortelle République chrétienne , la République excellente qui, la première, apporta, répandit dans le monde, avec leur inépuisable fécondité, les germes divins de la vraie liberté de l'homme et de la fraternelle égalité du genre humain tout entier.
C'est à la pratique sincère et constante de ces principes sacrés que je dois le bon souvenir que vous avez bien voulu conserver de mon administration.
C'est ce ])on souvenir que j'invoque aujourd'hui, citoyens, en briguant l'honneur de vos suffrages. Comptez sur ma fidélité aux intérêts de la patrie et sur mon inaltérable dévouement à la République. Mon passé vous répond de mon avenir !
Salut et fraternité!
SÉGIR-D'AGLESSEAU,
Ancien préfet des Haates-Pyrénées.
Taubes. Inntrimoric de J.-A. I''OUGA.
AUX ÉLECTEURS
DU